LEA SA MAR 'EAIÇATONTE
ISAAC
Mon fils, que ton ombre soit fière!
C'est toi l’ouvrier qu'il voulut
Pour creuser le puits de salut
Où le blème avenir va boire:
Et c'est si beau, que l’honneur seul
D'être ton père ou ton aïeul
Fait qu'on sent soudain son linceul
Se draper en manteau de gloire!
A ce moment, le théâtre se remplit d’ombres.
JACOB
Mais voici tous ceux qui, depuis Que ma main plus jamais ne puise, Sont venus puiser à ce puits!
Une ombre, et puis une ombre, et puis Une longue file indécise D'ombres, qui, lente, a sinué, Pour venir, saintement éprise, Baiser cette margelle grise!
Toute la Tombe a remué Je vois Joseph et Josué.
ABRAHAM
Ombres dont tressaillent ces routes.
Tombez à genoux, toutes, toutes, Devant la Citerne d'amour!
Une lueur à l'Orient.
Mais voici que déjà le jour À doré la: ville et sa. tour.
Nos formes vont être dissoutes!
JACOB
Et bientôt il ne restera
Des trois ombres qui furent là Que trois blancheurs diminuées,
Trois grandes barbes voltigeant,
Puis trois petits flocons d'argent Qui fondront comme trois buées!
ISAAC
Une foule vient du lointain C'est le peuple samaritain
Por RTE ER EATBIL AE AQU
ABRAHAM. — Ombres dont tressaillent ces routes. Tcmbez à genoux toutes, toutes.
LA S A MAR TTVANIENSE
Qui, dans le secret du matin, Vient s’entretenir de ses craintes.
ABRAHAM
Ce sont les hommes dé Sichem Qui viennent éclater en plaintes Et parler, sous les térébinthes, De leurs haines jamais étemtes Contre Rome et Jérusalem!
JACOB
Disparaissons à leur approche!
Et vous, choses, témoins rêvants, Terre aux souvenirs émouvants, Ciel dont les astres sont savants, Monts sur lesquels à chaque roche La robe du Passé s'accroche,
Et toi, puits que creusa ma pioche, Vous qui venez d'ouir, fervents, Comment, lorsque déjà les vents Propagent les pas arrivants
D'un second Moïse plus tendre, Comment les morts savent l’attendre, Maintenant vous allez entendre Comment l’attendent les vivants!
Ils s’évanouissent et, dans les premières clartés, entrent les Samaritains.