Paié à Gille Crochon et Baudot la Personne, messa
giers de piet pour ung voyage par eulx fait de Compiengne à Jargueau par devers le Roy N. S. lui remonstrer les affaires de la dite ville touchant le siège qui estoit lors devant la dite ville de donner secours à ycelle ville, par lesquels le Roy N. S. envoya lectres closes contenant que bien brief il secourroit à la dite ville ; pour lequel voyage faire, ilz se partirent du dit Compiengne le lundy xi i° jour de juing mil 1 1 1 i c xxx et revindrent aud. Compiengne le samedi xxi 1 1 i e jour du dist mois de juing, dont les goudverneurs accordèrent à eulx pour tout le dit voyage vi l. p. »
(Archiv. de Compiègne , CC. 1 3 , f° 257 v°.)
2. « A Baudot la Personne pour la parpaie (parfait paiement) d’un voyage par luy fait à Jargueau par devers le Roy N. S. luy remonstrer les affaires de la ville de Compiengne afin d’avoir secours contre le siège qui estoit devant ycelle ville, pour lequel voyage faire il se partit le 1 1 i e jour de juillet mil 1 1 1 i c et xxx et revint le samedy xix e jour dudit mois, et rapporta lectres du Roy N. S. par lesqueles il mandoit que ladite ville seroit brief secourue , dont pour le dit voyage fu accord avecques luy parmi (moyennant) la somme de lxi i i i s. p. avec xxxi 1 s. p. qu’il avoiteupour le dit voyage à son partement (départ), lxi i i i s. p. »
[Archiv. de Compiègne , CC. 1 3 , f °258 r°.)
244 LA PRISE DE JEANNE d’aRC DEVANT COMPÏÈGNE.
qu’il avait faite de reparaître à un moment venu, à la tête de son armée.... De tous côtés, en Champagne, on attendait sa venue avec impatience ; parmi ses ennemis, le bruit courait qu'il marchait sur la Bourgogne avec de grandes forces. Finalement Charles VII laissa ses lieutenants opérer seuls sur le théâtre de la guerre, et il se replia par Montargis et Jargeau sur Chinon où une politique intéressée devait le tenir longtemps confiné*. »
En même temps que les malheureux Compiégnois attendaient, comme la sœur Anne, le secours qui leur était si formellement promis, mais qui n’arrivait jamais, ils ne négligeaient rien de ce qui pouvait assurer leur défense à l’intérieur. Ainsi, dans les derniers jours de juin 1430, ils envoyaient à Velye (Marne) et à Reims querre (chercher) du salpêtre dont ils avaient besoin pour fabriquer de la poudre 1 2 . Et quelques jours plus tard, Poton de Xaintrailles, sur leur prière, leur en expédiait une centaine de livres de Château-Thierry 3 .