SCÈNE XL o
LE COLONEL du i4« chasseurs, le COLONEL du 54<= de ligne, le COMMANDANT du génie, le Capitaine RAYMOND du 54*, le COMMANDANT des troupes royales espagnoles. Soldats français et espagnols.
Messieurs, vous le savez , un parti d'environ cent hommes s'est emparé, le 5 août au matin, de la place de Tarifa, après avoir surpris sa garnison espagnole. Depuis, les insurgés, commandés par Yaldès, ont grossi leur nombre par la mise en liberté des galériens détenus à Tarifa , recrue bien digne d'eux ! Enfin quelques soldats de la garnison , plusieurs déserteurs espagnols et des gens sans aveu ont porté cette troupe à environ 400 hommes. . . . La place pouvait être réduite par famine; mais comme des Français ne peuvent ni ne doivent rester long-temps en face de l'ennemi sans courir à la victoire, M. le lieutenant-général m'a confié le commandement du siège de Tarifa Avant de rien entreprendre , j'ai cru ne pouvoir faire mieux , messieurs, que de vous réunir en conseil de guerre pour vous consulter sur les moyens les plus prompts à employer pour faire llotter le drapeau français sur les murs de cette cité. *
(Le Colonel du i4* et les principaux officiers prennent place pour le conseil. On pose des factionnaires , la baïonnette croisce ; l'Etoile reste au fond.)
LE COLONEL DU l4^.
^..e conseil est forme, messieurs, j'attends vos avis.
LE COMMANDANT ESPAGNOL Colonel,. ordonnez l'assaut Il tarde aux Espagnols de venger leur insulte. Je demande, en leur nom, qu'ils seient places au premier rang.
C'est à regret, monsieur, que je ne puis vuns accorder cette faveur; mais le poste que vous sollicitez a toujours appartenu de droit aux grenadiers français.
M. le colonel, je pense aussi qu'une attaque soudaine est le meilleur moyen d'empccher les insurgés de tenter de nouvelles sorties.