LAN PR INAESS ET ONCE
De tous ces vains cailloux, de tous ces riches riens, Manteau, fardeau, sous quoi je plie et deviens blême, O somptueux manteau, tu me sembles l'emblème : D'un autre que je porte et qu’on ne peut pas voir Et qui me pèse encor, Elle le laisse glisser de ses épaules à terre. quand Jje.t'ai laissé choir!
Elle émerge dans une gaine blanche. Sorismonde ramasse le chape. Elle lui tend aussi sa couronne.
Prends mes perles aussi, tout ce qui me déguise. Ouf! :
De quelques lys prestement arrachés à la gerbe, elle se coiffe. Me voici coiffée à peu près à ma guise, De quelques fleurs encor perlières de la nuit! Se jetant dans le fauteuil.
Oui, tu sais bien que je suis bonne par ennui!
Un temps.
Au fait, est-ce bien par ennui que je suis bonne? Non, c'est par intérêt qu'aux pèlerins je donne Mes plus beaux Ilys avec de touchantes façons.
SORISMONDE
Et qu'attendez-vous d'eux, Madame?
MÉLISSINDE
Des chansons!
C'est grâce à la chanson d’un de ces pauvres hères Que je suis aujourd’hui la plus chère des chères, Celle qu'aime Joffroy Rudel le Troubadour D'un si miraculeux et si célèbre amour!
Oui, ce poète à moi que j'ai là-bas en France, Commença de m’'aimer au bruit d’une romance, Et tu sais combien plaît à mon cœur isolé Cet amour dont la gloire a jusqu'à nous volé! . Combien, dans le médiocre où vivre nous enserre, Le sublime de cet amour m'est nécessaire!
Avec un geste vers la fenêtre.
Eh bien, ces pèlerins, en France, ils s’en iront Dire partout, de moi, de mes yeux, de mon front, Des choses qui feront rêver les jeunes hommes...
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MÉLISSINDE. — Oui, dans mes grands jardins, pâles lunairement, J'écoute murmurer la brise entre les myrtes….
L À PRINCE SISDMNL ONSNEPPTENSE
SORISMONDE
Et Rudel le saura. Voilà comme nous sommes!
MÉLISSINDE
Et peut-être, en eftet, Rudel le saura-t-il :
Et c’est une facon, pour mon âme en exil,
De correspondre un peu par-dessus la mer vaste Avec mon amoureux.
SORISMONDE C'est une façon chaste.
MÉLISSINDE
Oui, je veux l’exalter toujours plus dans l’orgueil De m'adorer ainsi. Voilà pourquoi l'accueil
Que j'ai fait à ces gens. Ma bonté n'est pas grande, Non, mais tout simplement je soigne ma légende!
SORISMONDE
Vous voici de nouveau toute à ce rêve vain.
Moi, j'aimerais Rudel, mais il faudrait qu'il vint!
MÉLISSINDE Mais j'aime son amour, j'aime son âme, j'aime. SORISMONDE
Je ne comprends pas bien. Si par un stratagème De sorcier, si par un anneau de magicien, Vous pouviez voir d'ici quel visage est le sien
MÉLISSINDE Tu veux des sentiments trop nets.
SORISMONDE
Et vous, trop vagues.
Que n’avez-vous un tel anneau parmi vos bagues! Mais votre esprit se plaît dans un doux errement...
MÉLISSINDE
Oui, dans mes grands jardins, pâles lunairement, J'écoute murmurer la brise entre les myrtes;:
Je vais voguer sur l’eau glauque et lisse des Svrtes, Où ma belle galère aux flancs ornementés
Mire le jour des fleurs et le soir des clartés;
Et puis, du son des luths que le plectre suscite