‹ La prochaine guerreChapitre 81 sur 81 · ARMÉE · texte numérisé non relu

ARMÉE

98 bataillons de ligne.

8 de carabiniers.

LANDWEHR

INFANTERIE

98 bataillons de ligne.

8 de carabiniers.

CAVALERIE

24 escadrons de dragons. 24 escadrons de dragons.

12 compagnies de guides. 12 compagnies de guides.

ARTILLERIE

48 batteries de campagne.

2 » de montagne.

10 compagnies de position.

2 compagnies d'artificiers.

8 bataillons du train. \ 6 colonnes de parc.

GÉNIE

8 bataillons à 3 compagnies. 8 bataillons à 3 compagnies.

8 batteries de campagne.

15 compagnies de position.

2 compagnies d'artificiers.

8 bataillons du train.

8 colonnes de parc.

Les bataillons d'infanterie ont 4 compagnies, les batteries ont 6 pièces.

Chaque compagnie d'infanterie doit compter 185 hommes (184 pour les carabiniers); les escadrons de dragons ont 124 hommes, les compagnies de guides 43; les batteries de campagne 160, de montagne 170, de position 122; les compagnies du génie 131.

Soient :

pour l'armée. pour la landwehr.

Artillerie, batteries et comp.

de positions 9,240 3,110

Infanterie 78,440 78,440

Cavalerie. 3,490 3 490

Génie 3,140 3,140

Le nombre des hommes qui doivent être affectés aux services auxiliaires est de 6,700 pour l'armée et do 4,000 pour la landwehr.

Les forces disponibles de la Suisse s'élèvent ainsi à près de 200,000 hommes, dont 182,000 combattants. Le nombre d'hommes inscrits sur les rôles est de 119,400 pour l'armée et 93,300 pour la landwehr. Total : 214,700.

En tenant compte des absents, — malades, émigrés, etc., — la Suisse pourrait en 13 jours mettre en ligne pour sa défense plus de 130,000 combattants.

Sur un territoire aussi accidenté que celui de l'Helvétie, ces troupes pourraient opposer une grande résistance à l'invasion. Les Suisses sont

très bons marcheurs et tireurs excellents, leur réputation militaire est bien établie. Le grand état-major — 69 officiers — passe pour un des meilleurs de l'Europe.

Pendant qu'on imprimait ce livre , des changements ont eu lieu dans l'armée française et dans l'armée allemande.

Les généraux Barnekow, Bose, Kirchbach et Gœben ont atteint l'âge de la retraite : ce sont, les trois derniers surtout, de rudes adversaires que nous n'aurons plus à rencontrer.

En France, on a modifié l'organisation delà gendarmerie départementale : elle forme à présent 18 légions, une par corps d'armée. L'escadron de gendarmerie mobile a été dissous.

La Chambre des députés a voté la suppression de l'aumônerie militaire en temps de paix, cette mesure sera probablement sanctionnée par le Sénat.

Le projet de loi sur l'état-major a été remanié. Les capitaines et les lieutenants de toute arme pourront, après examen , être admis à l'école supérieure de guerre. En la quittant, ils recevront un brevet d'officier d'élat-major. Ce brevet pourra aussi être délivré à des officiers supérieurs, sans qu'ils aient à passer par l'école. Les officiers brevetés serviront alternativement dans l'état-major et dans les corps de troupe. L'effectif de l'état-major est fixé à 300 officiers. Telle est l'économie générale du projet transformé qui pourra bien subir encore d'autres transformations.

La fonction d'inspecteur d'armée a été supprimée.

Le général Farre, passé du xive corps au ministère de la guerre, apdrté son attention sur l'armée territoriale. Il était temps. On semble vouloir en compléter, en renforcer, en épurer les cadres.

