CXXXVIII
Id.
Convulsions.
Env. 420
Convulsions; l'appareil perd.
id.
Env. 21
Convulsions; retiré; survit.
id.
id.
Retiré à la première conv.; survit
id.
id.
Id.
caxYii
Id.
id.
id.
Conv.; retiré après 30 min.; meurt.
CXXXYII
id.
id.
iS»
Conv. violentes; meurt en 25 min.
Id.; meurt en 20 min.
CCLXIY
Id.
CXLY
Id.; meurt en 20 min.
CCLXYIII
Id.; meurt dans la nuit.
CCLYIII
Id.; meurt.
caix
id. (?)
id. (?)
Id.; retiré; meurt dans la nuit.
CCLXY
Id.; retiré; meurt aussitôt.
miner Tacide carbonique formé. Ils sont très-nets à partir de 6 et surtout de 12 atmosphères.
Mais les convulsions ne se manifestent sûrement qu'entre 15 et 20 atmosphères. L'expérience CXX (p. 595), dans laquelle un linot a été porté à 20 atmosphères d'air, en signale l'apparition; seulement elles ont été notablement plus' faibles que celles obtenues avec Tair suroxygéné. De plus» dans l'expérience CXXXIII, où la pression a été de 1 7 atmosphères, il n'y a pas eu de convulsions. Cette apparente contradiction s'explique par l'influence simultanée de Tacide carbonique produit, qui, s'emmagasinant dans l'organisme, y joue, comme nous le verrons dans un chapitre spécial, un rôle anesthésique très-prononcé. Or, nous allons montrer, dans un instant, que les anesthésiques arrêtent ou empêchent les convulsions dues à l'oxygène.
Donnons maintenant une description sommaire de ces convulsions; nous aurons à y revenir, du reste, lorsque nous les aurons étudiées chez les chiens.
770 EIPERIEKCXS.
Ces convulsions surviennent au bout d'un temps variable, généralement de cinq à dix minutes : Toiseau secoue la tête et les pattes comme s'il marchait sur des charbons ardents. Ce sont des trépidations singulières, des trémoussements de tout le corps. Bientôt, dans les cas plus graves, il entr'ouvre les ailes, les agite vivement, et, tombant sur le dos, il tourne rapidement dans le récipient, battant avec violence Tair de ses ailes, les pattes contractées sous le ventre ; ces phénomènes durent quelques minutes, puis se calment, pour reparaître par crises de plus en plus fréquentes et de moins en moins fortes jusqu'à la mort. Pendant les attaques, et dans les intervalles, les respirations sont très-amples et très-précipitées : le bec est très-grand ouvert. Aux très-hautes pressions, la mort survient dès la première crise.
Ces accidents remarquables continuent à se manifester après que l'oiseau, soustrait à Tinfluence de l'oxygène, a été ramené à l'air libre sous la pression normale ; ils peuvent même alors se terminer par la mort.
Ces crises sont souvent très-nettement provocables, à la façon de celles de la strychnine (voir expér. CCLXVI) ; leur apparence générale rappelle à la fois les tremblotements irréguliers de l'empoisonnement par l'acide phénique% et les convulsions toniques et cloniques des attaques convulsives strychniques.
Ni la sensibilité ni Tintelligence ne paraissent atteintes ; l'oiseau, retiré du récipient, suit des yeux et s'efforce de mordre le doigt qui le menace ; il ferme les paupières lorsqu'on approche quelque objet de son œil.
La locomotion générale est évidemment fort troublée, en dehors, bien entendu, des crises convulsives : l'oiseau a des allures ataxiques ; à peine peut-il, dans certains cas, se tenir sur ses pattes ; dans d'autres, il peut bien marcher, mais non voler.
Enfin, et c'est là, après la constatation même de ces accidents, le point le plus important de cette étude, la tempéra-
t De Padion toxique de Pacide phénique, par MM. Paul Bert et Jolyet. Mémoim de la Soc, de biohffie^ année 1870, p. 65-88.
ture intérieure s'abaisse, dan» tous les cas, rapidement et considérablement. On la voit tomber de 10 et 15 degrés; je signale particulièrement l'expérience CCLV, dans laquelle la température étant tombée en moins d'une demi-heure à 32**, elle s'est relevée assez vite à près de 40% et l'animal a survécu.
