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de ma mort”. Il s’éveilla en poussant un grand soupir qui éveilla aussi la princesse; et la princesse Badourah lui demanda de quoi il soupirait.
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‘ Hélas! s’écria le prince, peut-être qu’à l'heure où je parle le roi mon père n’est plus de ce monde!” Et il lui raconta le sujet qu'il avait d’être troublé d’une si triste pensée. Sans lui parler du dessein qu’elle conçut sur ce récit,
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la princesse, qui ne cherchait qu’à lui complaire et qui connut que le désir de revoir son père pourrait diminuer le
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CONTE DES MILLE ET UNE NUITS
plaisir qu'il avait à demeurer avec elle dans un pays si éloigné, profita, le même jour, de l’occasion qu’elle eut de parler au roi de Chine en particulier. ‘ Sire, lui dit-elle, en Jui baisant la main, j'ai une grâce à demander à Votre Majesté, et je la supplie de ne pas me la refuser. Mais, afin qu’elle ne croie pas que je la demande à la sollicitation du prince mon mari, je l’assure qu'il n’y a aucune part. C'est de vouloir bien agréer que j'aille voir avec lui le roi Schahzaman, mon beau-père.
— Ma fille, reprit le roi, quelque déplaisir que votre éloignement doive me coûter, je ne puis désapprouver cette résolution : elle est digne de vous, nonobstant la fatigue d’un si long voyage. Allez, je le veux bien; mais à condition que vous ne demeurerez pas plus d’un an à la cour du roi Schahzaman. Le roi Schahzaman voudra bien, comme je l’espère, que nous en usions ainsi, et que nous revoyions tour à tour, lui, son fils et sa belle-fille, et moi, ma fille et mon gendre.”
La princesse annonça ce consentement du roi de Chine au prince Camaralzaman, qui en eut bien de la joie; et il la remercia de cette nouvelle marque d’amour qu’elle venait de lui donner.
Le roi de Chine donna ordre aux préparatifs de voyage; et, lorsque tout fut en état, il partit avec eux et les accompagna quelques journées. La séparation se fit enfin avec beaucoup de larmes de part et d’autre. Le roi les embrassa
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BADOURAH PRINCESSE DE CHINE
tendrement; et après avoir prié le prince d’aimer toujours la princesse sa fille comme il l’aimait, il les laissa continuer leur voyage et retourna à sa capitale en chassant.
Le prince Camaralzaman et la princesse Badourah n’eurent pas plus tôt essuyé leurs larmes, qu’ils ne songèrent plus qu’à la joie que le prince Schahzaman aurait de les voir et de les embrasser et qu’à celle qu’ils auraient euxmêmes.
Environ au bout d’un mois qu’ils étaient en marche, ils arrivèrent à une prairie, d’une vaste étendue et plantée, d'espace en espace, de grands arbres qui faisaient un ombrage très agréable. Comme la chaleur était excessive ce jour-là, le prince Camaralzaman jugea à propos d’y camper, et il en parla à la princesse Badourah, qui y consentit d’autant plus facilement qu’elle voulait lui en parler elle-même. On mit pied à terre dans un bel endroit; et dès que la tente fut dressée, la princesse Badourah, qui était assise à l’ombre, y entra pendant que le prince Camaralzaman donnait ses ordres pour le reste du campement. Pour être plus à son aise, elle se fit ôter sa ceinture, que ses femmes posèrent près d’elle; après quoi, comme elle était fatiguée, elle s’en-
dormit et ses femmes la laissèrent seule.
Quand tout fut réglé dans le camp, le prince Camaral- Zzaman vint à la tente; et comme il vit que la princesse dormait, il entra et s’assit sans faire de bruit. En attendant qu'il s’endormiît peut-être aussi, il prit la ceinture de la
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