CHAPITRE XIII
l.e pain que nous demandons à noire Père du ciel est un pain de justice et de charité.
Nous ne disons pas à Dieu: c Donnez-moi mon pain » ; mais : « Donnez-nous wo^re pain » car le pain que nous demandons doit être un pain de justice et de charité. 197
I. — Un pain de juslice. Il faut que nous puissions dire qu'il nous appartient, qu'il est légitimement à nous et que nous sonnnes dignes de le manger; à l'action de Dieu Providence nous devons concourir par notre travail personnel. La loi du travail s'étend même à ceux qui n'ont pas besoin de gagner leur pain à la sueur de leur front ; sans quoi, abusant des dons de Dieu, ils en pervertissent l'usage . . 198
II. — Un pain de charité. Jésus qui, en prenant notre nature, a resserré les liens de la fraternité humaine, veut que nous demandions pour tous. Demander ne suffit pas. Il y a les pauvres ; et, en permettant l'inégale répartition des biens, Dieu ne se dessaisit pas de son suprême domaine : les riches ne sont que ses intendants. De là, le devoir de rauraône, qui est en même temps un honneur. Danger d'exagérer les bienséances de notre état,
au détriment de rauraône due aux pauvres . . . 201