Pour les compléter, on cesse d'en interdire l'accès aux hommes d'opinions libérales ; pour les renforcer, on y fait entrer tous les officiers qui, ayant accompli dans l'armée vingt-cinq ans de service, doivent rester cinq ans encore à la disposition du ministre de la guerre, pour avoir droit à la pension de retraite. Ils devront toujours être préférés et même substitués aux officiers d'autre provenance. Ceux de ces derniers qui auront plus de 40 ans et n'appartiendront plus par leur âge à l'armée territoriale pourront être congédiés. On éliminera ainsi des nullités choisies pour des motifs aussi peu militaires que possible.

Toutefois, ce travail d'épuration a besoin d'être conduit avec sagesse. Il s'agit de former une armée de seconde ligne et non pas de satisfaire à des rancunes de parti. On avait proscrit jusqu'à présent certaines opinions, ce n'est pas une raison pour proscrire maintenant les opinions contraires. Un officier qui, en 1870, avait montré de remarquables qualités militaires, a dû renoncer à son grade pour avoir pris part à une manifestation monarchiste. Qu'on y songe bien : si l'occupation d'un grade dans la Territoriale entraîne la renonciation à quelquesuns des droits les plus précieux du citoyen, bien des hommes de cœur et de tête refuseront d'accepter

un pareil assujettissement. Qu'on ne fasse pas de politique sous les armes, cela va sans dire; mais <ju'en dehors du service on reste libre de ses paroles ^t ses actes.

A cette condition on pourra trouver de bons cadres pour la Territoriale, dont les 435 bataillons, en ne les supposant forts que de 600 hommes chacun, formeraient 261,000 hommes. Il y a en ce moment 51 compagnies du génie territoriales ; à 1 50 hommes par compagnie, cela fait 7,650 hommes; 364 batteries, qui n'ont ni leur matériel, ni leurs attelages, qui ne les auront peut-être pas de longtemps, mais qui, néanmoins, dès que leurs cadres existeront, pourront garnir nos forteresses et concourir au blocus des places ennemies; à 120 hommes seulement par batterie, on aurait 43,680 hommes, ce qui donnerait pour l'armée territoriale 312,000 combattants immédiatement disponibles.

Si l'on ajoute à ces forces les 45 batteries à pied de l'armée active stationnées hors de l'Algérie, (6,750 hommes), on aura 319,000 hommes à joindre aux 648,000 de l'armée active, en tout 967,000 combattants. Les fusiliers marins accroîtraient encore ce chiffre d'une dizaine de mille hommes. C'est un total fort supérieur à ce que pourra mettre en ligne l'Allemagne, — même après l'application de la loi militaire qu'on va soumettre aux délibérations du Reichstag.

Cette loi, quine sera pas applicable avant le 1er avril 1881, ordonne la formation de 11 régiments nouveaux d'infanterie à 3 bataillons ;

D'un troisième bataillon pour le 116e (Hessois) qui n'en a que 2 ;

D'un régiment d'artillerie de campagne à 8 batteries ;

De 32 autres batteries de campagne;

D'un 19e bataillon de pionniers ;

D'un régiment d'artillerie à pied : deux bataillons à 4 batteries.

Soient 34 bataillons d'infanterie, 40 batteries de campagne, 2 bataillons d'artillerie à pied, 4 compagnies de pionniers. — 34,000 fantassins, 7,600 artilleurs, 1,000 pionniers : en tout 42,600 combattants et 240 pièces de campagne.

Des onze régiments nouveaux d'infanterie, un sera sans doute adjoint à la 27e division (Wurtemberg) et un à la 4e division d'infanterie bavaroise, qui n'ont aujourd'hui que 3 régiments.