Je reviendrai avec insistance sur ce fait remarquable, sur lequel je me contente d'appeler actuellement l'attention ; il montre d'une manière bien nette que les accidents de l'oxygène ne sont pas dus à une activité exagérée imprimée aux combustions intra-organiques.
La première idée qui devait se présenter à l'esprit, et j'avoue très- volontiers qu'elle me vint tout d'abord, c'est que, sous l'influence de cette sursaturation d'oxygène , les tissus animaux se brûlaient à l'excès, qu'il en résultait une élévation de la température propre, et que les convulsions qui apparaissaient pouvaient être comparées à celles qui précèdent la mort des animaux surchauffés dans une étuve. Or, nous pouvons, dès maintenant, affirmer qu'il n'en est rien, quitte à analyses^plus tard, et tout à fait à fond, cet important phénomène.
Je dirai enfin quelques mots d'un accident constant chez les oiseaux dans les empoisonnements par l'oxygène, accident que j'ai désigné par l'expression de suffusions sanguines du crâne. Ce sont des hémorrhagies qui remplissent le diploé crânien ; dans les cas les plus faibles, elles ne consistent qu'en un piqueté très-fin ; ce piqueté est remplacé par des taches larges qui deviennent confluentes dans les cas graves, et le tissu spongieux de l'os se remplit de sang. Elles commencent toujours par l'occipital, mais peuvent envahir le crâne tout entier. On les voit survenir avant les convulsions, et lorsque l'oiseau ne périt pas, elles ne se résorbent qu'au bout de quelques semaines. Bien qu'elles existent toujours quand les accidents dus à l'oxygène prennent une certaine gravité, elles ne sont pas spécialement caractéristiques de cet empoisonnement. Depuis que mon attention a été appelée sur leur existence, je les ai retrouvées assez souvent
î»fw * t^olirne ^ nms ^a naort )ar «lécoiapressiiMi. Oa les nriHv-^n înte-s* ^n. -^&f» iansM;aeiqnes-imes «les expérioit»5 -nnni»rrc*« m rfiaoïtre i^: lors^il ii>n est pas qiiesi^n. .*H:i -î:n:i!ie' >iJiiDi«iueflt «m t»a iie les a pas recherchées. ^ îiMS imnttMT îue amais e le es ai vues au^i étendues \% fiissi :t>rîf»s lue^ lans ^-muoisoiinenieat par rorygèoe. I>^r jitHnsai^me nt-emiope ompiétemeat: eiles apparais- ^^tir >n ii^ors hi^ aut Tiheouoieiie ooavnisif* et les aulop- ^u>5 \t^ jk >at Amcre^ rapopiesies ians aucune autre partie
"V^^uHrrnns njinteaani m i^eu plus protondément dans
/ifiaiT^*»^ ii>s inenoineaes lue nous venons de décrire. S jwi Aèra^^t tuaioBiiiiue aidt •*• »xy!;ène en excès ? «Quelle est jk -anse tt*s .%>nrTÙsionsr Le^ cœur ^^-4l directement attaqué, •^mm^ A /est oor ui ^ znmd nombre de poisons f Les Êuls ^Tui ^^*^nent i*^n* rtiroortes iraient iuï^ullisants pour nous {>^nTn<»ttre te rpatmiirecompiétement à cesdiTcrses questions. n i fallu Jiettre^en Je»tT^^ te reactif phy^olo^que par excellence, la jrpai>uiile :
m YlT — ±r évrrer. — (k^nomlle obik à i^ à 7 nâJOM^ ^fhrurpsi^ idflt "Y «furp»^. Li tefsuMi «ie r>xTgsne correspond à 505. Le ^Mr. 1 T'. nen ie iMea pautieader: âemiiie un peu anxiease.
