I. Joi.i. Cap. ivii. - Mat. H. Cap. isvi
nous révèle un sublime honneur, nous promet un puissant secours.
1° Nous appelons Dieu, notre Père ; il y a donc au monde d'autres enfants de sa puissance, que nous-mêmes ? — Eh oui ! Dieu a concentré originairement en un seul homme tous les germes de la race humaine. Le sang humain répandu en une infinité de canaux, vient d'une unique et même source, et rencontre, en chaque corps qu'il vivifie, un même moteur : une âme intelligente, libre, immortelle. Il est auprès de nous un homme que nous appelons notre père ; mais, si nous remontons à travers les siècles, le flot des générations qui se poussent vers l'avenir, nous nous trouverons en face d'un homme unique, à qui tout le genre humain doit dire : mon Père. Et lui, nous montrant le ciel, nous invitera à bénir le Créateur tout-puissant, de qui il tient la vie, et de qui découle toute paternité ; et le genre humain devra chanter avec lui : Pater noster, notre Père.
Si nous avons un même père, nous sommes donc tous frères : frères par le sang découlant d'une môme source ; frères par l'intelligence, rayonnement multiple et mystérieuse empreinte de la face lumineuse de Dieu ; frères par la liberté, écoulement de la toute-puissance divine ; tous pétris da
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même limon, tous aspirant à la possession de la vérité, tous soumis à la même loi divine, tous enfin appelés à la même destinée qui n'est autre que le retour de tout notre être à notre premier principe, l'entrée de notre vie, après les vicissitudes de ce monde, dans la part de l'éternelle béatitude.
Voilà le fond même de l'humanité. N'est-il pas évident que les enfants d'un même père doivent s'aimer entre eux ? « La raison de l'amour du prochain, dit saint Thomas, c'est Dieu lui-même : Ratio diligendi proximum, Deus est » : Dieu, père de toute vie ; mais surtout père des âmes auxquelles il a donné l'empreinte de sa perfection, et le même rendez-vous dans son sein. A lui, non seulement, nous nous rattachons tousparrorigine,mais, enlui, nous sommes tous unis par les liens d'une paternelle bienveillance.
Il nous a aimés le premier, dit l'Apôtre de l'amour : Prior dilexit nos. Son amour nous précède, nous prépare, nous veut du bien, avant que nous soyons là pour le recevoir, et nous comble, avant que les yeux de notre âme s'ouvrent, pour prendre connaissance de son infinie bonté. Cet amour, selon la magnifique et profonde pensée de saint Denis, « est un cercle éternel qui nous enveloppe tous ». De ce cercle il ne nous est pas permis de sortir, ni d'exclure qui que ce soit. Nous devons nous aimer les
uns les autres, parce que Dieu, notre commun père, nous aime tous. Encore une fois, saint Thomas a bien dit : « La raison d'aimer le prochain, c'est Dieu : Ratio diligendi proximnm, Deus est.y> Cette raison, notre divin Maître l'a résumée en ces deux mots : Pater noster. — En commençant ainsi notre prière, c'est comme si nous disions : « Dieu, nous devons vous aimer d'un amour filial, respectueux, reconnaissant et confiant, parce que vous êtes Père. Mais nous ne pouvons pas ne pas aimer ceux que vous aimez. Et puisque tous les hommes sont, aussi bien que moi, votre image et ressemblance, enfants de votre puissance créatrice et de votre amour, je veux les aimer en vous et à cause de vous. Il n'y a donc pour moi ni d'étrangers, ni de barbares, ni de sauvages, ni libres, ni esclaves, ni grands, ni petits, ni amis, ni ennemis, quand il s'agit d'aimer le prochain. Vous êtes notre Père à tous : Pater noster. En disant cela avec conviction, avec piété, avec ferveur, j'ai la confiance d'accomplir toute la loi, puisque vous l'avez dit : « Aimer Dieu et le prochain, c'est toute la loi ^ m
Ils avaient bien compris cela ces premiers chrétiens dont l'amour fraternel édifiait et convertissait les païens. Pendant que la, vieille Rome se déchirait par de superbes mépris et d'impitoyables haines,
I. In lus duobus mandaUs univcrsa Lx pendcl.{\[ATT:ii. Cap. xiii.iio.''