Les Vautres, ou peut-être seulement 8 d'entre eux, formeront très probablement un dix-neuvième corps. Ce qui me le fait croire, c'est la création d'un 19e bataillon de pionniers et d'un régiment d'artillerie à pied. La cavalerie de ce corps serait formée de régiments détachés des brigades de cavalerie à 3 régiments. Le nouveau régiment d'artillerie de campagne à 8 batteries lui est peut-être destiné. Des 32 autres batteries nouvelles, 18 pourront former deux régiments à 3 sections de 3 batteries ; ces régiments seraient adjoints l'un au xve corps, qui n'a qu'un seul régiment de campagne, l'autre au futur dix-neuvième corps, qui porterait le n° xvi. Toutefois ce ne sont là que des suppositions.

Chacun des nouveaux régiments d'infanterie de ligne sera-t-il doublé d'un régiment de landwehr à 2 bataillons, et le 116° landwehr recevra-t-il un deuxième bataillon? C'est possible, mais ce n'est pas du tout certain. En effet, plusieurs corps, le ixe, le x% le xive et le xve n'ont pas encore leur landwehr au complet, il s'en faut d'une vingtaine de bataillons. Peut-être voudra-t-on pourvoir les anciens régiments de leur landwehr réglementaire, avant de former la landwehr des régiments nouveaux. En supposant même qu'on forme les 23 bataillons de landwehr destinés à doubler ces régiments, et qu'on organise ceux qui manquent aux ixe, xe, xive et xve corps, cela ferait tout au plus 40 bataillons et 24,000 hommes. Encore faudrait-il, en cas de guerre contre la France, déduire les S ou 6 bataillons nouveaux du xve corps (Alsace-Lorraine), qu'on ne pourrait employer contre nous : restent 21,400 hommes qui, joints aux 42,600 ajoutés à Farinée active, font 64,000 hommes.

Ce seraient donc 64,000 hommes au maximum que nos voisins ajouteraient à leur armée de campagne. Celle-ci compte, avec le bataillon d'infanterie de marine et 1 artillerie à pied, — mais défalcation faite des 1 1 bataillons de landwehr du xv° corps et de quelques bataillons de la landwehr posnanienne qui tiendraient garnison en Alsace-Lorraine, — 784,000 combattants. 784,000 + 64,000 = 848,000. Mettons 830,000, ce sera encore 127,000 de moins que n'en possédera la France quand sera terminée l'organisation de son armée territoriale : 127,000 est un

minimum, puisque nous avons toujours pris pour l'Allemagne des chiffres forts et pour la France des chiffres faibles : selon toute probabilité, c'est d'environ 180,000 combattants que notre armée sera supérieure à l'armée ennemie. Nous pouvons donc considérer avec la plus grande tranquillité l'augmentation des forces allemandes.

La nouvelle loi élève l'effectif de l'armée sur le pied de paix à 427,000 hommes, sans les officiers, et avec ceux-ci à 447,000 hommes.

Pour obtenir ce résultat, le contingent annuel sera augmenté de 10,000 hommes et porté à 135,000.

Dix pour cent du contingent — 13,000 hommes maintenant, 16,000 à partir de 1881 — ne sont pas enrôlés et forment ce qu'on appelle la réserve de remplacement, ersatz reserve.

Les hommes de cette catégorie sont appelés lorsqu'on a épuisé les 4 contingents qui forment la première réserve. Après Yersatz on appelle ceux qui ont eu de bons numéros, puis les soutiens de famille, etc.

Jusqu'à présent, Yersatz reserve ne recevait aucune inslructionmilitaire. D'après laloi projetée, onpourra l'appeler à des exercices, pour un temps qui n'excédera pas 20 seihaines, réparties sur les 7 ans, pendant lesquels les hommes désignés par le sort appartiennent à l'armée.

Cent quarante jours de service, c'est quelque chose, mais ce n'est pas beaucoup. Il n'y a pas là de quoi nous inquiéter.