[>( ^. ^ > ia HBOm. imrtB. Phs <i*;Ktioas réiln» d*aDcane foçon; les iMrfii iBAt^nrs -^ les !iiiiseiiis ^ms^ -scitaiMefiw Lï oœar« d'au b^ui muge «^armiii. iMt iMiteaiestt i l' jv. «î^k iibn» 'iKi& le âau^
L w* .noitei ne coBtûiflt pft& nace d*iLiite
niiemisc â4^dan&5 atmosphèf^», it^fû ¥ l'ory^ne: Is pressMB de^ce ^saz doit être d'anviroii 300.
\ t*)* iii MÏr. zonflèe.
L^ % ^ ^, pavait morte. Li? (^cmr ne b«l pins spontanémeni^ mais est <sirifahle . Lp5 nerfs molears «it les miisciesâCMil acàtables. En cwipant at 'l^i U iikxtle '■pniièreai tra^Mers. «m iiiesiBiHneBieBl^daoB les
Krp4?smc8 «XLXXI. — ±9 fêTrier. — lis i d^ gr^otHÛIle dans 4 i)Mi4»r»*s. 4oat •) «i*<3Tvs:éiie.
La tenAioa 4e œ jaz est i54.
Li» \eQéKmain i"^ mars* i3^« a vies raidi!itrs« se gonfle, semble avoir des m«ifiv«>Tnents caaTaisi& truand on frappe sur îa table. A > du soir, est beaoeflop phis arasée.
2 mars, à i^, morte, raide. Le cœur bat, les nerfs et les membres sont excitables ; on n'a aucun mouvement en coupant la moelle en travers. L*air mortel ne contient pas trace d'acide carbonique.
Expérience CCLXXII. — 18 avril. — Mis à 6** du soir une grenouille à 4 1/2 atmosphères suroxygènées. La tension de Toxygène est représentée par 335. Tempér., 15\
Le lendemain, rien de particulier dans l'aspect de l'animal.
Le 20, trouvée morte à 1*». Le cœur, très-rose, bat encore un peu. Les muscles sont parfaitement contractiles.
Expérience CCLXXIU. — 17 juin. — Grenouille mise à 4** 50" sous une pression de 5 atmosphères suroxygénées. Le cœur esta nu, Tempér. 20*.
Le 18, à li^ du malin, très-afiaiblie, affaissée. Pas de mouvements respiratoires. Pulsations rares, irrégulières, des ventricules ; mais les oreillettes battent seules 40 fois par minute.
A 3^, décomprimée. Encore quelques faibles battements du cœur. Il n'y a plus d'actes réflexes, mais les nerfs moteurs et les muscles sont parfaitement excitables.
Sucre dans le foie, en assez grande quantité.
Il résulte de toutes ces expériences que l'oxygène ne tue point en agissant sur le cœur, sur les nerfs moteurs, ni sur les musclés. Mais les actes réflexes de la moelle épinière, après avoir été considérablement excités, sont supprimés.
Le fait que les convulsions proviennent de la moelle épinière, communiquant son excitation aux muscles par l'intermédiaire des nerfs moteurs, est surabondamment démontré parles expériences dans lesquelles le nerf moteur a été coupé. Exemple :
Expérience CCLXXIV. — 20 juin. — Grenouille; nerf sciatique gadche coupé;
3*» du soir; mise à 3 atmosphères suroxygénées, contenant 60,5 p. 100 d'oxygène, soient 3 x 60,5 =181,5 =9 atmosphères d'air.
La respiration cesse un moment.
21 juin. — Respirations très-rares ; yeux très-saitlants avec pupilles largement arrondies; gonflée, un peu affaissée; pas de convulsions.
22 juin; 11** matin. — Plus de respiration; affaissée; yeux fermés par la paupière transparente. Convulsions cloniques commençant dans le bras droit, puis se généralisant, sauf dans la patte gauche; alors raideurs générales ; puis affaissement.
Ces crises sont excitables à volonté, par le choc ; mais bientôt l'animal paraît insensible, comme mort.
