II. — Les imiiGiTiotis bt rotitions
Il est généralement reconnu que le système des rotations a été en principe un bienfait pour le pays; mais que les rotations sévères, avec des périodes trop longues, sont préjudiciables h la culture du coton; il est admis en outre que pour rester dans de bonnes conditions il ne faut pas que les périodes de rotations dépassent dii-huit jours.
Il paraît que la quantité totale d'eau dont ce service dispose actuellement dans les années de faible crue, ne suffit pas encore pour fournir à la superficie plantée en coton toute l'eau qu'il lui faudrait, avec les périodes de rotation de dix-huit jours.
En ce qui concerne les irrigations la Commission constate que :
a) Pendant les deux premiers mois qui suivent le Taatiche, le cotonnier peut k la rigueur supporter une période de sécheresse plus longue que pendant la période des deux mois suivants.
b) Que les arrosages copieux donnés aussitôt après la suppression des rotations alors que les plantes ont souffert d'une longue sécheresse, nuisent à ta culture et causent notamment ta chute d'un grand nombre de capsules.
c) Que sous l'influence du soleil, pendant la période de sécheresse, il se produit dans le sol de grandes fissures qui absorbent en pure perle un grand volume d'eau, au moment de l'arrosage; de telle sorte que l'on se demande si en diminuant les périodes de rotation on n'arriverait pas à dépenser, en somme, une quantité moindre d'eau qu'avec des périodes plus longues. Une expérience seule pourrait fixer sur ce point.
(f) Que la suppression de la culture du riz, sur des terres élevées, en apparence dessalées, dans certaines régions, Béhéra, Gharbieh, Dakhalieb, par suite de l'insuffisance d'eau a eu pour conséquence de faire remonter le sel du sous-sol et a ainsi contribué à diminuer la récotte du coton.
En con8é({ueDce, la Commission émet le vcbu, pour les irrigations et les rotations :
1° Que le Gouvernement tienne compte autant que les circonstances le permettront, des considérations ci-dessus en général.
a' Que les travaux en vue de l'augmentation de la quantité d'eau disponible en été soient activés autant que cela sera possible a6n de pouvoir réduire la durée des rotations à dix-buit jours avec divisions des canaux en trois sections, dont cbacune aurait l'eau pendant six jours et resterait douze jours sans eau.
3' Qu'une expérience soit faite sur un canal, pour se rendre compte si l'on n'obtiendrait pas en somme une économie d'eau en raprocbant les périodes d'arrosage de manière à éviter les perles considérables résultant des crevasses produites par la sécheresse.
W Que la Société kbédiviale d'agriculture engage les cultivateurs à user modérément de l'eau, lors de la cessation des rotations.
5* Que la culture du riz soit autorisée sur les terres élevées des provinces précitées en établissant un tour de rôle de trois à quatre ans par région.