Nous ne sommes pas encore en état de vaincre

l'Allemagne chez elle, mais, sur notre territoire nous la battrions aisément. Cela ne fait pas un doute pour les Allemands, et depuis longtemps. La preuve, c'est qu'ils ne nous ont pas attaqués. Ce n'est pourtant pas l'envie qui leur manque : leurs triomphes de 1870 n'ont pas éteint leurs rancunes. Ils voient avec rage et avec épouvante se relever la nation qu'ils croyaient avoir pour longtemps abattue. Sa puissance est une menace permanente, un obstacle invincible à l'accomplissement des « destinées » de l'Allemagne. Oh! si on le pouvait, comme on se jetterait encore une fois sur la France, comme on l'écraserait, mais en prenant cette fois des mesures pour qu'elle ne pût jamais se redresser. Comme on aimerait à « gagner » de nouveaux milliards et à faire une nouvelle campagne dans ce riche pays, où la moitié de ces hordes faméliques ont, pour la première fois de leur vie peut-être, pu manger à leur appétit.

Mais on se rappelle 1870. Un écrivain militaire allemand l'a dit : « Le souvenir de ce que la France a fait après Sedan et Metz, alors que sans armes, sans soldats, sans officiers, elle a résisté cinq mois à la meilleure et à la plus nombreuse armée de l'Europe, ce souvenir n'a pas médiocrement contribué à empêcher le renouvellement de la guerre en 1875. » Voilà en effet ce qui a retenu l'Allemagne, un peu plus que la crainte de trouver la flotte anglaise sur le lac du bois de Boulogne, ou de voir une armée russe se concentrer sur. les frontières allemandes,... trois mois après la fin des hostilités.

Mais supposons un moment que l'Angleterre eût une armée sérieuse, la Russie une armée disponible, et examinons cette histoire d'intervention.

L'Angleterre, en 1864, après beaucoup de fanfaronnades, — et malgré son intérêt évident à ne pas laisser démembrer le Danemark, et tomber au pouvoir de la Prusse l'entrée de la Baltique, — l'Angleterre n'a pas fait la guerre à la Prusse. En 1871, elle n'a pas fait la guerre à la Russie déchirant le traité de Paris et déclarant qu'elle ne voulait plus admettre la limitation de ses forces maritimes sur la mer Noire. C'avait été pourtant le plus clair résultat de la guerre de Crimée, la seule compensation des lourds sacrifices que s'était imposés la Grande-Bretagne. Elle ne releva pas cet insolent défi.

En 1872 l'orgueilleuse Angleterre, dans l'affaire de YAlabama, plia devant les États-Unis plutôt que de faire la guerre, et paya 80 millions.

Et, en 1875, elle aurait fait la guerre à l'Allemagne, sa vieille alliée sur le continent! à l'Allemagne qu'elle aime comme nation protestante, comme nation féodale, et, par-dessus tout, comme ennemie de la France ! Maislareine d'Angleterre est plus qu'à moitié Allemande, elle est la veuve inconsolable d'un époux aussi allemand qu'adoré ; elle est la belle-mère du futur Kaiser et du grand-duc de Hesse,la grand'mère d'une douzaine de principicules allemands. La reine règne et ne gouverne pas. A d'autres! Le roi est toujours le maître, et, n'eût-il aucun pouvoir de parla constitution, il a une influence illimitée. C'est même cette influence de la reine, sa sympathie pour

le pays de « son Albert » qui explique en grande partie la piteuse attitude de l'Angleterre dans l'affaire du Danemark.

Or, suivant la légende, l'Angleterre qui, deux fois, n'a pas osé faire la guerre pour elle-même, était prête à faire la guerre pour nous. Elle allait dépenser des centaines de millions pour prêter une aide — absolument inefficace — à la nation qu'elle hait, qu'elle a tant combattue, qu'elle contrecarre en tout, partout et pour tout. Les hommes d'Etat anglais peuvent avoir des défauts, mais on ne les a pas encore accusés d'aliénation mentale.

