‹ La prise de TarifaChapitre 7 sur 29 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Précédens, CALINOS.

(// est soutenu par deux insurgés. )

LE CHEF s'approche de Calinos et le reconnaît.

Je ne me trompe pas? c'est Calinos, le domestique du major Orlaudo,

CALINOS , d'une voix éteinte.

Oui , i'ctais Caliiios.

Es-tu blessé?

Oui

Et à quel endroit ?•

LE CHF.F.

CAIINOS.

LE CHEF

CALIKOS.

Partout.

( Le Chef fait un signe , et on prodlpie des soins à Calinos. )

LE CHFF.

Par quel hasard te trouves-fu dans ce bois? CALINOS, d'un air é rare.

Attendez que jp me recoîinaisse; oui î c'est l)irn moi I je

suis encore en vie. Vous me demandiez donc ? iii'v voilà. J'accompagnais le m:ijor Oïlando inon maîlie, en qualité de trompette; et nous allions porter au camp français des dépêches d^mt l'avait chargé le commandant de Tarifa j je n'avais consenti à le suivre que pour revoir ma chère Lauretfa, forcée par les circonstances de suivre les Français; celte espérance combnltait ma frayeur , lorsque, trompés sans 'oute par les manteaux ^ui nous enveloppaient , vos gens nous ont étendus morts , mon maître tout de bon , et moi seulement de ])eur; car je vois avec plaisir que j eu serai quille pour avoir la jaunisse.

LE CHEF, aux siens.

Qu'avez-vous fait?

[Consternation des insurgés.")

{A Pedro.) Peut-être la mort du major Orlando va-t-elle compromettre le sort de la place de Tarifa. En efïet , ces dépêches envoyées par le commandant n'étaient sans doute qu'un prétexte pour î.e concerter avec nos aiïidés Gonzalès et Pabulos qui se sont lutroduits dans le canip des Français.

PEDRO

Et si le commandant apprend que ses projets n'ont échoué que

par notre faute, nous courons risque

LE CHEF, réfléchissant.

Il faut absolument que les dépêches soient remises de suite, par un homme sur lequel je puisse compter. {A Pedro.) Kcoale , Pedro, tu es adroit, intelligent

PEDRO, à part.

Il me flatte , il a quelque mauvaise commission à me donner.

lE CHEF.

Tu peux rendre un grand service à notre parti.

PEDRO, haut.

Parlez, capitaine.

LE CHEF

Tu vas prenJro '.'liabit du major Orlaiidn et porter la lelfre nu cnionel fi.inçais;pn l'ac(!uittarilavec iiitel! griicp de celle Iionorable mission , tu sauveras peut-être Ion parti d'une ruine cmiiplète.

PEDRO

Capitaine , ce que vous me pioposez là n'est pas sans danger.

LE CHEF

Tant mieux , tu n'en auras que plus de gloire à acquérir.

PEDRO

De la gloire? c^^tte monnaie là pou! être bonne pour les Français» mais à nous au très il faut quelque chose de plus solide , des quadru- ])les par §xeuiple.

LE CHFF.

Eh bien! parts à l'instant, et je te promets une forte re'compeuse à ton retour.

PEDRO

Oui, mais si les Français avaient des représailles à exercer

n'importe , je sacrifierai ma vie, si elle doit liàter la perle de nos ennemis, je suis prêt. Cependant il me vient une idée comme je vais remplacer le parlementaire, Calinos me suivra et continuera les mêuies fonctions qu'il avait à remplir auprès du major.

LE CHFF.

Tuas raison, va prendre son habit où doivent se trouver les papiers dont il était chargé pour le colonel français.

( Pedro sort. )

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