‹ La Princesse de Navarre, :Chapitre 39 sur 45 · LE MESME AMOUR · texte numérisé non relu

LE MESME AMOUR

Toi feule es caufa De ce qu’il ofe.

(i) Le fleur D. DUMOULIN, la Demoifelie CAMARGO.

( kn ) U Demoifolle COUPE’E»

( / ) Le fieur JELIOTTE.

(»»)" ta Demoifelie S ALE* ....

Toi feule allumas lès feux.

Quel crime eft plus pardonnable î C’eft celui de tes beaux yeux ;

• En les voyant tout mortel eft coupable,1 LE CHŒUR.

Divinité de cet heureux féjour ,

Triomphe & fais grâce ,

Pardonne à l’audace ;

Pardonne à l’amour.

CONSTANCE

On pardonne à l’amour , & non pas à l’audace. Un téméraire Amant ennemi de ma race.

Ne pourra m’appaifer jamais.

LE DUC DE FOIX

Je connois Ton malheur, & fans doute il l’accable Mais ferez-vous toujours inéxorable ?

CONSTANCE

Alamir , je vous le promets.

LE DUC DE FOIX

On ne fuit point fadeftinée:

Les Devins ont prédit à votre ame étonnée. Qu’un jour votre ennemi feroit votre vainqueur,

Les Devins fe trompoient , fiez-vous à mon cœur.

CO ME' DIE -B A LL ET

LE CHŒUR chante.

On diffère vainement ,

Le fort nous entraîne ,

L’amour nous amené Au fatal moment.

Trompettes & Timbales CONSTANCE.

Mais d’où partent ces cris , ces fons, ce bruit de guerre ?

H E R N A N D arrivant avec précipitation.

On marche , & les Français précipitent leurs pas ,

Ils n’attendent perfonne.

LE DUC DE FOIX

Ils ne m’attendront pas;

Et je vole avec eux,

CONSTANCE

Les jeux & les combats Tour à tour aujourd’hui partagent-ils la terre ’

Où fuyez-vous , où portez-vous vos pas ?

Je fers fous les Français , & mon devoir m’apelle ,

Ils combattent pour vous ; jugez s’il m’eft permis De refter un moment loin d’un peuple fidele ,

Qui vient vous délivrer de tous vos ennemis.

Il fort.

CONSTANCE a Leonor.

Ah Léonor ! cachons un trouble h funefte. l a liberté des pleurs eft tout çe qui me refte.

Elles forùenC

SANCHETTE

Sans ce brave Alamir que devenir helas L MORILLO.

Que d’avantures! quel fracas !- Quels démons en un jour alfemblent des Alcades Des Alamir , des ferenades ,

Dçs Princeffes & des combats !

SANCHETTE

Vous allez donc aulïifervir cette PrincelTe l.

Vous fuivrez Alamir , vous combattrez.

MORILLO

Qui , moi \

Quelque fot I Dieu m’en garde.

Et pourquoi non ?• MORILLO.

Pourquoi î

C eft que j’ai beaucoup de fageflè.

Deux Rois s’en vont combattre à cinq cens pas d’ici ,

Ce font des affaires fort belles ,

Mais ils pourront fans moi terminer leurs querelles 5 Et je ne prends point de parti.

Fin du fécond Afte*

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