Par Malingre; c'est l'ouvrage de Du Brcul mis à jour
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void aujourd'huy, et l'église est le mausolée royal où sont inhumez la plupart des roys, reynes, princes et princesses de France, sous des sépulchres superbes et magnifiques, de marbre, de porphyre, d'albastre et de bronze.
22. Montmorency, à trois lieues de Paris, et vne de Saint-Denis en France, fut bastie par le propréteur Maurentius, qui y tenoit une colonie romaine, et, pour la rendre plus asseurée, y fit construire vn fort chasteau, et à cause que la ville est bastie sur vn mont éleué, il l'appella de son nom, Mont de Maurence, et par corruption Montmorency : ce chasteau fut assiégé et pris par les Normans ou Danois, lorsqu'ils faisoient leurs courses en France, et considé^ rans qu'il estoit assis en lieu fertile et de bonne assiette, ils le fortifièrent et y mirent vne bonne gar<nison. C estoit autres fois vne baronnie des plus anciennes du royaume,- et les seigneurs de Montmorency ont esté les premiers barons chrestiens de France, et demeura baronnie iusques au règne du roy Henry II, qui Périgea en duché et pairie, en faueur d'Anne de Montmorency, connestable de France, au mois de juillet l'an 1551. Cette duché a vne fort grande estenduë, comme depuis Dampmartin iusqu'L Pontoise, ayant plus de six cens fiefs nobles, quantité de bourgs, villages, chasteaux, forests, bois, estangs, et cette belle et grande vallée dite de Montmorency, abondante en bleds et en fruicts. Cette ville de Montmorency a trois églises, vne cy-deuant collégiale de S. Martin,
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fondée par les seigneurs de Montmorency, et mainte-» nant dessernie par les prestres de l'Oratoire, dans la nef de laquelle église repose le corps d'Anne de Montmorency sous vn grand sépulchre de marbre blanc : plus vne église parrochiale, et l'Hostel-Dieu, auec son église administrée par des religieux mathu^ rins réformez. L'an 1622, Henry de Montmorency, dernier duc de cette illustre maison, estant mort à. Tolose, Tan 1633,1e roy Louys XIII donna à Madame la princesse de Condé, sa sœur, le duché de Montmorency, les seigneuries et appartenances, exceptées quelques-vnes données aux duchesses d'Angoulesme et de Vantadour, ses sœurs, et Sa Maiesté se réserua la seigneurie et le chasteau de Chantilly, près Senlis, l'vn des plus beaux et délicieux séiours de France.
23. Poissy estoit anciennement le séiour ordinaire des roys de France, qui y avoient vn chasteau ; mais depuis que celuy de Saint-Germain enLayefut basti, à vne lieue au-dessus, Poissy ne fut plus leur demeure. Lareyne Blanche deCastitle, reyne de France, femme du roy Louys VIII, y fit ses couches, et y accoucha d'vn fils, qui, par la sainteté de sa vie, fut le bonheur de la France : ce fut le roy saint Louys. L'an mil vingt-deux, la reyne Constance, femme du roy Robert, fit bastir l'église Nostre-Dame de Poissy, où elle voulut estre inhumée, et y mist des religieuses de Tordre Saint-Augustin ; mais depuis le roy Philippes le Bel fit rebastir cette église, et, augmentant
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grandement son reuenu, y mit des religieuses de l'ordre de S. Dominique.
24. Beauuaisis fut anciennement habité par les Beauuaisins et Parisiens : des Beauuaisins parlent souuent César (Bellovoquais) et Pline. Strabon les appelle BaX).Gvax&i, et Ptolémée BsXXovflae;. Les historiens et chronographes qui ont suiui ces anciens, comme saint Grégoire de Tours, Adon de Vienne, Regnio, Aimoin et autres, les nomment Belgiuaciens : d'autres disent qu'ils sont ainsy appeliez, comme Bellova-cantes, ou bien Bello-acutos} « adonnez à la guerre, rusez à la guerre » : et de fait César parle ainsi d'eux : « César, dit-il, ayant receu pour ostages les premiers de la ville, mesme les deux fils du roy Galbe, et les armes ostées de la ville, les Soissonnois furent sous sa puissance, et mena son armée contre les Beauuaisins, lesquels s'estant transportez eux-mesmes et tous leurs biens en leur ville Bratuspantium, etvoyans que César auec son armée n'estoit éloigné de leur ville que de cinq mille pas, tous les vieux sortans de la ville commencèrent à tendre leurs mains deuers César, signifiant par gestes et par paroles qu'ils venoient se rendre sous sa foy et puissance, et qu'ils ne vouloient point combattre contre le peuple romain. » Et ailleurs il parle encore de leur valeur, disant : « Les Beauuaisins, entendans la réuolte des Eduéens qui estoient auparauant d'eux-mesmes infidèles, commencèrent à s'armer, et ouuertement s'appareiller à la guerre. Lors Labiénus sçauoit qu'en si grand changement il
