GAMBIER
Le Gambier y aussi appelé cachou jaune, est le produit de deux arbres de la famille des Rubiacées, Uncaria Gambier Roxbg. {Nauclea Gambier Hunter) et Uncaria acida Roxbg. de Malacca et des îles malaises. Il est souvent confondu avec le cachou ou cutch des Anglais, qui a une origine très diflFérente. Les feuilles et les jeunes bourgeons, fraîchement cueillis, sont bouillis dans l'eau pendant une heure environ, puis comprimés entre les mains pour en faire écouler tout le liquide qu'elles contiennent; on évapore ensuite jusqu'à consistance d'un sirop épais; un
(1) Autrefois, on croyait que le cachou était une terre, d'où le nom de «Terra japonica» qui lui avait été donné (Schrôder, 1654).
(2) L\ireca Catechu, très beau palmier de l'archipel Malais, de Tlndo- Chine, de Ceylan et des Philippines, fournit aussi une substance voisine du Catechou.
lt8 LA l»ftODUCTION AGRICOLE ET FORESTTEIIE
ouvrier ai^nte alors un I>Aton verticalement dans les récipients conLenant le liquide refroidi el la cristallisation s'opère autour du hâton. Le produit obtenu sert surtout à la teinture (brun) et an taunasfe. Les arbres producteurs de s^ambier sont liabitue! le ment cultivés et on les exploite quand ils ont atteint 2 m, 30 îï 3 mètres de hauteur.
L'An^ï^delerre importe annuellement plus de 2o,000 tonnes de i,^ambîer (2G,844 en 1890) et en exporte 7,000 à 9,000 (0,523 en 1896). Presque tout le jambier importé en Europe el aux Eiats-Tnis vient dî* Sin^-aponre.
KXλOIlTATIONa LïE HLNeiAl'OLTRE EN 1896,
Pour rAniï^^lctcrre, . , . ^^5,8^^0 picub,
— le coutiïicïil européen i7i,lt8 —
— les Etats-Unis . . . 108,034 ^
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Le prix du gambier lUaît d'environ 35 francs les 100 kilos à Hîimbonrg'j en 1897»
A notre connaissance nos colonies n'en exportent pas*
DIVIUIVÎ
hyDivtdivî ou encore Libldibi, Nacascol, OiiaUa-pana^ est le fruit du Cœsatphna corlaria Willd, arbre très répandu dans les lieux raontueux de la Colombie, des Antilles du Mexique. Les fruits, fortement comprimés, longs de 7 à 8 centimètres r^t larges de 1 cm. o à 2cm* sont recourbés en C ou en S; ils sont indéhiscents et renferment, sous une enveloppe mince, une pulpe jaunâtre, d'nne saveur très astringente et amère.
canaighe
L'attention a été appelée, dans ces dernières années, sur une
nouvelle plante très riche eu tannin, le liuuiex hymemsepatus^
OU canaigre,qui pousse abondamment àTétat sauvage dans les vallées et terrains bas du Texas, de TArizona, de la Californie et du Mexique. Elle se développe très rapidement dans les marnes sablonneuses où l'humidité est modérée et où la température moyenne de l'année ne dépasse guère 20®. Depuis longtemps les tanneurs mexicains emploient les tubercules de cette plante pour le tannage des peaux. Chaque plante en fournit 3 à 12 dont le poids peut varier de 60 à 500 grammes environ. L'analyse a montré que ces tubercules contiennent 23 à 33 p. 100 de tanin, ce qui justifie l'emploi qu'en font les tanneurs mexicains.
D'après des renseignements recueillis au Mexique, une acre (environ 50 ares) de canaigre convenablement cultivée, devrait produire de 20 à 30 tonnes de racines fraîches, soit de 7 à 10 tonnes de tubercules secs, propres au transport.
La culture dé cette plante paraît convenir aux parties méridionales de l'Europe ou au nord de l'Afrique plutôt qu'à nos colonies tropicales. Cependant, nous savons que des essais ont été tentés à la Réunion et ailleurs ; c'est pour cette raison qui» nous avons consacré quelques lignes à la canaigre.
On pourrait d'ailleurs utiliser pour le tannage un grand nombre de végétaux des régions tropicales et en particulier l'un de ceux qu'on rencontre le plus abondamment près des côtes, le palétuvier. Mais il conviendrait pour cela d'organiser sur place la fabrication des extraits.
Le tableau ci-dessous a l'avantage d'indiquer approximativement la teneur en tanin des principaux produits employés ou qui pourraient être employés dians le tannage.