CHAPITRE II LOUVECIENNES
Il y avait à peine un peu plus d'un an que le prince de Lamballc était marié, lorsque, à la suite d'une opération douloureuse, il fut transporté dans un état désespéré au château de la Machine^, à Louveciennes. On était au milieu d avril : le petit jardin qui s'étendait, tout en longueur-, sur un
1. Edifié par Louis XIV, pour l'ingénieur Arnold De Ville, ù quelques mètres des tuyaux delà machine de Marly, sur des terrains que le roi avait acquis du marquis de Beringhein en échange de lachatellenie de ïournon, en Brie, {Arch. nat. O' 3.918 et O' 3.873.) le château de la Machine, domaine inaliénable de la couronne, fut donné, en 1708, en jouissance à M"« de Clermont. A la mort de M"o de Clermont, la comtesse de Toulouse reçut, en échange du château de Bue qu'elle rendit au roi. le don viager de Louveciennes. (Cf. Duc de Luynes, Mémoires sur la Cour de Louis XV, 3o août 174 i-)
Ce château existe encore. C'est une simple maison carrée ù laquelle on a ajouté une aile. Il a été respecté par ses divers propriétaires, mais on y retrouve, à l'intérieur, davantage le souvenir de M"» Du Barry que celui de la princesse de Lamballe. Il appartient aujourd'hui à M"° de Sartiges. Le vicomte de Sartiges a bien voulu me faire visiter le pavillon dans tous ses détails. Je lui en exprime ici toute ma reconnaissance.
2. Il était long de 200 toises, large de 3o (soit environ 400 mètres sur 60). Au-dessous, et à très peu de distance du pavillon, se
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coteau à pic dominanl la Seine, était rempli de fleurs ; les ormes de Tavenue commençaient à verdir ; les châtaigniers ^ des collines voisines étaient couverts de jeunes pousses : la campagne tout entière renaissait dans la joyeuse clarté des premiers beaux jours.
Dans la chambre principale' du petit château, le prince était couché, souffrant avec une telle violence que ses plaintes ^ coupaient lamentablement le bruit monotone,
« Les cflbrts redoublés et les gémissemenls ' » de la machine de Marly tout proche. A côté de la
Irouvaicnl les forges et les fonderies nécessaires à rentretien delà machine. Entre ces bâtiments et la maison, il y avait un grand puisard et, dans le jardin, divers bassins destinés à recevoir le tropplein des eaux et auxquels il était défendu de toucher. (Cf. Vatcl. ^/rae Du Barry.)
Après la Révolution, Louveciennes fut divisée en deux propriétés distinctes : Tune, où se trouve le pavillon construit, par Ledoux, pour M"» Du Barry, garda le nom de Louveciennes, l'autre, celle qui nous intéresse, fut appelée le château Du lîarry. MM. Laflite, Bowes et Goldschmidt, propriétaires successifs du château Du Barry, en ont agrandi les jardins qui descendent maintenant jusqu'au bas du coteau, de l'autre coté de la Seine. (Communication de M. de Sartiges.)