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la bouche de celui qui, le 14 juillet, s'était montré deux fois héroïque de courage et d'humanité. Deux fois il avait essayé, au péril de sa vie, de sauver la vie des autres, d'arrêter le sang... Vrai chrétien et vrai citoyen, il eût voulu tout sauver, et les hommes et les doctrines. Son aveugle charité défendait ensemble des idées hostiles entre elles, des dogmes contradictoires. Il mariait d'un même amour les deux Evangiles, sans tenir compte des différences de principes, des oppositions. Rejeté, exclu par les prêtres, ce qui l'avait persécuté lui était devenu par cela même respectable et cher. Qui ne s'est trompé comme lui? Qui n'a caressé l'espoir de sauver le passé en avançant l'avenir? Qui n'aurait voulu susciter l'esprit sans tuer la vieille forme, réveiller la flamme sans troubler la cendre morte?. . . Vain effort! nous avons beau retenir notre souffle. Elle est devenue légère, elle s'envole d'elle-même vers les quatre vents du monde.
Qui pouvait voir alors tout cela? Fauchet s'y trompait, et bien d'autres. On faisait effort pour croire la lutte finie et la paix venue; on admirait que la Révolution fût déjà dans l'Évangile. Tout ce qui entendit ces grandes paroles tressaillit jusqu'au fond du cœur. L'impression fut si forte, l'émotion si vive, qu'on couronna l'apôtre de la liberté d'une couronne civique. Le peuple et le peuple armé, les vainqueurs de la Bastille et la garde citoyenne, le tambour en tète, le reconduisirent à l'Hôtel de Ville; un héraut portait la couronne devant lui.
Dernier triomphe du prêtre ou premier du citoyen?... Ces deux caractères, ici confondus, pourront-ils se mêler ensemble? La robe déchirée, glo-
rifiée des balles de la Bastille, laisse voir ici le nouvel homme ; en vain voudrait-il lui-même l'étendre, cette robe, pour en couvrir le passé.
Une religion nous vient, deux s'en vont ( qu'y faire?) l'Église et la Royauté...
Féodalité, Royauté, Église, de ces trois branches du chêne antique, la première tombe au 4 août; les deux autres branlent; j'entends un grand vent dans les branches, elles luttent, elles tiennent fort, les feuilles jonchent la terre. Rien ne pourra résister. Périsse ce qui doit périr!...
Point de regrets, de vaines larmes. Ce qui croit mourir aujourd'hui, depuis combien de temps, bon Dieu! il était mort, fini, stérile!
Ce qui témoigne en 89 contre l'Église d'une manière accablante, c'est l'état d'abandon complet où elle a laissé le peuple. Elle seule, depuis deux mille ans, a eu charge de l'instruire; voilà comme elle l'a fait... Les pieuses fondations du Moyen âge, quel but avaient-elles? Quels devoirs imposaient -elles au Clergé? Le salut des âmes, leur amélioration religieuse, l'adoucissement des mœurs, l'humanisation du peuple... Il était votre disciple, abandonné à vous seuls; maîtres, qu'avez-vous enseigné?...
Depuis le douzième siècle, vous continuez de lui parler une langue qui n'est plus la sienne, le culte a cessé d'être un enseignement pour lui. La prédication suppléait; peu à peu elle se tait ou parle pour les seuls riches. Vous avez négligé les pauvres, dédaigné la tourbe grossière... Grossière? elle l'est par vous. Par vous, deux peuples existent; celui d'en haut, à l'excès civilisé, raffiné; celui d'en
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bas, rude el sauvage, bien plus isolé de l'aulre qu'il ne fut dans rorigine. C'était à vous de combler l'intervalle, d'élever toujours ceux d'en bas, de iairedes deux peuples un peuple... Voici la crise arrivée, et je ne vois,dansles classes dont vous vous faisiez les maîtres, nulle culture acquise, nul adoucissement de mœurs; ce qu'ils ont, ils l'ont d'eux-mêmes, de l'instinct de la nature, de la sève qu'elle mit en nous. Le bien est d'eux, et le mal, le désordre, à qui le rapporlerai-je, sinon à ceux qui répondaient de leurs âmes, et les ont abandonnées?
Que sont en 89 vos fameux monastères, vos écoles antiques? Pleins d'oisiveté et de silence. L'herbe y pousse et l'araignée file. . . Et vos chaires? Muettes. JEt vos livres? Vides. Le dix-huitième siècle passe, un siècle d'attaques, où, de moment en moment, vos adversaires vous somment en vain de parler, d'agir, si vous êtes vivants encore...
