Mémoires du duc de Choiseul
avait accoutumé de répéter qu'il « valait mieux supporter la courtisane que d'avoir une reine ' » Cependant, la faveur de M'"'' Du Barry ne cesse d'augmenter. En décembre, le roi Finstalle à Versailles, dans les six pièces laissées libres pai* la mort de Lebel ^ et, au moment oiî il déclare le mariage du duc de Chartres avec M"" de Penthièvre, il annonce que la comtesse Du Barry va être présentée à la Cour. Mesdames s'aperçoivent alors qu'elles ont laissé prendre, par cette « fille de rien », sur le roi, dont le caractère est semblable à a une cire molle sur laquelle tous les objets peuvent se tracer' », un tel ascendant qu'il oublie, avec elle, jusqu'au souvenir de ses maîtresses passées. Les filles de Louis XV avaient toujours soutenu le parti Maupeou en mémoire du dauphin, leur frère, et en haine de Choiseul qui avait expulsé les jésuites. Maintenant, elles se rapprochent du ministre qui, effrayé lui aussi, tente de jeter dans le lit royal
1. Mercy à Kaunitz, i'^'' novembre 1768. Correspondance secrète de Mercy avec Joseph II et le prince de Kaunitz, op. cit.
2. Cf. De Nolhac. Le château de Versailles au temps de Marie- Antoinette.