‹ La princesse Lointaine; La Samaritaine. Illustrations en couleurs et en noir, dans le texte et hors texteChapitre 18 sur 118 · UN HÉRAUT · texte numérisé non relu

UN HÉRAUT

Les portes d’or s'ouvrent. Mélissinde paraît, revêtue d’une lourde chape surchargée de picrreries de toutes sortes, le front ceint d’un tressoir de perles. Autour d’elle, des enfants portent des gerbes de lys.

PREMIER PÈLERIN C’est elle!

DEUXIÈME PÉLERIN

Oh! quelle grâce inattendue elle a!

TROISIÈME PÈLERIN

Dans les perles de l’Inde et les lys, voyez-la! QUATRIÈME PÈLERIN

Oui, les récits qu'on fait d’elle sont véridiques Elle efface les lys et les perles indiques!

PREMIER PÈLERIN

Telle Hélène, quand les vieillards causaient entre eux!

MÉLISSINDE, du haut des marches.

Aiïnsi, vous reverrez la France, gens heureux!

Ainsi, vers votre nef, vous croirez que s’avance, Bientôt, dans un brouillard bleuâtre, la Provence!

Je vous envie! Hélas! je suis comme ces fleurs

Qui, naissant sous des cieux qui ne sont pas les leurs, Et devinant au loin qu'elles ont des patries,

Peuvent sembler fleurir, mais se sentent flétries!

Elle descend quelques marches.

Vous verrez, sur la mer, le sol natal qui point! — Moi, ma vie est d'aimer en ne connaissant point, Et d’avoir des regrets, sans une souvenance.

Elle descend une dernière marche et s’avance entre les pèlerins. Mais déjà, comme il sied aux chrétiens en partance, Vous avez tous cueilli la Palme.

Prenant des lys aux mains des enfants.

Voulez-vous

Chacun joindre à la palme un lys fragile et doux, Etoletrarder tceuvSMreliquembientiégère Pour vous remémorer la française étrangère?

Elle leur distribue les Îvs

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