Peltier. Dernier tableau de Paris, Londres, 1794,1. II
8. Fortaire. Mémoires pour servir à la vie de M. de Penthièvre.
9. Il a été impossible de déterminer combien de temps M°"> de Lamballe demeura à Saint-Antoine-des-Champs. Les comptes de
en était sortie quelques mois à peine après la mort de son mari, lors du mariage de son frère \ictor de Garignan avec Joséphine de Lorraine \
Douloureusement meurtrie, mais à un âge où les larmes se tarissent vite, la princesse s était réfugiée dans un couvent, plus par bienséance que par conviction. Aimant les plaisirs, de nature exubérante et de caractère frivole, elle n'était point faite pour les austérités du cloître. Certes, dans ces sortes de retraites volontaires, il était permis d'aller chez ses amis et de recevoir des visites, mais devait-on encore se plier à une règle, assister à certains offices. On prêchait aux religieuses Thumilité et M^MeLamballe était coquette. On disait, avec François de Sales, qu'il fallait, étant veuve.
l'abbaye nous ont bien été conservés ; ces comptes étaient tenus avec minutie, rien n'était oublié, pas même les 20 livres par mois que rapportait aux religieuses, la « fiante » de leurs pigeons : malheureusement les pensions étaient comptées directement à l'abbesse, laquelle en versait le montant au trésorier Aubier ou à la sœur économe qui portaient sur leur registre : Ret-u de Madame, sans autre indication. Une seule fois, dans les nombreux cartons conservés aun Archires nationales, le nom de la princesse est men tienne et c'est pour le paiement d'un peu de fumier, vendu par son postillon aux religieuses.
I. Ce mariage fut célébré à Paris le i3 octobre 1768 [Gazette de France).
go LA PRINCESSE DE LAMBALLE
se glorifier de « n'être rien », ressembler aux violettes, a petites fleurs et basses, de couleur non guère éclatante, mais souèves à merveille » ' et Ton se peut bien douter que la princesse n'avait pas renoncé à attirer sur elle les yeux du monde. Aussi, quand le duc de Penthièvre, qui ne se pouvait consoler de la mort de son fils unique, vint demander à M"''' de Lamballe d'aller avec lui, elle quitta le couvent sans qu'on fût contraint de lui faire violence \
Comme il eût été malséant de retourner si tôt à l'hôtel de Toulouse, c'est au château de Rambouillet ^ qu'ils s installèrent. Ce château, situé, loin de Paris et de Versailles, au milieu des bois et des eaux, était encore un lieu de retraite. On y accédait par une longue avenue, bordée de châtaigniers sur quatre rangs '. A gauche, dans une