SCÈNE HI
RAOUL, BABILAS.
RaouL.—Eh bien ?
BañmiLas.—dJe n'ai rien rencontré, capitaine.
RaouL.—Rien.
Bagiras.—Quand je dis rien. je me trompe.
je-m'étais avancé du côté du Nord, à une demi-portée de canon, cherchant si Je trouverais
nore it.
j'ai gele 1 Ces
e de Oh!
l’es- » bâmon inveit de Dieu,
aine,
mpe..
e deerais
de quoi nous nourrir. V’là que tout-à-coup, j'apercois quéque chose qui se mouvait derrière un bloc de neige, ça se virait à drcite, ça se virait à gauche et toujours comme Ça... Ga m'intrigue un peu... je me méfie ! j'arme mon arme, et je m’approche pour voir si Ça ne serait pas bon à manger; mais à peine si pus fait quéque pas... que ça monte sur le bloc de neige, ça se dresse sur ses jambes de derrière,
‘c'était un ours ! Une grande ourse blanche
qui me considérait en ouvrant de grands yeux et qui me sentait avec des grandes narines... elle faisait comme moi c’te bête, elle regardait si j'étais bon à manger, et il paraît qu’elle trouvait que oui, car v’là qu’elle se met à descendre et à marcher sur moi, en faisant hon ! hon 1... Ma foi ! je suis pas brave, vous le savez, capitaine, aussi à Cle vue, la frayeur m’empoigne, je me mets à trembler de partout.
RaouL.—Et tu t'es enfui.
BagiLas.—Enfui !.. j'avais trop peur pour çà: Si je m’enfuis, que Je me dis, l'animal va me prendre en traître et je suis flambé ; c’Vidée-là redouble ma peur, et je me dirige sur le monstre.
RaouL.—A près, après ?
BaBiLas.—Comme je le couchais en joue, j'aperçois au loin un autre ours, et puis deux autres, et puis dix autres, et puis cent’zautres.
RaouL.—$Se peut-il ?
Bagizas—Une vraie fourmillière d'ours !....
Là-dessus vla ma peur qui retriple.…. si je fais feu, que je me dis, le bruit va nc° attirer
tous ceux-là ; mon ours marchait Oujours,
lui, il approche encore, il
approche toujours : E Ma foi, la frayeur me rend fou, je dépose mon | n’es fusil, je tire men Couteau et je marche droit à | mie l'ours, Nous étions nez à nez, le monstre ouvre F une gueule énorme, il étend ses deux bras pour mo me saisir, je Jui lanque mon couteau dans le "à E milieu du ventre, la bôte féroce tombe en À con hurlant, je me baisse, je regarde, j'avais tué 1 mel l’insecte, ÿ le s RAOUL.—T'ué | F BaBiLas.—Ou à peu prés. F RAaOUL.—Achève ! achève ! les JABILAS.—C'est ce que je me suis dit : achève une …@t je l'ai achevé... et si je avais pas vu tous | not les autres se dresser autour de moi, je l'aurais E trainé jusqu'ici : sa peau aurait servi à ré- im} chauffer notre cher petit Robert, F RaOUL.—Bien, cela ! r F FABILAS.—Je dis : notre cher petit Robert. F faut pas m'en vouloir, capitaine, Je sais bien que je ne suis qu'un pauvre rien du tout... un Mais tant qu’il sera en danger, voyez-vous, je E le regarde comme si qu'il était un peu à moï.. E je me regarde comme si que j'étais un peu sa sor mère, quoi !.. Mais une fois sauvé, SOYez sans I crainte, je vous le rendrai tout entier, Capi- ver. taine, tro] | RaoUL.— Brave Sal ÇOn ! (On entend un cri hac ( dans la hutte.) pet SCÈNE IV. ma | I LES MÊMES, ROBERT. da:
Roger (dans la hutte)—Père ! père !.. je
neurs de froid !
RAOUL.— O mon Dieu !
Irs ; non it à vre our s le en tué
je
En ENEREnEEE EE SpeanEne
BagiLas (étant sa veste).—Ah saprelotte !.. çà n’est guère plucheux, mais ça vaut toujours mieux que rien. (/{{ entre dans la hutte.)
RaouL.—Mon fils se meurt ! et je n'ai aucun moyen de prolonger ses jours.
BagiLas (entrant\.--Capitaine, Robert est sans connaissance et je ne peux rien pour le ranimer. C’est vous, capitaine, c'est vous qui devez le sauver.
Raouz.—Et comment... par quel moyen ?
BasiLas.—J’sais pas, capitaine, mais il faut le sauver... il faut prolonger sa vie. un jour. une heure... Dans une heure, on peut venir nous délivrer.
Raou (après avoir réfléchi). —Oh ! non c’est impossible |
Bagizas.—Vons voulez donc qu'il meure.
RaouL.—Non... j'ai trouvé.
BaBiLas.—Ah !
Raouz—Une heüre, as-tu dit; qu'il vive une heure !
BagiLas.—Oui, et Dieu fera le reste.
RaouL.—Attends. ({ prend une hache et sort.)
BapiLas—[l vivra... il vivra! (1 se dirige vers la hutte) Pourvu qu'il ne soit pas trop tard.(On entend au dehors le bruit d'une hache qui frappe à coups redoublés) Pauvre petit capitaine... Ah! si je pouvais donner ma vie pour la sienne!
*AOUL (entrant avec des débris de bois qu’il jette dans la hutte)—Tiens, Babilas, allons le sauver, (Il entre dans la hutte.)
BABILAS Seul
Bamizas.—Q'est-ce que je vois là ? Du bois...
Où diable le capité ne l’a-t-il donc pèché ? C'est ce matin, quand je cherchais de mon côté.
IL aura trouvé Ça, tandis que je trouvais des ours !… Qué fic hu trouvaille ! Ce n’était pas assez de n'avoir pas de quoi manger, me v'là menacé d'être mangé moi-même! Ah! jere grette Nanterre ! Pourquoi diable me suis-je fait matelot? Yena qui sont de Toulon, de Marseille ou de Brest, ils se fourrent dans la marine, ils y coulent, ils y trépassent, c'est tout ni turel, y sont d'un port de mer; mais sapristi ! je suis de Nanterre ! moi, je suis de Nauterre !