‹ La princesse Lointaine; La Samaritaine. Illustrations en couleurs et en noir, dans le texte et hors texteChapitre 74 sur 118 · PA SAME AR UETEMNIENEE · texte numérisé non relu

PA SAME AR UETEMNIENEE

Et que la sauterelle y tombe, avec son bruit! JACQUES, de même.

Que la nielle sur. l’arbre abolisse le fruit,

Ourque lemverwlattaquerau-tond delanréservel

ANDRÉ, de même.

Et que la femme avorte et que l'homme s'énerve! Qu'ils connaissent toutes les soifs, toutes les faims! Que tous leurs ennemis viennent sur leurs confins, Etquiltné restérrien dé-leurs .villés (rasées|

PIERRE Que jamais, jamais plus, sous les bonnes rosées, Vous ne vous incliniez et vous ne murmuriez, Citronniers, amandiers, grenadiers et muüriers! Que jamais plus sous les fruits lourds l’arbre ne crie! JÉSUS Les bénédictions de Dieu sur Samarie!

Il descend.

PIERRE Quoi, Rabbi? Mais ces mots de toi, que je retins « Évitez les Gentils et les Samaritains.

Ne prêchez qu'aux brebis d'Israël! »

ANDRÉ Oui, toi-même,

Tu paraissais haïr ces païens!

Jenles "aime.

PIERRE Je te les entendis cependant prononcer, Ces paroles. Pourquoi?

JÉSUS

C'était pour: commencer.

Vous n’aviez pas encore assez large poitrine Et je ne pouvais toute y loger ma doctrine.

Si je vous avais dit d'aimer jusqu'aux Gentils, Vous vous seriez scandalisés, mes chers petits. Pouvais-je sans danger, dans votre ombre première, Faire entrer brusquement tout mon flot de lumière? A vous, faibles, verser d’un coup tout mon vin fort? Non, certe, et c’est pourquoi j'étais prudent d’abord :

TER PAMAICEEREMPTeAl PB: L'E AU

Jésus. — Les bénédichons de Dieu sur Samarie!

Je filtrais le rayon, je mesurais la dose, Je n'osais tout livrer. Mais voici l'heure. J'ose.

ANDRÉ

Quoi! de n'être pas Juif, cela n'empêche rien! JÉSUS

Élisée à guéri Nahaman le Syrien.

Quoi! nous devons aimer ces gens de Samarie?

JÉSUS Et vous les aimerez, puisque je vous en prie.

PIERRE Que nous demandes-tu, Rabbi?

JÉSUS

D'être parfaits.

On se sent allégé quand on porte mon faix.

Portez-le. Chérissez le prochain.

PIERRE Ce qu'on nomme Le prochain, est-ce donc un vil païen?

JÉSUS Un homme, Qui de Jérusalem allait à Jéricho, Rencontra des voleurs. On le frappe, on le blesse, Ses cris demeurent sans écho Et, le croyant mort, on le laisse.

IPmestéplussquune plains it Le sang fuit de son corps comme le vin d'une outre. Passeæuineprètre ll voitelà ce corps ce Solbroust TRpDaSSCROnEre Passetunrlévite. sl voit cet œil 'oumeurtele toute Il passe outre, à son tour.

Passe un Samaritain. [Il voit la pauvre tête JS Arrète, Il saute de sa mule; il s’empresse; en versant Du baume mêlé d'huile, il étanche le sang; Il prend doucement sous l’aisselle L’agonisant, Puis il le monte sur sa selle, Le «porte à l'abri, “le descend, Le fait coucher, le veille encore, Et le lendemain à l'aurore, Ayant mandé les hôteliers Et leur ayant donné d'avance Deux deniers, Il leur dit : « Je m'en vais. Mais, pendant mon absence, Qu'on en prenne soin, qu'on le panse; A mon retour, je compte..bien Payer le surplus” de” dépense EtNpUISEURS ETHEMNe ACCRA — Voulez-vous maintenant me dire, en conscience,

RE 24. — a

PORTEMBI ERNTEAB;-L.E7AIU

Jésus. — Il saute de sa mule; il s'empresse; en versant Du baume mêlé d'huile, il étanche le sang.

Du malheureux mourant délaissé comme un chien, Lequel, par sa conduite, Fut vraiment le prochain, IECRDretrE MINE rte Ou le Samaritain?

PIERRE Mais...

JESUS Avez-vous compris?

JACQUES CérIEL JEAN, à Jésus, le guidant vers la margelle du puits.

Assieds-toi. Respire.

Les chemins furent longs et pierreux.

ANDRÉ | Étuletpire C'est qu'on dit les voleurs terribles, par là-bas. Un surtout. Je ne sais plus son nom...

JÉSUS, doucement.

Barabbas.

JEAN, s’agenouillant près de lui.

Tu t'es interrompu pour demander la route Quand tu nous expliquais — continue, on écoute! — La Fable de celui qui semait son terrain.

JÉSUS, souriant.

Que faut-il expliquer? | JEAN

Qu'est-ce que le bon grain?

JÉSUS C’est celui que je sème.

PIERRE, s’asseyant à ses pieds.

Et le champ?

C'est le monde.

