CHAPITRE IV
PRIERE D'OFFICE
La loi du progrès appliquée à notre nature produit l'homme peuple, c'est-à-dire un être collectif qui se doit à Dieu aux mêmes titres que riiomme individu, et qui exprime sa dépendance par un acte collectif que nous avons appelé la prière publique. Nécessaire et admirablement puissante, cette prière serait un acte confus et inordonné, un acte trop rare et insuffisant aux besoins de notre vie publique, s'il n'était réglé et prolongé par l'office des êtres privilégiés que Dieu donne à son peuple, comme représentants de la collectivité religieuse, et médiateurs des actes sacrés qui procurent sa gloire.
Faire prier le peuple, et prier pour le peuple, c'est ce qu'on peut appeler la prière d'office. Cette prière se rencontre, à divers degrés, dans
toute religion, mais c'est dans la véritable et sainte Église de Dieu qu'elle atteint sa légitime et suprême perfection, comme nous Talions voir.
Dans son Église, peuple choisi, nation sainte, société universelle oii viennent se fondre toutes les sociétés humaines ; dans son Église, la plus belle et la plus sainte unité qui soit au monde, le plus magnifique épanouissement des grandeurs de rhomme, le Fils de Dieu a établi son prêtre, et lui a donné, pour son office de chef du peuple priant, une solennelle consécration. Par cette consécration, il devient homme d'Eglise : homme d'Église, non seulement parce qu'il passe une partie de son temps dans le temple où s'accomplissent nos grands actes de religion, mais parce que, dans son être sacré et ses fonctions, il personnifie Fauguste assem-, blée dont chaque fidèle est membre. « Il est personne publique et comme la bouche de toute l'Église : Sacerdos persona publica et iolius Ecclesiœ os » K C'est par lui que doivent passer