Monstrelet (T. IV, p
25o la PRISE DE JEANNE D’ARC DEVANT COMPÏÈGNE.
Il présida ensuite à l’achèvement de la bastille de Saint-Ladre et y fit loger trois cents hommes sous le commandement de Jacques de Brimeu, du sire de Gréqui et de Florimond de Brimeu 4 .
Outre cette bastille, il en installa deux autres de moindre importance sur la rive droite de l’Oise, « au le{ vers Noyon » ; l’une en face de la porte d' Ardoise ou du nuef-pont , et l’autre vis-à-vis de la tour des Osiers (aujourd’hui la terrasse du parc).
Guy de Roye « escuïer de grant prix, » et Aubelet de Folleville furent préposés à la garde de la première ; la seconde eut pour commandant un routier du Boulonnais nommé Canart, sous les ordres duquel vint se placer un ramassis « d’arbalestriers génevois, portingalaîs (portugais) et autres d’estrange pays 2 . »
1. Il semblerait, d’après les chroniques du temps, que cette bastille ne fut commencée qu’après le départ du duc de Bourgogne pour la Flandre, mais le contraire résulte des mentions qui existent sur les registres de la ville. En effet, ainsi qu’on Ta vu plus haut, le duc de Bourgogne n’a quitté le siège qu’après le 4 août, jour où mourut le duc de Flandre. Or, dès le 3 i juillet précédent, un messager partait de Compiègne pour aller prévenir le roi que la ville était investie de tous cotés; il en résulte que la bastille de la rive gauche était déjà commencée.
Pour contenir trois cents hommes, il fallait que cette bastille fût d’une grande étendue. Nous avons dit plus haut qu’elle coupait le faubourg Saint-Ladre (aujourd’hui rue Saint-Lazare). C’est donc par erreur que dans le plan tracé avant nos dernières recherches, elle figure en dehors de cette voie. Des fouilles récentes faites dans un terrain qui longe la rue de la Fosse - Moyenne , presque au coin de la rue Saint-Lazare , ont permis de constater l’existence d’un des anciens fossés de cette bastille.