ANDRE, de même.

La moisson?

JÉSUS

C'est tous mes élus, la moisson blonde.

ARRETE RARE PSE rASUI

Jésus. — Hommes de peu de foi, cherchez tout seuls des vivres.

JACQUES, de même.

L'autre grain?

JÉSUS

C’est celui que sème le méchant Qui, dès que vous dormez, vient vite dans le champ. BARTHÉLÉMY, de même.

Les moissonneurs, enfin, Maître?

JÉSUS CemSont les Rance Car c'est là-haut, mes chers épis, que sont les granges! PIERRE Je ne dormirai plus pour garder la moisson!

JÉSUS Tu dormiras encore. — Et de cette leçon

Retenez bien surtout qu'il faut que l’on tolère. Aussi n'arrachez pas l’ivraie avec colère,

LA SAM VARRAEIPANENEE

De peur que vous n’alliez, dans lé même moment, En arrachant l'ivraie arracher le froment.

NATHANAËL, avec une gourmandise triste. ‘ Le froment!.. Ça sent bon, quand on vient de le moudre! J'ai faim.

JÉSUS

Demande au ciel qu'il laisse se résoudre Ce nuage qui passe en manne au goût de miel!

PIERRE ÉtALUMErOIS 2...

JÉSUS

Mais oui. Toi, Pierre, demande.

PIERRE

Au ciel?

JÉSUS Oui.

Et la manne, alors, pleuvra?…

JÉSUS Blonde et friande.

PIERRE Mais...

JÉSUS Demande.

PIERRE Pourtant.

JÉSUS Demande.

PIERRE

1e JÉSUS Demande.

PIERRE, sans conviction.

Ciel, fais pleuvoir sur nous ce miel aérien Qui plut sur les Hébreux, jadis.

Un temps.

[nes Diettenen

PERSPAVIRTEE ENTREE L'EAU

JÉSUS

Parce. qu'à ta demande il se mêlait un doute. Si vous aviez la foi, si vous l'aviez bien toute, Vous diriez à ce mont : « Marche, énorme rocher! » Et le Mont Garizim se mettrait à marcher.

Hommes de peu de foi, cherchez tout seuls des vivres. Moi je vais lire ici, — dans d'invisibles livres. . AlIRZtous “#Pierre André Jacques Nathanaël Judas.

Is s’éloignent. — Jésus à Pierre, qui sort le dernier, tout déconfit.

OuvrPierremuneiour Hé Nansetdesmonmcorel T'ayant rassasié du vent de leurs écharpes, Te désaltéreront d’un murmure de harpes; L'âme se nourrira de soufflets et d’accords!

En attendant, cherchez la pâture du corps!

Les disciples se dirigent les uns vers la ville, les autres vers les champs. Jésus reste seul. Je suis las! Il le faut! Il faut, sans fin, que j'aille, Et que soit, pour mes mains, griffante la broussaille, Et, pour mes pieds, que les cailloux soient aiguisés! Mais le salut jaillit de mes membres brisés Comme le vin des grains écrasés de la vigne:

Et, cette lassitude heureuse elle ést Jénsigne Qu'ici va s’accomplir quelque chose de bon Car toujours, Ô mon Dieu, de ton fils vagabond Chaque fatigue aura quelque suite divine, Et je sens, puisque ainsi je souffre, je devine, Puisque d’épuisement je suis presque mourant, Que quelque chose ici va s’accomplir de grand! Les rayons tombent droit; voici la sixième heure. — Un chant de flûte vient dans le vent qui m'efleure. Une femme. . Elle sort de» Sichém.. D'un.pas "lent, Éllémvient Elle-vient auvpuits- L'air, est "brüulant*

Il s’est rassis au bord du puits.

Même, elle est assez près déjà pour que je voie PentubleScolhendor mia Cémtirende#soie, Etales yeuxrabaissés sous le long Voile Sombreux Que de beauté mon Père a mis sur ces Hébreux! — J'entends tinter les grands bracelets des chevilles. Voici bien, Ô Jacob, le geste dont tes filles Savent, en avançant d'un pas jamais trop prompt, Soutenir noblement l’amphore sur leur front.

L'A SPAM ANRT ETEART ANSE

Elles vont, avec un sourire taciturne,

Et leur forme s'ajoute à la forme de l'urne,

Et tout leur corps n’est plus qu'un vase svelte, auquel Le bras levé dessine une anse sur le ciel!

A ce moment, la Samaritaine paraît en haut du sentier.

Immortelle splendeur de cette grâce agreste!

Jennetpeuxtmeniassermde admirer pcemgeste Solennel et charmant des femmes de chez nous, Devant lequel je me mettrais presque à genoux Énmpensantiquencéstiavecrcengceste, «Aebmièime, Que, jeune, obscure et douce, ignorant que Dieu l'aime, Et n'ayant pas reçu dans un grand trouble encor La Salutation de l'ange aux ailes d'or,

Ma mère allait porter sa cruche à la fontaine. Elle a beaucoup péché, cette Samaritaine,

Mais l’urne, dont a fui le divin contenu,

Se reconnaît divine à l’anse du bras nu!

— Elle chante en rêvant à des amours indignes.

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