‹ La Princesse de Navarre, :Chapitre 24 sur 45 · SCENE CINQUIEME · texte numérisé non relu

SCENE CINQUIEME

morillo, Manchette, guillot*

G U I L L O T tout eflbuflé.

A U fecours, au fecours, ah, quelle étrange aubade! MORILLO.

Quoi donc ?

SANCHETTE

Qu’a-t-il donc fait*

Dans ces jardins là bas*

Eh bien»

Cet Alamir , & ce Monfieur l’Alcade ,

Les gens d’Alamir , des Soldats ,

Ayant du fer partout , en tête , au dos , aux bras , L’Etrangère enlevée au milieu des Gens-d’ Armes ,

Et le brave Alamir tout brillant fous les armes.

Qui la reprend foudain , & fait tomber à bas ,

Tout alentour de lui, nez , mentons, jambes, bras. Et la belle Etrangère en larmes ,

Des chevaux renverfez , & des maîtres deffous ,

Et des valets delfus , des jambes fracalfées.

XOME'D I E - BA LLET. Si

Pes vainqueurs,des fuyards, des cris,du fang, des coups. Des lances à la fois, & des têtes calfees.

Et la tante , 8c ma femme , 8c ma fille , avec moi ,

C’eft horrible à penfer, je fuis tout mort d'effroi.

SANCHETTE

Eh, , n’eft-il point bleffé ?

C’eft lui qui bleffe & tue3 C’efl un héros , un diable,.

MOKILLO.

Ah , quelle étrange iiïùe l Quel maudit Alamir ! quel enragé , quel fou 1 S’attaquer à fon maître, 8c hazarder fon cou !

Et le mien , qui pis eft -, ah , le maudit efclandre , Qu’allons-nous devenir? Le plus grand châtiment Sera le digne fruit de cet emportement •,

Et moi bien fot aufïî de vouloir entreprendre;

De retenir chez moi cette fiere beauté y Voilà ce qu’il m’en a coûté.

Afiemblons nos parens , allons chez votre mere ,

Et tachons d’afïoupir cette effroyable affaire,

SANCHETTE en s en allant

Ah , Guillot, prends bien foin de ce jeune Q aider ^ Il a ;ort , en effet , mais il eft bien aimable ,

( îi eft fi brave 1

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