‹ La prière des naufragés [microforme]Chapitre 39 sur 43 · SCÈNE v · texte numérisé non relu

SCÈNE v

OGARITO, GEORGES, LE SECRÉTAIRE, Puis BABILAS, OGariTo (au Secrétaire) Monsieur le secré-

taire de l'ambassade d'Espagne, j'ai un service à vous demander et peut-être un service à vous

rendre.

LE SECRÉTAIRE.—Parlez, monsieur.

OGarrro.—Hier, on vous a déloyalement ga.

gné une somme importante, et vous souffrez de ne pouvoir vous acquitter de suite,

Le SECRÉTAIRE —Oui, car j'aurais le droit

de chât: ni qui m'a pris pour dupe.

Oc Le somme, aucun de vos amis n'a 15 la prêter ?

LE VE LE SECRÉTAIRE.—Aucun.

UGARITO.— Attendez. (1! frappe sur un timbre.)

BaBiLas (paraissant. On peut entrer ?

OGaniTo.— Approche.

BagiLas.—1l n'est pas ici !

Ocariro.—As-tu peur ?

BaBiLas.—Peur ! moi !.…. je crois bien.

OGaRITO (montrant le Secrétaire) —Monsieur a besoin d'argent.

BaBiLas.— Ah! combien qu'y faut à monsieur ?

OGariro.—C'est… je crois.

LE SECRÉTAIRE.—Dix mille écus.. mais...

BaBiLas.—Que ça ?.…. (Sortant des rouleaua d'or et des billets de banque de su poche.) Voilà. faites bien vot'compte.… si ca n’est pas assez, parlez. (Ouvrant sa poche.) La caisse est ouverte !

Lr SECRÉTAIRE J'accepte, monsieur: parce je sui sûr de pouvoir m’acquitter bientôt.

BamiLas.— C'est tout ?.… fermons la caisse. {ll se boutonn-.

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À LE SECRÉTAIRE. —Mais us parliez d’un service que je pourrais à mon tour.

OGariTo.—Avez-vous fait venir d'Espagne les renseignements que je vous avais demandés ?

Le SEcrÉéraIRE.—Les archives de la famille d'Antas ?

OGariTo— Oui... eh bien ?

Le SECRÉTAIRE. —Elles sont arrivées à l'ambassade.

OGaRITO.—[l me les faut aujourd'hvi, ce soir, dans une heure ! voilà le service que j'attends de vous. C'est une surprise que je ménage au marquis.

Le SECRÉTAIRE — Vous serez satisfait, monsieur,

OGariTo.—Bien.({ le congédie du geste et s’approche de Georges.)

BaBizas.—ÆEt d'un !

OGariTo.—Georges, le comte et mon frère doivent bientôt partir pour la terre d’exil ?

GEORGES —Dans huit jours.

BasiLas.—Saprelotte que c’est court !

OGariro.—La captivité d'Horace doit durer longtemps ?

GRORGES.—Toujours, peut-être.

BaBiLas.—Sapristi, que c’est long !

GEORGES.—Le ciel m'est témoin que je donnerais ma vie pour les sauver ; mais, hélas !.… c° n’est pas ma vie seule qni sert d’otage à leur

‘eau

OG: —Je le sais. Babilas…

BaBiras— Voilà !.... fautil rouvrir la caisse ?

OGariTo.—Non.….. ce papier ?

BaniLas.—Ah bon ! le voici.

OGaniTo (le présentant à Georges).— Georges, Lu as Commis une faute mais tu l’as cruellement expiée... que le souvenir en soit anéanti. (J remet le papier à Georges.)

GEORGES (le parcourant).—Qu'ai je vu !.. vous me rendez ma liberté !.. vous me rendez mon honheur, vous me rendez la vie |

BaniLas.- Tout ça dans ce chiffon de papier là ?

Ocaniro.—Calmez-vous.

GEonGes.—Oh ! monsieur, soyez béni pour ce que vous venez de faire; il y a cinq ans que ce honteux souvenir pèse sur mon cœur...

il ya cinq ans que je n'ose plus embrasser mon père, et je suis libre enfin, libre par vous !… Ogarito, je vous appartiens ; qu’ordonnez-vous, parlez ?

OGariTo.—Ami, souviens toi de ceux qui souffrent; fais selon ta conscience, Dieu te regarde,

GEorGEs.—Je vous comprends, Ogarito, et je cours me jeter aux pieds du régent.

OGariTo.—Va, va ! (Georges sort par le fond.

Voici d’Antas.

Bagizas—D'Ant.. Ah! nom d'un foc! je me sauve ! (1! sort par le côté.)

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