774 EXPÉRIEI9GES.
Décomprimée brusquement; aucun effet. ATair, ne respire pas; cœur, mis à nu, bat 50 fois à la minute ; le sang, qui y était rose d'abord, y noircit progressivement.
Après 4/4*» environ, l'excitation ramène de nouvelles crises convulsives, semblables aux précédentes. En excitant la patte droite, on a des mouvements du bras droit, mais non du gauche.
Contractions fibrillaires fréquentes, dans les muscles de la poitrine, surtout, et aussi dans les membres, sauf à la patte gauche.
Pendant les convulsions, le cœur ne paraît pas modifié. .Meurt vers 2^.
Ainsi, la section d*un nerf moteur a empêché tout mouvement convulsif, fibrillaire ou généralisé, de se produire dans les muscles correspondants.
Puisque l'oxygène atteint la moelle épinière, à la façon de la strychnine, de l'acide phénique, etc., les convulsions devront être empêchées par le chloroforme qui, comme je lai autrefois démontré*, agit spécialement sur la moelle épinière. C'est, en effet, ce qui est arrivé dans l'expérience suivante :
Expérience CCLXXV. — 26 février. — Moineau éthérisé, mis dans le récipient ; se réveille pendant la pression. Je mets dans le vase où barbotte dans la potasse Toxygène attiré par la pompe quelques gouttes d'éther, et je pousse à 5 atmosphères, dont 4 d'oxygène.
L'oiseau se rendort, après avoir présenté quelques trémoussements des pattes; il meurt lentement, en 25°*, sans aucune convulsion.
Vastes suffusions crâniennes.
L'air mortel contient GO* 2; 0 76. La pression primitive de TO était donc environ 78 X 5 = 390, correspondant à 19 atmosphères d'air.
Cette expérience montre, non-seulement que l'anesthésie empêche les convulsions de Toxygène, comme celles des autres poisons de la moelle épinière, mais encore qu'elle n'empêche pas la mort d'arriver, tout en arrivant avec calme. L'expérience suivante , dans laquelle l'animal a été retiré après l'action de l'oxygène, et chez qui les convulsions ont apparu au fur et à mesure que la sensibilité revenait, est encore plus probante :
Expérience CCLXXVl. — 24 février. — Rat chloroformé, a été tout près de mourir pendant Tanesthésie.
* Comptes rendus de V Académie des Sciences, t. LXIV, p. 622, 1867.
Commence à être sensible après 4/2"» environ. — Temp. rectale SS*".
Mis à 5 atm., et après 10" à 6 i/3 d oxygène.
Au bout de 20'" de compression paraît fort malade; avec quelques petits tressaillements ; les convulsions ne venant pas, il est retiré.
Temp. rectale 54».
Remis dans la cage, resté étendu; bientôt il est pris de convulsions ; raideurs de la queue, etc. — Elles apparaissent spontanément ou sitôt qu*on touche Tanimal.
4*» après, môme état; la temp. est de Z2\
2 1/2*» après, très-faibles convulsions; tempér., 28*». Évidemment mourant.
25 février. — Trouvé mort el froid.
Je n'insiste pas sur ce point, parce que les expériences faites sur les chiens nous fourniront des faits analogues.
Avant d'arriver à celles-ci, je crois devoir en rapporter encore une qui a été faite sur les moineaux, et dans laquelle se montre le rôle important que joue le sang dans l'empoisonnement par l'oxygène :
Expérience CCLXXVII. — 17 juillet. — Deux moineaux sont, de 5*» 2"» à b^ 7°*, portés à 8 atm. suroxygénées, où la tension de. Toxygène équivaut à 424, soit à 20 atmosphères d*air.
L'un, A, est sain ; l'autre, B, qui pése"20«', a été saigné, à 4»», de 0",7 de sang à la jugulaire; il est encore très-abattu ; sa temp. rectale n'est que de 52% tandis que celle de A est de 42*".
