Commission du Vieux Paris
4. Cette construction avait été faite en 1767, date confirmée par une inscription retrouvée par Guilhermy. Inscriptions de l'ancien diocèse de Paris, tome I^'.
RAMBOUIT.LET 87
tueuses façades de briques du xvii^ siècle, mais n'avait heureusement pas touché à Féglise, inaugurée par saint Louis et Blanche de Gastille. Cette église était du style ogival le plus pur ; elle semblait un prestigieux assemblage d'espaces vides, à peine encadrés par une carcasse solide. Deux rangées de vitraux formaient les murs. Des tableaux nombreux, des stalles d'un beau travail de menuiserie, une chaire en fer forgé, chef-d'œuvre du serrurier Poitevin, la décoraient et l'on admirait, dans le chœur, les tombeaux de M""" de Bourbon-Condé, la précédente abbesse, de M""' de Montfort et de deux filles de Charles V, les princesses Jeanne et Bonne de France '.
Cest dans le chœur de cette église que les sœurs venaient prier et qu'elles chantaient l'office grégorien ; jour et nuit, d'eux d'entre elles se tenaient à genoux, en adoration devant l'autel, sous un ample capuchon de laine blanche, qu'on appelait la coule. Il y avait, au couvent, une ving-
I. Cf. Piganiol de la Force. Description historique... op. cit. F. de Guilhermy Itinéraire archéologique de Paris. H. Bonnardot. L'abbaye royale de Saint-Antoine..., op. cit., etc.
taine de cisterciennes. Douze converses ', vêtues de robes brunes, s occupaient des détails matériels, ce qui n empêchait point 1 abbesse d avoir un nombreux domestique ■. Les revenus de 1 al>baye s'élevaient à 70.000 livres environ '. Le prix ordinaire de la pension était de 55o livres pour les « dames retirées » ' et de 4 00 livres pour les « jeunes pensionnaires »".
M""® de Lamballe « admit, dans son intimité, plusieurs des demoiselles qui se trouvaient au couvent en même temps qu'elle *^ et ne cessa de leur témoigner, dans le monde, le même intérêt et les mêmes bontés » '. Son séjour à Saint- Antoine fut de courte durée " et, fort probablement % elle