Une seule chose vous défendrait, beaucoup d'entre vous la pensent, nul ne l'avouera. C'est que, depuis longtemps la doctrine avait tari, que vous ne disiez plus rien au peuple, n'ayant rien à dire, que vous aviez vécu vos âges, un âge d'enseignement, un âge de polémique... que tout passe et se transforme; les cieux mêmes passeront... Attachés pesamment aux formes, n'en pouvant séparer l'esprit, n'osant aider le phénix à mourir pour vivre encore, vous êtes restés muets, inactifs, au sanctuaire, occupant la place du prêtre... Mais le prêtre n'était plus.
Sortez du temple. Vous y étiez pour le peuple, pour lui donner la lumière. Sortez, voire lampe est éteinte. Ceux qui bâtirent ces églises, et vous les prêtèrent, vous les redemandent. Qui furent-ils? La
France d'alors ; rendez-les à la France d'aujourd'hui.
Aujourd'hui (août 89), la France reprend la dîme, et demain (le 2 novembre), elle reprendra les biens. De quel droit? Un grand juriste le dit : (( Par droit de déshérence. » L'Église morte n'a pas d'héritier. A qui revient son patrimoine? A son auteur, à la Patrie, d'où naîtra la nouvelle Église.
Le 6 août, pendant que l'Assemblée se traînait dans la discussion d'un emprunt proposé parNecker, et qui; de son aveu, ne suffisait paspour deux mois, un homme monte à la tribune, un homme qui jusque-là parlait rarement; cette fois, il dit un seul mot : « Les biens ecclésiastiques appartiennent à la nation. »
Grande rumeur... L'homme qui avait dit franchement le mot de la situation était Buzot, l'un des chefs de la future Gironde, jeune et austère figure, ardente et mélancolique*, de celles qui portent écrite au front une courte destinée.
L'emprunt essayé, manqué, repris, fut voté enfin. 11 était difficile de le faire voter, plus difficile de le faire remplir. A qui le public allait-il prêter ? à l'ancien régime ou à la Révolution ? On ne le savait pas encore. Une chose était plus sûre, et claire pour tous les esprits, l'inutilité du Clergé, son indignité parfaite, l'incontestable droit qu'elle donnait à la nation sur les biens ecclésiastiques. On connaissait les mœurs des prélats, l'ignorance du Clergé inférieur. Les curés avaient des vertus, quelques instincts de résistance, point de lumières; partout où ils do-
1. Voir son portrait dans lei Mémoires de madame Roland, t II.
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minaient, ils étaient, un ol)starle à toule culture du peuple, ils le faisaient rétrograder. Pour ne citer qu'un exemple, le Poitou, civilisé au seizième siècle, devint barbare sous leur influence; ils nous préparaient la Vendée.
La Noblesse le voyait, tout aussi bien que le peuple; elle demande dans ses cabiers un emploi plus utile de tels et tels biens d'église. Les rois le voyaient bien aussi ; plusieurs fois ils avaient fait des réformes partielles, la réforme des Templiers, la réforme de Saint- Lazare, celle des Jésuites. Il y avait mieux à faire.
Ce fut un membre de la Noblesse, le marquis de Lacoste qui, le 8 août, prit l'initiative d'une proposition nette et formulée : 1° Les biens ecclésiastiques appartiennent à la nation; 2° la dîme est supprimée (nulle mention de rachat); 3° les titulaires sont pensionnés; 4° les honoraires des évêques et curés seront fixés par les assemblées provinciales.
Un autre noble, Alexandre de Lameth, appuya la proposition par des réflexions étendues sur la matière et le droit des fondations, droit déjà si bien examiné par Turgot, dès il50,àixnsV Encyclopédie. « La société, dit Lameth, peut toujours supprimer tout institut nuisible. » Il concluait à donner les biens ecclésiastiques en gage aux créanciers de l'État.
Tout ceci attaqué par Grégoire, par Lanjuinais. Les jansénistes persécutés par le Clergé, ne l'en défendirent pas moins.
Chose remarquable, qui montre que le privilège tient fort, plus que la robe de Nessus, qu'on ne pouvait arracher qu'en arrachant la chair même !
Les plus grands esprits de l'Assemblée, Sieyès el Mirabeau, absents la nuit du 4 août, en déploraient les résultats. Sieyès était prêtre, et Mirabeau noble. Mirabeau eût voulu défendre la Noblesse, le Roi, faisant bon marché du Clergé. Sieyès défendit le Clergé sacrifié par la Noblesse ^
Il dit que la dîme était une vraie propriété. Et comment? comme ayant été d'abord un don volontaire, une donation valable. — A quoi l'on pouvait répondre, aux termes du droit, qu'une donation est révocable 2}our cause d' ingratitude ^ pour l'oubli, la négligence du but que l'on eut en donnant ; ce but était la culture du peuple, depuis si longtemps délaissée par le Clergé.