Dès 5*» 10" ou 12°», A a de petites secousses convulsives, et vers 5** 20" a de franches convulsions, qui durent jusqu'à 5^ 33"* où il meurt. B n'est pris, et faiblement, que vers 5^ 25°* ; pas de secousses générales, mais grands efforts de respiration, raideurs, etc., qui deviennent de vraies convulsions, des pattes, sinon des ailes, vers 5^ Zb'^ ; il en a peu, puis reste sur le dos, comme mort.
Décomprimé à 5*» 45™.
A, tempér. rect., 31®.
Énormes sufTusions crâniennes aux deux oiseaux.
B respire encore ; sa température rectale baisse et est de 25*' à 6^ ; il meurt alors. Les muscles quand on les pinçait se contractaient lentement et fortement, comme avec des crampes.
Ainsi, chez l'animal saigné, les accidents se sont montrés beaucoup plus lentement que chez l'animal sain. Cela tient tout à la fois à la dépression générale qu'il avait subie, et à la moindre quantité de sang qui, ne se chargeant < d'une
plus faible quantité d'oxygène, n'a pu porter cet agent redoutable qu'en proportion moindre à la moelle épinière.
Il serait prématuré d'insister en ce moment sur le rôle du sang dans l'empoisonnement par l'oxygène. Cette question reviendra d'une manière bien plus utile, lorsque nous aurons étudié les expériences faites sur les chiens, dont je vais maintenant rendre compte avec détails.
J'ai eu pour but spécial, en mettant des chiens en expérience, de chercher avec quelle proportion d'oxygène contenu dans le sang survenaient les accidents convulsifs. Je pensais en même temps continuer, grâce à l'emploi des atmosphères suroxygénées comprimées, la recherche des rapports qui s'établissent chez l'animal vivant entre la tension de l'oxygène du milieu respiratoire et la richesse en oxygène du sang artériel, rapports étudiés au sous-chapitre III du chapitre l*"" jusqu'à 10 atmosphères ^d'air seulement.
L'animal en expérience était disposé sur son cadre comme il est dit à la page 656. Pour arriver à lui faire respirer de l'oxygène comprimé, je dus recourir à un artifice, n'ayant pas à ma disposition la quantité d'oxygène nécessaire pour comprimer ce gaz à plusieurs atmosphères dans un récipient de 150 litres.
Je fixais dans la trachée du chien.un tube métallique aussi large que possible, et le mettais en communication avec un sac de caoutchouc mesurant environ 30 litres. Le sac était placé à côté de l'animal, et l'air injecté par la pompe les comprimait tous deux à la fois. L'expérience ne durait jamais assez longtemps pour que le chien épuisât complètement l'oxygène. Mais, comme l'expiration se faisait dans le sac, il s'y emmagasinait de l'acide carbonique qui, par suite, s'accumulait également dans le sang. Il en résulte qu'il ne faut pas tenir compte de la proportion de ce gaz révélée par les analyses ; j'ai cru devoir cependant l'indiquer à titre de renseignement dans le narré des expériences. Dans un certain nombre de cas, j'ai, pour éviter cette accumulation, disposé sur le trajet du tube qui allait de la trachée au sac un flacon où barbottait l'air suroxygéné dans une solution de potasse;
d'autres fois, la solution se trouvait dans le sac lui-même. Ces expériences , comparées à celles où aucune précaution semblable n'avait été prise, me permettent d'aftirmer que, dans ces dernières, l'influence de l'acide carbonique a été tout à fait négligeable ; ceci s'expliquera tout naturellement, lorsque nous traiterons, au chapitre VIII, de l'empoisonnement par l'acide carbonique.
Voici maintenant le récit d'un certain nombre d'expériences :
Expérience CCLXXVIII. — 46 novembre. — Chien noir, à poils ras, neuf, pesant environ 42 kil.
On l'attache sur le dos, et on lui met dans la trachée un tube de raètal, au bout duquel est un tube de caoutchouc notablement plus étroit. Les respirations se font par séries d^extrêine fréquence, séparées par quelques intervalles de calme.
Au bout d'une demi-heure environ, on prend la température rectale, qui est de 36** (sur un chien sain, le même thermomètre donne 38®,5).
