‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 248 sur 269 · Cf. Arch. nat. T&o · texte numérisé non relu

Cf. Arch. nat. T&o

Il est certain que, lorsque la princesse et les dames qui étaient avec elle arrivèrent à la Petite Force, on leur fit remplir une seconde fois les formalités de l'écrou, mais cela ne veut pas dire, comme l'a écrit M. Lucien Lambeau dans une remarquable brochure {Essais sur la mort de la princesse de Lamballe), que la princesse ne soit pas entrée par la petite porte de la rue des Ballets, ainsi que l'ont rapporté deux témoins oculaires. M'""' de Tourzel et de Béarn.

3. La Petite Force était élevée de trois étages et, des récits de M°"> de Tourzel et de sa fille, il ressort que la princesse de Lamballe était logée au deuxième ou au troisième.

raiit qu'on la laissât auprès de sa mère. Les geôliers furent « inexorables » et la conduisirent dans un « cachot humide », exactement situé au-dessous de celui où avait été internée M^Me TourzeP.

En arrivant à la Force, les prisonnières, exténuées de fatigue et de chaleur, avaient demandé à boire. Le guichetier vint apporter à chacune une cruche d'eau. « Cet homme était un fort bon homme ». 11 essaya de les rassurer, et quand, à six heures du soir, il retourna dans les cellules avec le souper, il laissa son chien à Pauline de Tourzel qui redoutait de passer la nuit toute seule.

Le même jour, à sept heures, Manuel, procureur de la Commune, se présenta dans le cabinet de M™* de Lamballe. 11 sortait de chez M"^de Tourzel; il avait été si ému du désespoir de la malheureuse enfant, qui ne se pouvait consoler d'être séparée de sa mère, qu'il avait des larmes dans les yeux. C'était un homme à principes, une sorte d'idéologue haïssant les rois et les aristocrates, mais assez enclin

I. Cf. Comtesse de Béarn. Soui/enirs de quarante ans et Mémoires de M""" de Tourzel.

à se montrer pitoyable ii leur égard. Il le prouva bien car, étant revenu, le lendemain matin à sept heures, il fit monter Pauline dans la chambre de la marquise de Tourzel et, comme celle-ci le remerciait, mais insistait aussi pour être réunie à la princesse de Lamballe, il sembla hésiter un instant, puis, promptement, grondant presque, et comme à regret :

« Je le veux bien, dit-il, je prends tout sur moi 1 ' »

Un moment après, les trois femmes se trouvaient dans la cellule de la princesse. C'était une grande consolation pour elles. Elles s'organisèrent comme elles purent dans le « logement incommode » de leur « prison horrible » . M"* de Lamballe se montrait « douce, bonne et obligeante » envers M""^ et M"^ de ïourzel. On parlait du passé. La surintendante avait toujours été frivole et se permettait encore, à quarante-trois ans, « des enfantillages qui lui faisaient tort" ». Au contraire, la marquise de Tourzel avait été choisie,

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