‹ La prochaine guerreChapitre 78 sur 81 · SERBIE · texte numérisé non relu

SERBIE

Avec les acquisitions qu'elle a faites après la guerre de 1877-78, la Serbie a 48,657 kilomètres carrés et 1,580,000 habitants : 33 par kil. carré. Ce pays aspire à être le Piémont des Slaves du Sud. Le Monténégro a la même ambition. Il serait surprenant toutefois que ce fût un de ces deux petits Etats qui réalisât les aspirations du panslavisme, ou même l'union des Slaves du Sud.

Pour se préparer à son rôle libérateur, la Serbie soumet au service militaire toute sa population mâle de 20 à 50 ans.

Chaque année, le sort désigne 15 à 1 ,700 conscrits pour entrer dans l'armée; ils y passent 2 ans, et deux ans dans la réserve, puis 28 ans dans l'armée territoriale, où le reste du contingent est versé directement pour y rester 30 ans. L'armée territoriale est divisée en deux bans. Le premier ban est soumis en temps de paix à 25 jours d'exercices par an. En temps de guerre il fait le même service que l'armée active. Le deuxième ban est destiné à la garde intérieure du pays. Toutefois en cas de besoin on peut y puiser des recrues pour le premier ban.

D'après la loi de 1878, l'armée permanente est ainsi formée :

INFANTERIE

2 régiments à 5 bataillons. '

CAVALERIE

4 escadrons.

ARTILLERIE DE CAMPAGNE

4 régiments à 8 batteries dont 1 de montagne.

GÉNIE

1 bataillon de pionniers ; 1 bataillon de pontonniers.

Plus une compagnie d'ouvriers, une section du train et une section d'infirmiers.

Sur le pied de paix 4,222 hommes et 72 canons.

En temps de guerre, chaque bataillon compte 800 hommes et chaque batterie 6 pièces. On a ainsi pour l'armée active :

10 bataillons 8,000 »

4 escadrons 600 »

32 batteries 4,800 »

2 bataillons du génie 1,600 hommes.

Soient 15,000 hommes et 192 canons.

Le premier ban de l'armée territoriale forme 4 corps à 2 divisions de 2 ou 3 brigades. En tout 22 brigades et 80 bataillons.

33 escadrons ;

18 batteries de campagne à 6 pièces ; 4 batteries de forteresse ;

19 sections de pionniers ;

34 compagnies du train ;

38 pelotons d'ouvriers, d'infirmiers et soldats d'administration.

En 1875, avant l'accroissement de population que lui a valu le traité de San-Stefano (220,000 hab.) le ministre de la guerre déclarait à la Skouptchina (assemblée législative) que le premier ban était fort de 99,000 hommes, dont 73,000 immédiatement disponibles. Il est vrai que l'armée régulière était moins nombreuse qu'aujourd'hui. Ce sont là des chiffres aussi difficiles à contrôler qu'à croire. Pour la cavalerie et l'artillerie, ils sont inadmissibles. Atteler tout d'un coup les 18 batteries de la territoriale, en même temps qu'on porte de 72 à 192 le nombre des canons de l'armée permanente, c'est trop beau pour être vrai.

Le deuxième ban doit être organisé comme le premier, mais son organisation n'est pas achevée. D'après le rapport du ministre de la guerre, le deuxième ban était fort de 51,000 hommes dont 48,400 immédiatement disponibles. On aurait eu ainsi 48,400 + 75,000 + 7,200 de l'armée permanente, c'est-à-dire 130,600 hommes; un dixième de la population !

En 1877, le nombre de§ troupes mises sur pied ne dépassa pas 60,000 hommes.

Si la Serbie mettait en campagne une armée de

75,000 + 18,000 ou 90,000 combattants, ce serait proportionnellement presque trois fois autant que l'Allemagne.

Quant à ses forces réelles, il est impossible de les. évaluer exactement.

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