On lui tire alors à la carotide gauche 55 cent, cubes de sang qui est porté immédiatement dans la ppmpe à extraire les gaz Â.
Le chien est ensuite placé dans l'appareil à compression ; au tube de sa trachée est alors adapté, un sac de caoutchouc contenant de Toxygéne ; puis on fixe Tanimal comme il a été dit ci-dessus.
La pression est commencée à 3*» 56™.
A 4*» 21™, on est à 5 atmosphères; je tire 58*«= de sang, trés-rouge, ne laissant pas dégager de gaz B.
A 4** 40"», à 7 atmosphères, tiré 31" de sang trés-rouge, dans lequel le dégagement de gaz est au moins douteux G.
On monte à 8 atmosphères, et à 4*» 45" on décomprime brusquement en 3 minutes et demie.
L'animal est immédiatement extrait de Tappareil ; il n'y a de gaz libres ni dans le sang artériel ni dans le sang veineux ; les bruits du cœur sont purs, sans aucun gargouillement indiquant la présence de gaz. La température rectale est de 30*. 11 y a eu issue de matières fécales, et la gueule est pleine d^écume mousseuse.
Les pattes sont fortement raidies ; Kanimal, détaché, est en opisthotonos très-prononcé; tout le corps est en convulsion tonique. Les matières fécales continuent à sortir. L'œil se ferme quand on touche la cornée, mais non la conjonctive; les pupilles, très-dilatées, ne se contractent pas à la lumière.
La pression cardiaque, dans la carotide, oscille entre 9 et 12 cent.
Les phénomènes vont en augmentant d'intensité. Vers*5 heures, les convulsions sont d'une violence extrême ; au milieu des raideurs continuelles apparaissent des convulsions cloniques des membres, du cou, des ma-
choires. Les yeux sont convulsés. Le pénis est tellement rétracté, que pour sonder l'animal il faut fendre le prépuce dans toute sa longueur : pas d*urine dans la vessie. L*animal écume énormément.
Vers 5** 50™, la température est de 29 degrés. 11 survient des vomissements. Les convulsions prennent l'apparence de crises, sans véritable repos dans l'intervalle ; cela ressemble beaucoup à des attaques strychniques successives, sauf la permanence presque complète des raideurs et de l'opisthotouos. On excite les convulsions cloniques, en touchant ranimai, en choquant la table, en introduisant le thermomètre au fond du rectum. Pendant les crises, la respiration s'arrête, mais le cœur continue à battre.
Graduellement apparaissent quelques intervalles d'un repos relatif. L'animal commence à grincer des dents avec une force extraordinaire, à croire qu'elle vont se briser. La température remonte ; à 6 heures elle est de 51 degrés.
6^45°* : A certains moments, il n'y a plus de raideurs; la respiration se fait mieux ; la queue remue.
6*^45"» : L'animal reste toujours couché sur le flanc; les convulsions cloniques ressemblent à celles de l'acide phénique, en ce sens qu'elles imitent presque les mouvements de la marche ; elles se succèdent par crises que sépare un intervalle de repos relatif. A chaque crise, opisthotonos violent, avec agitation des mâchoires, puis claquement de dents ; de temps en temps, raideurs générales avec immobilité, mais moins fortes qu'au début. La pupille est toujours insensible à la lumière. La température est de 52 degrés. Le cœur bat vite et fort.
Le lendemain^ à ii heures du matin, l'animal, auquel on a laissé sa canule trachéenne, est couché comme la veille ; il est en opisthotonos avec contraction permanente des membres ; le sphincter anal est fermé ; secousses faibles, mais presque continues. La salivation visqueuse a continué ainsi que le larmoiement ; les pupilles sont dilatées ; la cornée est sensible, mais non la conjonctive. Respiration assez calme ; 80 pulsations faibles ; température 27 degrés.
Je fais respirer du chloroforme jusqu'à insensibilité cornéale; les raideurs et les secousses disparaissent pour reparaître bientôt.
