DE 4 LIRE
fois pour toutes, que le terme énergie, dans les sciences, a une signification tout autre que dans la vie de tous les jours. Cette signification est difficile d’ailleurs à préciser a priori. Ce n’est qu’à la fin de cet exposé que nous pourrons en donner une définition plus complète.
Comme on ne peut pas pourtant employer un mot sans qu’il éveille une représentation corrélative, nous allons essayer de donner, dès maintenant, de l’énergie une idée tout au moins approchée.
Nous reprendrons, pour cela, l’expression même dont nous nous sommes servi tout à l’heure. Nous avons dit que le mot énergie indique ce qui caractérise chaque état d’un corps. L’énergie est une cause, un principe, qui se présente à nous sous des aspects différents. Un corps est chaud parce qu’il possède de l'énergie calorifique, il est brillant parce qu’il possède de l’énergie lumineuse, pesant parce qu’il obéit à l’énergie gravifique. Certes, il ne faut pas évoquer à ce sujet le jargon scientifique du XVII: siècle et les médecins de Molière, pour qui lopium faisait dormir parce qu’il avait une vertu dormitive. La science ne se paye pas de mots. Elle a une pierre de touche pour déceler l’énergie : c’est le travail ! et elle précise qu’elle entend, sous le terme énergie, tout ce qui peut naître du travail et être retransformé en travail.
Sur la nature de ce principe, la science ne fait, d’ailleurs, aucune hypothèse, et c’est ici que l’énergétique se sépare du mécanisme. Alors que celui-ci, qui procède de DESCAR- TES, voulait expliquer tous les phénomènes par une mécanique des atomes, l’énergétique se garde de faire une supposition quelconque au sujet de l’énergie et de ses modes d'action. Elle la constate et c’est tout.
Aussi le mot énergétique désigne-t-il le plus souvent, aujourd’hui, dans la critique scientifique ou philosophique, la théorie physique qui répudie toute figuration sensible de la constitution des phénomènes. Le mécanisme, au contraire, admet toujours la possibilité de cette figuration, même quand il ne la donne pas et se contente de chercher,