LE PROCÈS
ment V agit ensuite sous l'impulsion du roi de France. Les Templiers, —Ordre à la fois religieux et militaire, qui avait rendu tant de services à la chrétienté, en défendant les Lieux Saints contre les infidèlss, et en protégeant les pélerins au temps des croisades,—étaient tombés dans un relâchement déplorable, par suite des immenses richesses que leur avait octroyées la libéralité des princes. Les grands services qu'ils avaient‘ renuus à la Terre Sainte, leur bravoure, leurs hauts faits d’armes, avaient d’abord comprimé les bruits désavantageux qui circulaient sur leur compte ; mais lorsque, par suite de: la chûte de Saint-Jean d’Acre, ils dûrent fuir de la. Palestine en: face des Sarrasins, les rumeurs compromettantes prirent les proportions d’un torrent impétueux.
Philippe-le Bel qui ne pouvait supporter leur es-
prit d'indépendance et qui en voulait surtout à leurs
richesses, se déclara ouvertement eontre eux, et leur fit une lutte acharnée. Dans la plupart es viltes de France, les Templiers, forcés de comparaître devant les tribunaux du roi, se reconnurent coupables de plusieurs méfaits, entre autres de renier la foi, de cracher sur la croix et de la fouler aux pieds, de se livrer à d’infâmes désordres, d’adorer une idole appelée Baphometon: telles étaient les conditions d'entrée définitive dans l'Ordre. Le Pape suspendit les pouvoirs des. inquisiteurs royaux, évoqua l'affaire à son tribunal, et entendit à Poitiers les dépositions libres et spontanées de soixante.
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