Relation du cérémonial... loc. cit
2. Lettre de Ghoiseul du 14 janvier 176;. Arch. du ministère des ■Affaires étrangères 247.
à deux heures. Le roi se sépara de sa cousine pour lui donner le temps de diner et de se reposer un peu et, après la cérémonie de « vouloir baiser la main et d être embrassée », la princesse, conduite à son carrosse par les ducs de Savoie et de Chablais, partit avec les siens pour le Palais Carignan ^
Ce palais, qui existe encore, est situé, non loin du palais royal, sur une petite place, qu'on appelait alors la place de Son-Altesse-Sérénissime. Une rue, animée à Fordinaire. ce jour-là pleine de monde, la rue jXeuve, y conduisait. Le peuple de Turin aimait les divertissements. Use pressait pour voir passer les voitures . Très attaché à la famille royale, il tenait en particulière vénération les princes de la branche cadette. Les Garignan étaient de valeureux soldats. L'arrière-grand-père de Ma-
I. « Tout s'est bien passé, écrit Choiseul le 17 janvier, et a passé mon attente... mais un incident me stupéfia... Pendant que le duc de Cbablaisetle duc de Savoie accompagnaient la princesse à son carrosse, sa mère était descendue avec précipitation par un escalier de service dérobé, puis elle avait fait le tour du carrosse et y était montée la première pour prendre la droite. » Le ministre des Affaires étrangères de France répondit à l'ambassadeur de « considérer comme non avenu le procédé irrégulier de la princesse de Garignan. » (24 février i~C>'.) Archives du tninislère des Affaires étrangères. Italie, 247.
il LA PRINCESSE DE LAMTÎALLE
rie-Thérèse, Emmanuel- Philibert, guerrier sourd et muet, s'était distingué au siège de Pavie ; son grand-père, Victor-Amédée, avait fait la campagne de 1733 ' et tout le monde, en Piémont comme en Savoie, exaltait la mémoire de ses grands-oncles, les princes Thomas et Eugène, qui avaient remporté des victoires sur toutes les routes de 1 Europe. Thomas de Carignan ', sorte de « colosse » actif et inconstant, était devenu un personnage légendaire et, pour le prince Eugène", qui pouvait ignorer qu'en i^oG il avait chassé les 80.000 Français qui assiégeaient Turin et remporté, sur eux, une victoire qui avait décidé du sort de ITtalie ?
En souvenir de cette grande bataille, le roi Victor-Amédée P"" avait fait élever, sur la colline de la Superga, « au-dessous de laquelle passe le Pô et d'où 1 on aperçoit le plus beau tableau dont
1. Cf. sur la famille de Carignan : Barthélémy : Les princes de la Maison royale de Sai'oie; Frézet. Histoire de la Maison de Savoie. L'Etat de la France 1736, t. III, etc.
2. Cf. Ant. Codretlo. Il colosso : historia panegyrica del principe Thomaso di Saooia, i663.
II existe de lui au palais royal de Turin un beau portrait équestre peint par Van Dyck.