MADAGASCAR
Régime des terres. — Un arrêté du Gouverneur général eu date du 10 février 1899 a fixé les conditions dans lesquelles des terres peuvent être concédées à des Français ou à des étrangers*
Les terres du domaine peuvent être accordées par voie de vente, de location, ou à titre gratuit. Dans le premier cas le prix minimum est fixé à 2 francs par hectare dans les régions de l'ouest et du nord et à 5 francs sur la côte Est et dans le Haut- Pays (plus de 500 mètres d'altitude). Les coucessions gratuites sontréservées aux citoyens français; elles ne peuvent dépasser 100 hectares et doivent être d'un senl tenant, La même personne n'en peut obtenir qu'une seule.
Enfin les terres peuvent être louées, mais seulement en dehors
(i) Renseignements tirés en grande partie tlu Rapport d'ensemùie publié en i89U par le général Gallieni.
des périmètres de colonisation, par baux renouvelables, de 15 ans au maximum, au prix minimum payable d'avance de fr. 25 par hectare et par an dans l'Ouest et le Nord ; de fr. 50 par hectare et par an sur la côte Est et dans le Haut- Pays. Pendant la durée de son bail le locataire d'une terre jouit d'un droit de préemption pour l'acquérir aux conditions indiquées ci-dessus.
Le même arrêté énumère les formalités à remplir par les demandeurs de concessions.
Mahi-d*œuvre. — A la suite de la suppression de l'esclavage et dans le but d'assurer la stabilité de la main-d'œuvre, le gouvernement de la colonie a jugé nécessaire de réglementer la main-d'œuvre par un arrêté en date du 27 décembre 1896. Cet arrêté a subi plusieurs modifications et additions ultérieures concernant des avantages spéciaux accordés aux indigènes qui contractent des engagements de travail pour un certain nombre d'années.
Cul titres indigènes. — La culture du riz occupe à Madagascar dss surfaces considérables (60,000 hectares en 1897 et 80,000 hectares en 1898). La production moyenne à l'hectare peut être évaluée à 1800 kilos pour les très bonnes régions et à 1500 kilos pour celles de moyenne valeur. En adoptant c?, dernier chiffre, on constate que la production deTImerinaa dû être d'environ 88,000 tonnes en 1898. Le Gouverneur évalue la consommation locale à 300 grammes par jour et par tête d'habitant.
Le manioc et les patates forment avec le riz la base de la nourriture des indigènes.
Les distributions de graines potagères faites aux habitants du plateau central ont propagé avec rapidité l'industrie maraîchère et les légumes d'Europe se trouvent actuellement en abondance sur certains marchés. Les indigènes cultivent aussi du blé, des pommes de terre ; en beaucoup de points on
trouve des caféiers plantés autrefois aux abords des villageR par les ordres des officiers hovas.
Cultures à entreprendre par les colons. — Madagascar, eu raison des différences profondes qui existent entre les climats de ses diverses régions, peut être divisé en trois zones de cul Uirc<
rt. Régions centrales. — Les plantations de caféiers créées eu 1896 et 1897 par quelques colons de Fianarantsoa donn aient d'abord de belles espérances ; mais dès 1898 elles commençaient à dépérir.
En 1890 des cultures de thé étaient entreprises sur les propriétés du Premier Ministre Rainilaiarivony, aux environs de Sabotsy et à proximité de Tananarive; plus tard^ en 1896, une plantation fut créée près de Fianarantsoa; les résultats obtenus semblent démontrer que cette culture pourrait être avantageuse.
Le tabac pousse avec vigueur dans tout le Haut-Pays et pourrait être Tobjet de cultures suivies.
Enfin il est probable que des cultures de coton donneraient aussi de bons résultats si on en juge par les essais poursuivis a Tananarive et à Fianarantsoa.
La vigne peut même être cultivée avec succès et, en 1897, les Pères de la mission catholique de Fianarantsoa ouL fait une première récolte de 25 hectolitres de vin sur un petit vignoble créé en 1894-95.
b. Régions côtières, — Le climat chaud et humide des régions côtières permet la culture de la plupart des plantes tropicales, cacaoyer, arbre à thé, caféier, giroflier, vanillier, cocotier, poivrier, canne à sucre, arbres à caoutchouc, etc. Dans son rapport d'ensemble le Gouverneur général cite les résultats remarquables obtenus près de Fort-Dauphin par un colon Mauricien qui avait introduit le Manihot Gtaziovii dès 1888.
c. Zone intermédiaire. — Les régions d'altitude moyenne (500 à 800 m.) ne conviennent plus à la culture de toutes les
plantes tropicales, exiîepté le fond des vallées où on pourrait encore poursuivre la production du café et du coton.
Élevage. — Les animaux de la race bovine ne sont pas aussi nombreux, paraît-il, qu'on avait pu le supposer d'après lespremiers rapports fournis par les voyageurs et les administrateurs. Le Gouverneur général ne pense pas que ce nombre soit supérieur à 2,000,000 en 1898. Des concours de bélail ont été orjjanisés, dès 1898, afin d'encourager l'élevage qui est le complément nécessaire des industries agricoles.
Jardins d'essais, — La station agronomique de Nahanisana, créée par arrêté en date du 12 février 1897, est située à une demi-heure au nord-ouest de Tananarive. Elle comprend 20 hectares de terres, dont 1 h. 60 ares de rizières. Le but de cet établissement est de servir à la recherche des améliorations à apporter aux systèmes de culture pratiqués dans le pays et d'introduire des plantes nouvelles pouvant faire l'objet d'exploitations agricoles. Les livraisons de plantes aux colons, pour l'année 1898, se sont élevées à 122,506. Cet établissement aété complété, en mars 1897, par une bouverie-vacherie et par une bergerie.
Enfin, le gouvernement delà colonie a créé d'autres jardins d'essais à Fianarantsoa (février 1897, 45 hectares) et aux environs de Tamatave (décembre 1897).
Enseignement agricole. — Il a été décidé que dans toutes les écoles ruralies la moitié du temps serait consacrée à des travaux de démonstrations pratiques d'agriculture. Une école spéciale d'agriculture a été fondée à Tananarive.
Exploitations forestières. — On estime à 10 ou 12 millions d'hectares la superficie des massifs forestiers de la colonie.
Les forêts de la zone côtière revêtent un caractère assez uniforme et on a constaté que les bois précieux sont beaucoup plus abondants au nord qu'au sud de l'île. On y rencontre le
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copalier, Tébène, le palissandre (1), le bois de rose, une sorte d'acajou appelée mahibo dans Touest, le badamier, le nalo, le filao, etc.
Dans les régions de moyenne altitude, sur la côte est, les arbres sont presque tous à feuilles persistantes ; sur la côte ouest, au contraire, on trouve de nombreux végétaux à feuilles caduques.
Enfin, les forets des régions élevées (entre 7S0 et 1,300 m. d'altitude) représentent environ 3 millions d'hectares; les bois d'ébénisterie n'y sontguère représentés que par des palissandres.
Des exploitations ont déjà été entreprises dans les régions où les communications sont possibles par eau. De vastes superficies forestières sont attribuées, en principe, à de grandes sociétés qui se proposent de poursuivre la colonisation de Madagascar.
A Vohémar, la tonne de bois de rose en billes se vend environ 25 fr. ; Tébène, 30 fr. ; le palissandre, 14 fr. et l'acajou, 14 fr. Mais à Diégo-Suarez, Majunga et Tamatave, les prix sont déjà beaucoup plus élevés.
Le caoutchouc, fourni en assez grande quantité par des lianes, peut être considéré comme un sous-produit des forêts.