‹ La production agricole & forestière dans les colonies françaisesChapitre 53 sur 90 · LE ROCOU · texte numérisé non relu

LE ROCOU

Le Rocouyer {Bixa Orellana L.), de la famille des Bixacées, est un arbuste qui peut atteindre 4 à 5 mètres de hauteur et

(1) Cunao, Dans quelques provinces de TAnnam (Nghé-An et Tban- Hoa) et sur quelques points du Haut-Tonkin, on récolte, en assez grande quantité, dans les forêts, des tubercules de Cunao qui sont employés pour la teinture en brun des étoffes de coton. Ce produit est employé sur place en grande partie ; le reste est vendu aux commerçants chinois*

(2) Désigné aussi sous les noms de Annoto, Arnotto, Arnatto, Roucou etOrléan.

f74 LA PRODUCTION AGRICOLE ET FORESTIÈRE

Hont liïM graines, renfermées dans une capsule s'ouvrant en dnix valves, sont recouvertes d'une substance rouge qui colore foi'temenl les mains et qui constitue le rocou^ Cette plante, oriiïfinaire de FAmérique du sud et de ^Amérique centrale, oHl cultivée dfins nos colonies des Antilles et à la Guyane.

La culture du rocouyer est facile et de rapide production. Lu plante, qui est d'ailleurs très ornementale, commence à produire ou bout de 18 mois ou de 2 ans, et les plantations, une fois bit*n établies, sont de longue durée et d'entretien peu i^oùteux. On fait deux récoltes par an; mais la première est i^onéralemcRt plus importante que la seconde.

Après la récolte des fruits, les graines sont extraites des iHpsulen et ptir divers moyens, on recueille la matière colorante qui leH rt.'couvre; on en fait une pâte qui se solidifie et qu'on erivhioppiî dans des feuilles de balisier.

Le rocou est toujours en usage dans la teinture unie et dans rimpressiou ; il donne des nuances allant du saumon clair à forante, qui résistent au savon, mais ne présentent pas une j^^iande solidité à la lumière,

pa matière colorante du rocou est la bixitie, acide qui a la propriété, do doiuier avec les alcalis des combinaisons solubles. hv rocou contient encore un autre principe colorant, Vorel- Une; mais re dernier est de peu d'importance.

Les rocoiis du commerce sont rarement purs. C'est dans la quantité de eendres qu'ils contiennent qu'on trouve l'indication de leur degré de pureté. Un bon échantillon comnâercial donne- environ 20 0/0 de cendres. La brique pulvérisée est la substance qu*oii y incorpore le plus souvent pour augmenter le pbîds; on y trpîivé aussi du plâtre de Paris, de l'amidon, etc.

A là Guyane françaiscj la culture du rocou était en honneur ptMldaiit la première moitié du siècle et les principales exploita tioti.s se trouvaient, disséminées entre .Kourou et l'Qyapiock. De 183â à 1836, la moyenne annuelle des exportations s'éle-

vait à 235,713 kil. etde 1837 a 1841 elle alteigiiait 486, 693k. Les surfaces cultivées s'étaient tHendues rapidement de 1,760 liectares en 1836 à 2,473 hectares en 1841* En 1846, Icscxportations étaient encore de 447,233 kilos ; mais elles descendaient à 239,800 kil. en 1830 * L ù ^87,000 kil. en 1833. Malheureusement, depuis ladécou verte des mines d'or, c'cî^t-à-dire <lepuis le milieu du siècle, les habitants de la Guyane ont abandonné la culture et, actuellement, les exportations de rocou» sont devenues insignifiantes, puisqu'elles étaient seulement de 10,868 kil. en 1893 (ÀJinmire ik la Crdonk) H dv 1842 kîLen 1898(JoMnm/ Officiel de la Cufjaue) (1).

La Guadeloupe a produit des quantités considérables de rocou de 1870 à 1890. La première exportation indiquée par les statistiques officielles date de 1847 (3000 kil.)» A partir de 1830, les exportations devinrent ré^idiôres et prirent une importance de plus en plus grande. En 1888, la surface cultivée en rocou était encore de 632 hectares ; en 1896, elle se réduisait à 164 hectares. Il n'existe plus, dans l^îlcj en ce moment, que quelques exploitations où on prépare encore la piUe de rocou et nous avons eu l'occasion d*en visiter une à Gourbeyre, près de Basse-Terre. Après avoir atteint des prix très élevés et fait la fortune d'un certain nombre d'habitants, le rocou est tombé dans le discrédit, par suite de la concurrence des couleurs d'aniline et sa cultnre a consommé la ruîuc de ceux qui se sont obstinés à la poursuivre.

Les exportations de la Guadeloupe ont suivi la marche suivante :

Moyeane. Exporta lions.

1847-1850. . . . 8,300 kil.

(1» Les exportations de rocou de la Guyane h ûl landaise n'ont pas depassé 80 kilogs en 1897.

176 LA PRODtfCTTON AGRICOLE ET FORESTIERE

Moyenii€. Exportations.

18lH-i897. . . . 122,000

Dans la colonie anglaise de la Jamaïque, la culture du rocou avait pris une certaine importance; mais, de même qu'à la Guadeloupe j cette cuIUire a peu à peu disparu et les exportations de 1895-1896 n'ont pas dépassé une valeur de 79,850 fr. (Rapport du D^ Morris).

Presque tout le rocou utilisé en Europe arrive dans les ports français qui le réexportent surtout pour l'Allemagne, FAngleterre, le Danemark, la Hollande, la Belgique et TEspagne. Les importations de Hanihonrg, qui étaient de 113 tonnes en 1875, se sont abaissées à 40^8 tonnes en 1897. Les Etats-Unis paraissent être le marché le j)lus important pour Fécoulement du rocou :

Annecy.

Importations.

. . 436,839 livres

Celte culture n'est plus actuellement à conseiller aux planleurs de nos colonies-

Page 1