Sieyès faisait valoir adroitement qu'en tout cas la dîme ne pouvait profiter aux possesseurs actuels, lesquels avaient acheté avec connaissance, prévision el déduction de la dîme. Ce serait, disait-il, leurfaire un cadeau de soixante-dix millions de rente. Ladîm.e envalait plus de cent trente. La donner aux propriétaires, c'était une mesure éminemment politique, engager pour toujours le plus ferme élément du peuple, lecultivateur, dans lacause delà Révolution.
Cet impôt lourd, odieux, variable selon les pays, qui montait souvent jusqu'au tiers de la récolte ! qui mettait en guerre le prêtre et le laboureur, qui obligeait le premier, pour le temps de la moisson, à une inquisilion misérable, n'en fut pas moins défendu par le Clergé pendant trois jours entiers, avec une violence opiniâtre, t Eh
1. 11 essaye de s'en justifier, dans la Notice sur sa vie, et n'y parvient pas.
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quoi! s'écriait un curé, quand vous nous avez invités à venir nous joindre à vous, au nom du Dieu de paix î c'était pour nous égorger!... » La dîme était donc leur vie même, ce qu'ils avaient d(3 plus cher... Au troisième jour, voyant tout le monde tourner contre eux, ils s'exécutèrent. Quinze ou vingt curés renoncèrent, se remettant à la générosité de la nation. Les grands prélats, l'arclievêque de Paris, le cardinal de la Rochefoucauld, suivirent cet exemple, renoncèrent, au nom du Clergé. La dîme fut abolie sans rachat pour V avenir, pour le moment maintenue, jusqu'à ce qu'on eût pourvu à l'entretien des pasteurs (11 août).
La résistance du Clergé ne pouvait être sérieuse. Il avait contre lui presque toute l'Assemblée. Mirabeau parla trois fois; il fut, encore plus qu'à l'ordinaire, hardi, hautain, souvent ironique, sous formes respectueuses. Il savait bien l'assentiment qu'il devait trouver et dans l'Assemblée et dans le public. Les grandes thèses du dix-huitième siècle furent reproduites en passant, comme choses consenties, d'avance admises, incontestables. Voltaire revint là, terrible, rapide et vainqueur. La Hberté religieuse fut consacrée dans la Déclaration des droits, et non pas la tolérance, mot ridicule, qui suppose un droit à la tyrannie. Celui de religion dominante, culte dominant, que demanda le Clergé, fut traité comme il méritait. Le grand orateur, ogane en ceci et du siècle et de la France, mit ce mot au ban de toute législation. « Si vous l'écrivez, dit-il, ayez donc aussi une philosophie dominante, des systèmes f/ommrt»fs... Rien ne doit dominer que le droit et la justice. »
Ceux qui connaissent par riiistoire, par l'étude J du Moyen âge, la prodigieuse ténacité du Clergé à 1 défendre son moindre intérêt, peuvent, dès ce moment, juger des efforts qu'il va faire pour sauver ses biens, son bien le plus précieux, sa chère intolérance.
Une chose lui donnait cœur; c'est que la Noblesse de province, les parlementaires, tout l'ancien régime, étaient unis avec lui dans leur résistance commune aux résolutions du 4 août. Tel même qui, cette nuit, les proposa ou les appuya, commençait à se repentir.
Que de telles résolutions eussent été prises par leurs représentants, par des nobles, c'est ce que les privilégiés ne pouvaient comprendre. Ils en restaient stupéfaits, hors d'eux-mêmes... Les paysans, qui avaient commencé par la violence, continuaient main- 1 tenant par l'autorité de la loi. C'était la loi qui nivelait, qui jetait bas les barrières, brisait le poteau seigneurial, bilïïiit l'écusson, qui par toute la France 1 ouvrait la chasse aux gens armés. Tous armés, tous chasseurs, tous nobles!... Et cette loi qui semblait anoblir le peuple, désanoblir la noblesse, des nobles l'avaient votée!
Si le privilège périssait, les privilégiés, nobles et prêtres, aimaient mieux périr; ils s'étaient depuis longtemps identifiés, incorporés à l'inégalité, à l'in-' tolérance. Plutôt mourir cent fois que de cesser d'être injustes!... Ils ne pouvaient rien accepter de la Révolution, ni son principe, écrit dans sa Déclaration des droits, ni l'application du principe, dans grande charte sociale du 4 août. Quelque peu de volonté qu'eût le Roi, ses scrupules religieux le
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mettaient de leur parti el garantissaient son obstination. Il eût accepté pent-être la diminution du pouvoir royal; mais la dîme, chose sainte, mais la juridiction du Clergé, son droit d'atteindre les délits secrets, méconnue par l'Assemblée, la liberté des opinions religieuses proclamée, c'est ce que le prince timoré ne pouvait admettre.