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falloic bien prendre vn autre conseil à celuy qu'il auoic auparauanc désigné, et qu'il n'estoit maintenant temps d'acquérir quelque chose, ny aussi d'inciter l'ennemy au combat : mais seulement il pensoit de reconduire son armée saine et sauue; car, de l'autre costé, les Beauuaisins, la ville desquels estoit grandement estimée, et auoit vne singulière opinion de vertu, estoient en campagne. » Ainsi parle César1. De mesme l'autheur de la Guerre gauloise écrit que les Beauuaisins surmontoient toutes {sic) les autres Gaulois et Belges à faire la guerre. Strabon dit de mesme que les Beauuaisins estoient les meilleurs et les plus forts des Belges, et après eux les Soissonnois. César dépeint au naïf la manière de gouuerner des Beauuaisins, quand il dit que leur coutume estoit d'élire leurs princes d'entr'eux , comme entre les autres ce Corbéius, lequel, quoy que son armée fust défaite et mise en déroute, ne pouuoit estre surmonté d'aucune espèce de misère et de calamité, il ne fut pas possible de le tirer du combat, ny le faire résoudre à se sauuer dans les bois, comme fit le reste de son armée, mais, combattant vaillamment et en tua plusieurs, contraignoit ses ennemis, bouffis de leur victoire, à le tuer. Le mesme César parle du Sénat des Beauuaisins, et de l'authorité et puissance de leur mesme peuple : d'où vint l'excuse que leur Sénat fit à César : Que iamais le Sénat n 'auoit eu
i. Livre II de a Guerre des Gaules. R.
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telle puissance en la ville du temps de Corbéius^ que le peuple ignorant en avoii, Adon die de mesme : Les Beauuaisins} qui semblent surmonter les autres en nombre et en valeur } ont eu soixante mille combattans d ) élite. La capitale du Beauuaisis est Beauuais, qui donne le nom au pays : elle est située en vn lieu fort agréable, ayant d'vn costé des collines, et d'vn autre de belles campagnes propres au labourage : ses habitans jouissent de beaux priuilèges, notamment les femmes, donnez par le roy Louys XI. Tan 1472. à cause qu'ils forcèrent Charles le Hardy, duc de Bourgogne, de leuer le siège auec honte, n'y ayant rien gagné que des coups, après y auoir campé vn mois. On a conduit Peau de la riuière du Térain par vn canal dans la ville, pour la commodité des manufactures de laine, à quoy les habitans sont fort employez et ceux des lieux circonuoisins. Cette ville a vn siège épiscopal, dont Teuesque est comte et pair de France : l'église cathédrale est dédiée à l'apostre saint Pierre*, desseruie par 42. chanoines : elle a six églises collégiales , treize parroisses et plusieurs monastères» Eudon, comte de Champagne, du règne du roy Robert, enuiron l'an mille quinze, donna à son frère Robert, éuesque de Beauuais, et à l'église de Beauuais, le comté de Beauuais, et remarque-on qu'il n'y a pas 400 ans que l'on appelle Beauuais comté et pairie. 25. Non loin de Beauuais est le comté de Clermont, qui a tousiours dépendu de la maison de Bourbon, depuis que saint Louys, l'an 1257, mariant
Robert, son troisième fils, à Béatrix, héritière de Bourbon, comtesse de Clermont, eut en dot cette comté, qui n'est point sortie de cette maison royale, estant à présent possédée par Henry de Bourbon, prince de Condé. L'an 586, la ville de Clermont ressentit la cruauté du roy Chilpéric premier; car, comme vn autre Néron, qui prenoit plaisir de brûler les villes, il fit réduire celle-cy en cendres, et lui fit porter les marques de sa cruauté. Ce comté fut donné par saint Louys, roy de France, pour son appannage, à son troisième fils Robert, duquel est issu Louys surnommé le Grand, second comte de Clermont, fait premier duc de Bourbon par le roy Philippes de Valois, Tan 1329. Henry de Bourbon, prince de Condé, iouyt à présent de ce comté, la ville a vn assez bon chasteau.
26. Valois est vne des principales prouinces que les Parisiens et Beauuaisins ont habitée : ce pays est ainsi appelle Valois1, à cause de ses vallées qui y sont fort fréquentes et agréables. Sa ville capitale est Senlis, en latin Syluanectum^ à cause des forests et des bois qui l'enuironnent, comme si l'on disoit ceinte de forests : elle est fort ancienne; et, ayant esté érigée en comté, elle a eu ses comtes particuliers iusques à Humbcrt, comte de Senlis, dont la fille Sporta ayant épousé Guillaume V, duc de Normandie, par la succession de sa femme, cette comté luy écheut, et en