L'animal meurt dans la journée.
Voici maintenant le résultat des analyses :
A : Air ordinaire, pression normale ; 100^ de sang contiennent 0 45«',5;CO«22,9^
B : 5 atm. d'air suroxygéné : i OO"» de sang contiennent 0 24,0 ; CO* 65.
C : 7 atm. d'air suroxygéné : 400" de sang contiennent 0 34 ,5 ; CO* 54,6.
L'air du sac, après l'expérience, était, pour 400, composé de 0 66 ; CO* 5,4. La composition primitive était donc environ de 75 pour 400 d'oxygène.
* Ces nombres et ceux des expériences suivante^ sont rapportés à 0' et 76 de pression.
La tension de l'oxygëneen B était donc environ 70 X 5 = 550. En C, elle était environ de 68x 7 = 476.
On était monté jusqu'à 66 X 8 = 528, ce qui correspond à 26 atmosphère d*air environ.
Cette expérience est particulièrement remarquable ; voilà un animal qui, pour avoir été exposé pendant trois quarts d'heure à une tension d'oxygène correspondante à peu près à 26 atmosphères d'air, est mort après 24 heures environ de violentes convulsions.
Expérience GCLXXiX. ~ 20 novembre. — Chien assez jeune, pesant environ 8 kilos.
On met un tube dans la trachée.
Après un quart d*heure, la température rectale est 59^,4; il a 144 pulsations, 24 respirations à la minute : la pression du sang dans la carotide oscille entre 15 et 17* de mercure.
A 5»^ 38"», on tire 58** de sàîig A.
Mis dans Tappareil à 4^ 1 0*", avec sac plein d'un mélange à 89,5 pour 100 d'oxygène.
A 4*» 30"», on est à 5 atmosphères, et Ton s'y maintient.
A 4** 38", on tire AZ''^ de sang très-rouge ; il ne se dégage pas de gaz B,
Décompression en une minute et demie, à 4*» 40"».
On retire aussitôt Tanimal, on enlève le sac, et Ton constate qu'il a déjà vomi dans Tappareil. Il vomit à nouveau. Il présente des crises de raideurs, sans secousses cloniques. La température est de 36^,5 ; la pression cardiaque de 11 à 12<^; les pul^tions sont à 140, les respirations à 24.
Ces crises de raideurs convulsives durent environ 20 minutes.
A 6 heures, la température est de 35 degrés, la pression cardiaque de 12% les pulsations au nombre de 140. Le chien commence à pouvoir se soutenir sur ses pattes.
A 6>» 30"», ranimai, dont la canule a été enlevée, reste couché avec des espèces de tremblotements musculaires, qui ressemblent à ceux de l'acide phénique. Son œil est sensible, et les pupilles se contractent et se dilatent comme par des trépidations qui semblent en rapport avec les tremblements des membres. Il y a quelques raideurs dans les pattes de devant, mais on peut les plier aisément.
Le lendemain, se porte très-bien.
Les analyses ont donné les résultats suivants :
A : Air, pression normale; 100" de sang contiennent : 0. 17,0; C0« 39,0.
B : A5 atm. d'air sui^oxygénè; 100" de sang contiennent : 0. 24,8; G0« 75,0.
Le gaz du sac, après l'expérience, contient 76,2 d*oxygène et 8,1 d'acide carbonique. La tension de l'oxygène en B était donc environ 77 x 5 = 385.
Expérience CCLXXX. — 25 novembre. — Chien de moyenne taille.
Tube dans la trachée ; carotide gauche à nu.
Température rectale 58%1 ^
3»» 12*": tiré 33" de sang; l'animal respire tranquillement. ... A.
Mis dans l'appareil à 3*» 55™, avec sac à oxygène ; entre le sac et le tube trachéal est placé un flacon, au fond duquel se trouvent des morceaux de potasse; je veux ainsi diminuer la proportion de Tacide carbonique qui s'emmagasine dans le sac.
4*^ 25" : on est à 7 atmosphères ; à 4*^ 28™, tiré avec la plus grande difficulté 23*^« de sang B.