On pouvait être sûr que, de lui-même, et sans avoir besoin d'impulsion extérieure, Louis XVI repousserait, du moins essayerait d'éluder, la Déclaration des droits et les décrets du 4 août.
De là, jusqu'à le faire agir, combattre, il y avait loin encore. Il avait horreur du sang. On pouvait le placer dans telle circonstance qui lui imposât la guerre, mais l'obtenir directement, en tirer de lui la résolution, l'ordre, on ne pouvait y songer.
La Reine n'avait point d'appui à attendre de son frère Joseph, trop occupé de sa Belgique. De l'Autriche, elle ne recevait que des conseils, ceux de l'ambassadeur, M. de Mercy-Argenteau.Lcs troupes n'étaient pas sûres. Ce qu'elle avait, c'était un très grand nombre d'officiers de marine et autres, des régiments suisses, allemands. Elle avait, pour principale force, un excellent noyau d'armée, vingt-cinq ou trente mille hommes, à Metz et autour, sous un olficier dévoué, énergique, qui avait fait preuve d'une grande vigueur, M. de Bouille. Il avait maintenu ces troupes dans une discipline sévère, dans l'éloignement et le mépris du bourgeois, de la canaille.
L'avis de la Reine fut toujours de partir, de se jeter dans le camp de M. de Bouille, de commencer la guerre civile.
N'y pouvant décider le Roi, que restait-il, sinon d'altendre, d'user Necker, de le compromettre, d'user Bailly, Lafayette, de laisser faire le désordre, l'anarchie, de voir si le peuple, qu'on supposait obéir à des impulsions étrangères, ne se lasserait pas de ses meneurs qui le laissaient mourir de faim ? L'excès des misères devait le calmer, le mater, l'abattre. On s'attendait, d'un jour à l'autre, à le voir redemander l'ancien régime, le bon temps, prier le Roi de reprendre l'autorité absolue.
(( Vous aviez du pain, sous le Roi; maintenant que vous avez douze cents rois, allez leur en demander! » Ce mot qu'on prête à un ministre d'alors*, qu'il ait été dit ou non, était la pensée de la cour.
Cette politique n'était que trop bien servie par le triste état de Paris. C'est un fait terrible et certain que, dans cette ville de huit cent mille âmes, il n'y eut aucune autorité publique, trois mois durant, de juillet en octobre.
Point de pouvoir municipal. Cette autorité primitive, élémentaire, des sociétés, était comme dissoute. Les soixante districts discutaient et ne faisaient rien. Leurs représentants à l'Hôtel de Ville n'agissaient pas davantage. Seulement ils entravaient le maire, empêchaient Bailly d'agir. Celui-ci, homme de cabinet, naguère astronome, académicien, nullement préparé à son nouveau rôle, restait toujours enfermé au bureau des subsistances,
1. V. Tarticle Saint-Priest, dans la Biographie Michaud, visiblemenl écrit sur les renseignements de sa famille, partial, mais curieux.
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inquiet, ne sachant jamais s'il pourrait nourrir Paris.
Point de police. Elle était dans les mains impuissantes de Bailly. Le lieutenant de police avait donmî sa démission et n'était pas remplacé.
Point de justice. La vieille justice criminelle se trouva tout à coup si contraire aux idées, aux mœurs, elle parut si barbare, que M. de Lafayelte en demanda la réforme immédiate. Les ju,i:es durent changer tout d'un coup leurs vieilles habitudes, apprendre des formes mouvelles, suivre une procédure plus humaine, mais aussi plus lente. Les prisons s'encombrèrent; des foules s'y entassèrent; ce qu'on avait désormais le plus à craindre, c'était d'y être oublié.
Plus d'autorités de corporations. Les doyens, syndics, etc., les règlements des métiers, furent paralysés, annulés par le seul effet du 4 août. Les métiers les plus jaloux, ceux dont l'accès jusque-là était difficile, les bouchers, dont les élaux étaient des sortes de fiefs, les imprimeurs, les perruquiers, se multiplièrent. L'imprimerie, il est vrai, prenait un immense essor. Les perruquiers, au contraire, voyaient en même temps leur nombre augmenter, leurs pratiques disparaître. Tous les riches quittaient Paris. Un journal affirme qu'en trois mois soixante mille passe-ports furent sisfnés à l'Hutel de Villes
De grands rassemblements avaient lieu au Louvre, aux Champs-Elysées; les perruquiers, les cordonniers, les tailleurs. La garde nationale venait, les