I. E PRINCE
Pouvez -VOUS le dire ?
ROSALIE
Si vous l'ordonnez.
LE PRINCE
Je vous en prie.
Madame croit que monsieur ne l'aime pas.
LE PRINCE
Elle vous a prise pour sa confidente?
ROSALIE
Autant qu'une grande dame peut prendre pour conf.dente une paavre fille comme moi. Mais nous autres fertimes nous supposons Irès-naïvenicnt que tous les cœurs de femmes sont faits de même, quelle que soit la dislance.
LE PRINCE
Si bien qu'elle vous a chargée de me surve'.ller.
ROSALIE
De vous surveiller, mon prince ?
LE PRINCE
Moi ou une autre personne.
n LA PRINCESSE GEORGES.
ROSALIE
Je ne comprends pas.
LE PRINCE
Où avez-vous passé la nuit dernière?
ROSALI E.
Oh! monseigneur, pardonnez-moi!
LE PRINCE, se contenant à peine.
Vous avouez donc ?
ROSALIE, baissant la tète.
Je vous dirai tout.
LE PRINCE
Parlez.
ROSALIE
Mais vous ne direz rien à ma maîtresse; elle me chasserait! Elle est si sévère sur la morale! Mais il m'épousera, monseigneur, j'en suis certaine; c'est un honnête homme.
LE PRINCE
De qui parlez-vous ?
ROSALIE
De mon fiancé.
LE PRINCE
N'ous avez un amant?
ROSALIE
Oui, monseigneur.
LE PRINCE
Qu'on nomme?
ROSALIE
Valenlin.
LE PRINCE
l']t qui demeure?
ROSALIE
A Lagny, chemin de fer de l'Est.