A 4*» 38™, la pression est de 7 4/4 atmosphères ; je décomprime brusquement.
Retiré à 4^ 45™, l'animal est sensible à l'œil : sa température est de 36*» ; il présente quelques raideurs des membres postérieurs et du cou i (a respiration parait suspendue, le cœur bat très-faiblement.
Après 40™ les raideurs augmentent, mais la respiration revient, et le cœur bat plus vite et plus fort. Bientôt après, l'animal redevient flasque, comme il était au sortir de l'appareil; sa respiration est faible; il meurt à 5*» 50™, sans mouvement.
A 5** 20™, sa tempéi*ature était de 34<>,5 ; à 5*» 50™, elle est tombée à 33^,5.
A 5*^ 5™, je tire 33" de sang carotidien C.
A b^ 30™, tiré de même 33" de sang D.
L'autopsie montre le cœur plein de sang noir à droite, un peu rouge à gauche. 11 y a dans la vessie quelques gouttes d'urines extrêmement chargées de sucre. Le foie contient beaucoup de sucre.
Le sang A (air, pression normale) contenait. ... 0 14,4; CO" 44,0
— B (oxygène, 7 atm.) 0 24,1; CO^ 68,5
— C (air, pression normale, 40™ après la dé-
compression) ^0 45,8; CO' 16,5
— D (air, 70™ après la décompression) .... 0 45,8 ; CO* 28,5
Le gaz du sac contenait avant l'expérience 79 pour 400 d'oxygène; la tension d'oxygène en B était donc probablement 74 x 7 =518 ; elle s'est élevée au maximum à 550, à 4*» 38™.
Expérience CCLXXXL — 27 novembre. — Chien de berger, pesant 46 kilog.
Tube dans la trachée; température rectale 38%5. A 4*» 50™, tiré 53" de sang à la carotide gauche A.
* Ces températures , indiquées par mon thermomètre dans celte expérience et dans plusieurs autres, sont certainement trop basses, absolument parlant. Mais il importe peu, la comparaison seule a de Pintérêt.
Mis à 5^ S*" dans l'appareil à compression, avec le sac à oxygène, sans flacon à potasse.
A 5"* 12°» on est à 4 3/i atmosphères ; tiré 33" de sang, bien rouge. B.
A 5*» 48'», 7 atmosphères ; on s'y maintient, et à 5** 50", tiré 39" de sang très-rouge, sans gaz libres C.
A b^ 53°*, décomprimé en 2 minutes.
Retiré : température, 38*,5. Est en raideur, et toutes les 3 ou 4 minutes, convulsion tonique énorme, avec opisthotonos très-violent, suspension de la respiration, le cœur continuant à battre, quoique plus lentement. L*œil est insensible. L*excitabilité est beaucoup moins évidente que dans la strychnine. 11 y a ainsi 4 ou 5 de ces affreuses convulsions pendant lesquelles il semble que Tanimal va tomber de la table.
A 6*» 10", je fais respirer au chien un mélange de chloroforme et d*éther ; il semble, au début, que les convulsions s'exagèrent. Hais au bout de 2 ou 3 minutes, elles disparaissent, et il ne reste plus que des trépidations des membres antérieurs, semblables à celles de l'acide phénique, qui disparaissent à leur tour, ainsi que les raideurs; l'animal devient souple et calme.
Q^ 15*°, on cesse les inhalations. La sensibilité reparaît, puis quelques raideurs ; mais il n'y a plus de grandes convulsions. Température, 39<^.
6»> 22™ : on tire 33" de sang, moyennement rouge D.
6*» 45"» : latempér. est38^5.
7*» : on tire 33** de sang, très-noir E.
Le lendemain, l'animal est très-bien revenu.
Le sang A (air) contient, dans 400" 0 46,9
— B(oxyg., 1 3/4 atm.) 0 24,4
— C (oxyg., 7 atm.) 0 32,5
— D (air, 27™après la décompression). 0 46,9
— E (air, 67'°après la décompression). 0 47,0