‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 182 sur 269 · NIADAIVIE DE LAMBALLE EN · texte numérisé non relu

NIADAIVIE DE LAMBALLE EN

Dessin Daiiloux. j^ravure de Ruolte

Bibliolhf'quc Nalioiialc. Cabinet des Eslaiiipcs.

elle ne laissa rien paraître, sauf que, se reprochant peut-être, au dernier moment, de s'être méfiée d'une amie fidèle, elle « lui dit un adieu prononcé d'un ton plus tendre que de coutume ». Mais ce fut si bref, si peu apparent, que W" de Lamballe ne s'en souvint qu'après la fuite \

Certes, Marie-Antoinette avait commis une faute en abandonnant la princesse et une mauvaise action en ne l'avertissant pas de son départ; mais elle ne prit avec elle que trop de monde et « tous les devoirs réunis " » lavaient empêchée d'aviser ses serviteurs les plus fidèles. Elle avait gardé le secret vis-à-vis de tous. Madame Elisabeth, elle-même, ne fut prévenue qu'au dernier moment. La reine avait été trahie tant de fois, elle avait tant à se plaindre du duc d'Orléans, qu'on la peut excuser de n'avoir pas tenu au courant de ses projets la belle-sœur du prince. Ce n'est point qu'elle mît en doute l'afTection de son

1. Cf. Marquis de Clermonl-Gallerande. Mémoires particuliers pour sentir à Ihistoire de la Rcvolulion.

2. Marie-Antoinette à la comtesse d'Ossun. [Arch. de Seine-et- Oise). citée dans la Revue des sciences morales de Versailles, par M. Couard, archiviste paléographe.

amie, mais elle la savait frivole, elle craignait une involontaire indiscrétion et redoutait, aussi bien, pour elle, pour le roi et pour ses enfants, la présence, j)endant le voyage, d'une femme nerveuse, peu maîtresse d'elle-même et incapable, en cas d'arrestation, « de répondre à des questions captieuses et embarrassantes » ',

M"^ de Lamballc ne Tentendait pas de la sorte. Après le premier mouvement de stupeur, elle n'avait pu cacher son irritation contre la reine. Mais il ne servait à rien de se plaindre ni de récriminer ; il fallait partir sur-le-champ, au plus vite, ne pas attendre que la fuite du roi fiit connue dans Paris. Il n'y avait, dans la maison de Passy, que des voitures et des chevaux de ville -. 11 n importait ; on donna Tordre d'atteler. Personne n'avait d'argent ; la princesse pria M""" Guidon % sa femme de chambre, de lui avancer tout ce qu'elle avait, M'"" de Lagc fit la même demande à M"^ Le Roy

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