Et le tzar! En 1875 il était le grand ami du roi Guillaume, il préparait l'invasion de la Turquie et comptait précisément sur l'alliance allemande pour achever tranquillement cette guerre. C'eût été un moment bien choisi pour exaspérer l'Allemagne en s'opposant à ses projets. Pense-t-on que le tzar allait dissiper dans unelutte contre l'Allemagne les ressources militaires péniblement amassées pour cette guerre turque, rêve et but de tout son règne, revanche de Sébastopol et de l'Aima? Croit-on qu'il allait déchaîner sur sa frontière une guerre terrible, soulever cette chose épouvantable, plus que suffisante pour faire crouler l'empire moscovite, une insurrection polonaise soutenue par un puissant voisin? Et pourquoi le tzar aurait-il rompu une alliance indispensable, renoncé à des projets longtemps caressés, exposé son empire à d'effroyables périls?... pour épargner à la France des désastres, dans lesquels aurait pu périr le gouvernement républicain!

Voilà pourtant ce qu'on nous demande de croire ! Il faut surmonter quelque dégoût pour réfuter de semblables insanités.

Mais, sans menacer de la guerre, l'Angleterre et la Russie n'ont-elles pas pu présenter d'amicales observations? Alors, l'Allemagne se serait arrêtée devant des paroles qui ne devaient pas être suivies d'effets. M. de Bismarck peut n'être pas un grand homme d'Etat, mais c'est à coup sûr un diplomate de premier ordre, qui connaît l'Europe et qui sait l'histoire. De ce qu'on ignore en France la force réelle de l'Angleterre et de la Russie, il ne s'ensuit pas qu'on l'ignore en Allemagne. Aussi, le jour où ils auront décidé d'agir, l'attitude de la Russie et de la Grande-Bretagne pèsera sur l'esprit des hommes d'Etat allemands à peu près autant que les menaces de Liechtenstein et de San-Marino,

Si donc l'Allemagne ne nous attaque pas, c'est qu'elle sait ne pouvoir le faire avec avantage. Maintenant elle cherche des alliés pour d'autres entreprises. La France est trop forte aujourd'hui. Nous seuls n'avons pas conscience de notre force. Prompte à passer d'un excès à l'autre, notre nation est maintenant en proie à une véritable fureur de paix. Pour avoir massacré quelques Bédouins en Afrique, nous croyions pouvoir braver l'Europe; pour avoir été battus dans la dernière guerre, nous n'osons plus même regarder la Prusse en face. Nous tremblons devant ceux qui nous redoutent; nous ne songeons pas que si, yne fois, par suite de circonstances extraordinaires, l'Allemagne seule a vaincu la France,

la France seule a maintes fois vaincu l'Allemagne et ses alliés. Cessons donc de mendier des alliances fantastiques et de nous humilier sans raison et sans mesure; à défaut du sentiment de notre force, ayons au moins celui de notre dignité. N'oublions pas, n'oublions jamais la funèbre suite de défaites qui va de Reischoffen à Héricourt, mais rappelonsnous aussi la longue série de nos victoires sur la race germanique depuis Bouvines jusqu'à Ligny .

Le tableau suivant contient le nombre des combattants disponibles pour l'offensive dont chaque nation européenne peut aujourd'hui disposer au début dune guerre, défalcation faite de l'artillerie de forteresse, des dépôts, des milices, des gendarmes et des douaniers, des non-valeurs et des troupes employées à défendre les colonies, à contenir les provinces conquises et à maintenir l'ordre à l'intérieur.

Allemagne . 756,000*

France ■ ... . 648,000 2

Autriche-Hongrie . . 650,000

Italie. 315,000

Russie 300,000

Turquie ; . . 200,000 à 220,000

Espagne 157,000

Belgique 85,000

Suède et Norvège „ 78,000

Grande-Bretagne 60,000

Portugal 52,000

Pavs-Bas. 44,000

cl /

Danemark 40,000

Grèce. . . . , 23,000

Suisse. Pas d'armée offensive.

Roumanie 65,000?

Serbie. 50,000?

Monténégro 34,000?

Bulgarie 40,000??

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