‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 129 sur 172 · Archiv . de Compiègne, DD · texte numérisé non relu

Archiv . de Compiègne, DD

Le registre dans lequel se trouve cet état de situation est incontestablement un des plus curieux de tous ceux qui existent aux archives de la ville. Malheureusement il est dans un état déplorable. Des 68 feuillets qui le composaient originairement, plusieurs sont tombés en poussière et d’autres sont indéchiffrables par suite de l’humidité. Quoiqu’il en soit, grâce à la patience de notre collègue M. Méresse, nous avons pu arriver à en connaître la plus grande partie, et nous en reproduisons plus loin un fragment plein d’intérêt.

282 LA PRISE DE JEANNE d’aRC DEVANT COMPÏÈGNE.

ne se sera pas doutée alors que cet heureux évènement fut peut être la cause de sa perte définitive.

En effet, on sait qu’après être tombée entre les mains du bâtard de Wandonne, ce dernier la remit à Jean de Luxembourg, sous lequel il servait : ce dernier devint donc le maître absolu de la destinée de Jeanne. Dès le 26 mai, il est vrai, le vicaire général de l’inquisition de France, le frère Martin, écrivait de Paris au duc de Bourgogne une lettre par laquelle il réclamait « certaine femme nommée Jeanne que les adversaires du royaume appelaient la Pucelle.... soupçonnée véhémentement de plusieurs crimes sentens hérésie », mais Jean de Luxembourg ne fit pas droit à cette requête et envoya Jeanne d’Arc au château de Beaulieu, où elle resta pendant deux mois. Bientôt, l’Université revint à la charge, et le 14 du même mois de juillet, elle demanda que oc la femme qui se dit la Pucelle » fût remise à l’évêque de Beauvais « en la juridiction duquel elle a esté appréhendée. » Il est certain que l'endroit où Jeanne d’Arc fut prise dépendait du diocèse de Beauvais, et non de celui de Soissons, comme l’a soutenu par erreur l’abbé Lenglet du Fresnoy *.

Page 1