NOUVELLE AMBASSADE AUPRÈS DU ROI
Cette réponse fut loin de réjouir les malheureux administrateurs de la ville qui ne savaient comment faire face aux dépenses de toute nature que les calamités du temps avaient fait contracter. Aussi, après avoir patienté quelques semaines, renvoyèrent-ils de nouveau auprès du roi pour le mettre au courant de ce qui s’était passé. Cette fois, ce fut le messager Chambet qui, partit de Compiègne le 8 mai 1431. Il trouva Charles VII à Poitiers, lui révéla la situation et sollicita une provision quelconque sur les huit mille livres dont on n’avait pu tirer un sol ; le roi se contenta de répondre qu’il aviserait; mais Chambet ne se tint pas pour battu ; il suivit le prince à Chinon, puis à Amboise, lui renouvelant à chaque étape toutes ses doléances ; toutefois, il ne put rien obtenir, si ce n’est une lettre que le roi adressait aux attournés et dans laquelle il leur disait « que brief on pourveroit à la dite ville et au pays tèlement qu’on en devroist estre content V »
ne surquoy il les peust assigner pour ce que les capitaines des places prenoit les revenus que le Roy y avoit pour les entretenir VI l . vi 1 1 s. p.
( Archiv . de Compiègne , GC. 1 3 , f° 270.)
Baudot de la Personne qui figure au nombre des messagers de pied employés par la ville pendant le siège fut fait prisonnier au cours d’un de ses voyages et dut constituer sa femme comme otage. (V. plus loin aux pièces justificatives l’extrait du Registre des comptes de la ville à ce sujet).
1. « Paie a Jehan Chambet dit Francequin qui, par la délibéracion de plusieurs bourgois et habitans de la ville de Compiengne se party dicelle ville levi 1 i c jour de mai mille 1 1 1 i c xxxi pouraler à Poitiers par devers le Roy N. S. lui remonstrer l’estât et la povreté de la dite ville et des habitans en ycelle, les frais quilz avoient porté à l’occasion du siège qui longuement
280 la PRISE DE JEANNE d’aRC DEVANT COMPÏEGNE.
Ce voyage ne dura pas moins de quarante-deux jours et coûta à la ville quarante-quatre livres, seize sols parisis, mais rien de ce qui était annoncé n’arriva.
Quatre ans plus tard, Charles VII faisait la paix avec le duc de Bourgogne et cette bonne nouvelle était apportée aux attournés le 2 septembre 1435 4 .
avoit esté devant la dite ville, les ouvrages et réparacion quil convenoit faire en la forteresse de la dite ville et comment le labeur cessoit au pays par aucunes gens d’armes tenans son party, et que des viu m francs par luy donnez à la dite ville pour paier les fraiz faiz a l’occasion du dit siège la dite ville n’en avoit riens eue et que pour ce il voulsist pourveoir à la dite ville et auxdiz habitans, lequel Chambet ala au dit Poitiers et bailla requeste au Roy N. S. et à N. SS. de son Conseil afin d’avoir provision sur ce point et luy fust respondu que on adviseroit de y trouver provision et de rechief bailla a plusieurs fois plusieurs requestes au Roy N. S. qui lui assignoit toujours journées pour luy expédier et vint avec le Roy à Chinon et depuis à Amboise en requérant toujours expédition et finablement lui fu respondu que pour lors on ne luy povoit fournir le dit don de vni m l. t. ne partie et que ou temps advenir la dite ville en seroit récompensé et que brief on pourveroit à la dite ville et au pays telement que on en devroit estre contens et sur ce respcrivit le roy N. S. aux diz habitans et revint le dit Chambet ou dit Compiengne le samedi xvi 1 i c jour de juillet.
Ainsi vacqua au dit voyage im xx et 11 jours dont par la délibéracion de plusieurs bourgois et habitans considérant la chierté du pays et que la monnaie estoit plus forte là où le Roy estoit que ele n’est par deçà car ung salut qui vault par deçà xxi ni s. p. ne valoit par de là pour lors que xviii s. p. et ainsi au feur remplage des autres monnoyes, a esté accordé à luy que pour le dit voyage et pour les requestes qu’il avoit faict et baillé au Roy et à son Conseil il aura xli 1 1 1 1 . xvi s. p.
(Archiv. de Compiègne , CC. i 3 , f° 273.)
1. Lettres du Chancelier adressées aux gens d’église, nobles, bourgeois et habitants de Compiègne, apportées le 2 septembre 1435 par Grégoire hérault de Mons. le duc de Bourbon annonçant la paix faite entre le roi et le duc de Bourgogne.
Le traité d’Arras ne fut signé que le 21 septembre suivant.