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zaman, avec six matelots des plus résolus.
Camaralzaman ne dormait pas alors; sa séparation d’avec la belle princesse de Chine, sa femme, l’affligeait à son
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ordinaire, et il détestait le moment où il s'était laissé tenter
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par la curiosité, non pas de manier, mais même de toucher
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sa ceinture. Il passait ainsi les moments consacrés au repos, lorsqu'il entendit frapper à la porte du jardin. Il y alla promptement, à demi habillé, et il n’eut pas plutôt ouvert,
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que, sans lui dire un mot, le capitaine et les matelots se saisirent de lui, le conduisirent à la chaloupe par force et
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le menèrent au vaisseau, qui remit à la voile dès qu'il fut
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Camaralzaman, qui avait gardé le silence jusqu'alors, de même que le capitaine et les matelots, demanda au capi- F
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BADOURAH PRINCESSE DE CHINE
taine, qu'il avait reconnu, quel sujet il avait de l’enlever avec tant de violence. “ N’êtes vous pas débiteur du roi de l'ile d’Ébène? lui demanda le capitaine à son tour. — Moi débiteur du roi de l’île d’Ébènel reprit Camaralzaman avec étonnement. Je ne le connais pas; jamais n’ai eu affaire avec lui, et jamais je n’ai mis le pied dans son royaume. — C’est ce que vous devez savoir mieux que moi, repartit le Capitaine. Vous lui parlerez vous-même; demeurez ici cependant, et prenez patience. ”
Le vaisseau ne fut pas moins heureux à porter à l’île d'Ébène le prince Camaralzaman qu’il ne l’avait été à l'aller prendre dans la ville des Idolâtres. Quoiqu'il fût déjà nuit lorsqu'il mouilla dans le port, le capitaine ne laissa pas néanmoins de débarquer d’abord et de mener Camaralzaman au palais, où il demanda à être présenté au roi.
La princesse Badourah qui s'était déjà retirée dans le palais intérieur ne fut pas plutôt avertie de son retour et de l’arrivée de Camaralzaman, qu’elle sortit pour lui parler. D'abord elle jeta les yeux sur le prince Camaralzaman, pour qui elle avait versé tant de larmes depuis leur séparation, et elle le reconnut sous son méchant habit, Quant au prince qui tremblait devant un roi, comme il le croyait, à qui il avait à répondre d’une dette imaginaire, il n’eut pas seulement la pensée que ce pût être celle qu’il désirait si ardemment de retrouver. Si la princesse eût suivi son inclination, elle eût couru à lui et se fût fait connaître en l’embrassant ;