‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 7 sur 269 · Contrat de mariage. .. loc. cit · texte numérisé non relu

Contrat de mariage. .. loc. cit

2. Cf. Registro de cerimoniati di Corte et Relation du cérémonial... loc. cit.

3. Son porli'ait a été reproduit par Litta [Famiglia celebri italiane) et son buste se trouve ù l'ég'Iise du noviciat des Jésuites, à Rome.

dernier fils du roi de Sardaigne, suivait son neveu. C'était un jeune homme malingre, à Tair mélancolique. « Sa physionomie et le ton de sa voix annonçaient une poitrine attaquée » '. Beaucoup plus jeune que ses frères du premier lit, ayant coûté la vie à sa mère, Elisabeth de Lorraine, Tisolement dans lequel il avait vécu expliquait les inégalités de son caractère et la biz£irrerie de son humeur. Pour le divertir, son gouverneur, le comte de Géru, avait imaginé toutes sortes d'amusements — foires, mascarades, goûters — qui avaient égayé un peu l'enfance de Marie-Thérèse de Carignan -.

Après la famille du roi, le père et la mère de la mariée vinrent donner leur signature. Le comte de Choiseul signa pour le duc de Penthièvre et le prince Victor de Carignan pour le prince de Lamballe. La princesse Marie-Thérèse s avançait. Mais la plume ne lui fut pas présentée, l'étiquette exigeant qu'elle la vint prendre elle-même à l'écritoire.

1. Cf. Lettre de Choiseul ù son ministre, 17 décembre 1766. Arch. du ministère des Affaires étrangères. Italie, 24t).

2. Cf. MaxBruchet. La Cour de Turin au milieu du XVIIl^ siècle^ op. cit.

l8 L\ PRI>'CESSE DE LAMRA.LLE

Quand tout le monde eut signé — témoins, ministres, chevaliers de TAnnonciade, sur une table « placée dans un passage aboutissant au cabinet du roi » — Charles-Emmanuel III se leva et passa, suivi de toute la Cour, dans la galerie Daniele. L'ordre du cortège avait été prévu minutieusement par le marquis de Caratour, premier gentilhomme de la chambre et le chevalier Piozzo, maître des cérémonies. Après le roi et la famille royale, marchaient les princes et princesses de Carignan, puis le baron de Choiseul. Venaient ensuite les grands colliers de FOrdre, le marquis de Sales, le comte de Tournon,le comte d'Apprémont qui portait de gueule à la croix d'or, les marquis d'Aux et de Saint-Thomas, le baron de Blomay, dont la manière de vivre ne justifiait guère la devise enroulée autour du lion d'or de son écu : « Toutes servir, toutes honorer, pour l'amour d'une' )),le comte d'Alery, TapparcUo de Ginola, Bricherasio. Le comte de Viry, ministre des Affaires étrangères, venait de mourir. Son dévoué secrétaire, le che-

t. Cf. de Foras. Armoriai et nobiliaire de Safoie, op. cit.

valier Raiberti, le remplaçait ; il avait auprès de lui les comtes de Torra Palma et de Khevenhùler Metsch, ambassadeurs d'Espagne et d'Autriche Puis, la noblesse « suivait sans rang », encore que des places spéciales eussent été assignées au comte de Malines, aux chevaliers de Scény et Scorria '. Au milieu de la galerie Daniele, longue salle fastueusement décorée dans le goût de Fépoque, un autel avait été dressé, au pied duquel se tenait le grand aumônier du roi, Monseigneur Victor- Amédée délia Lanze, entouré de ses chapelains. Deux coussins carrés, « plus grands que jamais », avaient été placés devant Fautel. Le prince Victor de Carignan s'agenouilla sur celui de droite, sa sœur, Marie-Thérèse, sur celui de gauche. Puis, les témoins s'avancèrent : c'étaient les deux plus anciens chevaliers de l'Annonciade, le prince Emmanuel de Valgnarnera et le comte Gaucherano délia Roca. Le cardinal délia Lanze s'assit sur son siège. Il adressa aux mariés un bref discours et posa les questions du rituel. Le prince Victor « fit

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