ACTE DIÎUXIËME
siî\ erim:.
list-ce que ta mùrc dtait malade?
SYI.VANIIC.
Une fausse alerte, heureusement.
SÉVERINE
Comme les malheurs sont près de nous!
SYLVAME.
Toujours plus près qu'on ne le eruit.
SÉVERINE
Toujours.
SYI.VANIE, bas.
Il y a quelque chose.
A G ÉNOR.
Voire santé est bonne, princesse.
SÉVERINE
Je vous en veux de ne pas être venu le savoir plus tôt.
Il fallait bien que j'eusse à causer avec Sylvanie pour me priver de ce plaisir -et de cet honneur. Vous savez que vous êtes la personne que j'estime le plus au monde.
LÉ PRINCE, à Sjlvanie.
Le retour de votre mari vous va à merveille, comtesse.
SYLVANIE, bas.
Est-ce qu'elle sait quelque chose? (Le prince fait signe que non.) SÉVERINE, a eUe-même.
Il lui a fait un signe.
AGÉNOR
Vous dites, princesse ?
SYLVANIE, bas au prince.
Vous trouverez un billet dans mon manteau.
SÉVERIXE, bas, à elle-mûiue.
Elle lui a parlé, (a Agénor.) Alors vous repartez demain soir?
AGÉNOR
Oui.
SÉVERINE
Avec Sylvanie?
AGÉXOR.
Elle ne veut pas.
SÉVERINE, à ene-iUL'iue.
Que lui a-t-elle dit? (a Agénor.) Et vous revenez bientôt?
AGÉNOR
Je l'espère.
SÉVERINE
Yous ne nous trouverez plus ici.
AGÉNOR
En tout cas, nous aurions perdu pour longtemps le plaisir de vous voir.
SÉVERI>{E.
Parce que?
AGÉNOR
Parce que nous allons être forcés d'habiter la campagne, très-modestement,. pendant plusieurs années peut-être.
SÉVERINE, suivant de l'onl sou mari qui s'éloigne do Sylvanie.
C'est le vrai bonheur.
DE FOND ET TE, à Sylvanie.
Si VOUS saviez ce que je souffre.
SYLVANIE
■ Parce que?
DE FONDETTE.
Votre mari est revenu.
ACTK DEUXIÈME. 47
SYLVAME.
Poiivais-jo prévoir ce retour !
LE PRINCE, à Agônor, devant Séverine.
Mon cher comte, je crois que de Fomlettc fait la cour à la comtesse.
AGÉXOR.
Il a bien raison. Devant moi tant qu'il voudra.
DE FONDE TTE
Voulez-vous êtes bonne?. Voulez-vous me rendre bien heureux ?
SVLVANIE,
Dites.
DE FONDE TTE
La nuit est tiède. Laissez votre chambre éclairée toute la nuit.
SYLVANIE
C'est facile.
DE FON DETTE
Et puis laissez votre fenêtre ouverte... afin...
SYLVANIE
Afin?...
DE FONDETTE.
Afin que moi. qui serai dans la rue, je puisse vous voir jusqu'au jour.
SYLVANIE, à part.
Cœur innocent qui ne craint que la nuit. (Haut.) Je ferai peut-être mieux encore, monsieur, je ferai partir le comte ce soir.
DE FONDETTE.
Mais alors?...
SYLVANIE
Patience.
LE PRINCE, à Séverine.
Je vous remercie de- l'effort que vous avez fait sur vousmême. Vous avez tenu votive parole.
Je la liens toujours. Qu'est-ce qu'elle vous a dit tout bas?
LE PRINCE
Elle m'a demandé si vous saviez quelque chose, parce qu'elle a senti sans doute que vous étiez troublée, et comme je vous avais promis de ne pas lui parler bas, je lui ai fait signe que non, sans parler, puisqu'il est convenu qu'elle ne saura rien.
SÉVERINE
Je sens que tu me dis la vérité. Comme tu m'as comprise! Comme tu es bon pour moi ! Tu vas voir maintenant, je vais
rire. (EUe lui serre la main dans ses deux mains.) Tu pCUX lui parler,
du moment que tu me répètes ce que tu lui dis. 11 ne faut pas non plus qu'elle croie que je suis jalouse, elle serait t:op flère. Et puis je ne le suis plus.
LE PRINCE
A la bonne heure! (Bas en s'«oignant.) Galanson a raison. Il y a vraiment là une femme. Ah ! je suis bien coupable. Quelle puissance a donc l'autre?
SEVERINE, à sa mère, avec gaielé.
Eh bien, chère maman, qu'est-ce que vous avez? Voire
whist vous manque. (EUe rembrasse.)
MADAME OE PÉRIGNY
Tu es conlenle, toi?
SÉVERINE
Très-contente.
MADAME DE PÉRIGNY
Ce n'est plus comme ce matin.
SÉVERINE
J'ai suivi vos conseils.
MADAME DE PERIGNY.
Es-tu décidée ii les suivre tous?