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À. — ECHANGE INDIVIDUEL ET UTILITÉ CONSTANTE

L — LES INEGALITES FONDAMENTALES

Les idées sur lesquelles insistent les énergétistes sont les suivantes :

1° Les énergies subissent une perte au cours de leurs transformations. C’est ainsi que l’énergie humaine dispo-

(1) On peut contester auw’il existe des cas où lutilité soit constante. Nous ne discuteronis pas ce point pour le moment; mais nous pensons que nous pourrons tout au moins, raisonner d’abord sur cette hypothèse, si cela nous permet, par da suite, de traiter le ças où l'utilité décroit,

nible n'est qu’une partie de l'énergie absorbée par lorganisime. à

2° Les biens ont une valeur de jouissance, qui peut s’interpréter en termes d'énergie (c’est lutilité) et une valeur de fabrication qui représente des énergies sacrifiées. Les biens ne seront produits que si la première est supérieure à la seconde, s’il y a un gain d’énergie.

3° Pour que l'échange soit possible, il-faut que le gain procuré par l’objet qu’on recoit soit supérieur à celui qu'aurait fourni l’objet qu’on donne.

De cet exposé il ressort l’impression que lPéchange est conditionné par des comparaisons et qu’il doit exister des limites entre lesquelles il est enfermé.

Pour essayer de déterminer celles-ci, nous allons examiner un cas concret sur lequel nous raisonnerons dans le langage courant, nous réservant plus tard de traduire en symboles les résultats auxquels nous serons parvenu.

Soit un échange entre Primus, porteur de la marchandise À, et Secundus, porteur de la marchandise B.

À contient des énergies alimentaires en quantité a, c’est par exemple du blé.

B contient des énergies industrielles en quantité b, c’est par exemple du bois de chauffage.

Le problème consiste à déterminer la quantité de la marchandise B qu’il sera nécessaire de donner en échange d’une quantité donnée de À, toutes deux étant douces d'utilité pour les échangistes et pouvant être produites par chacun d’eux.

Au lieu d'envisager les marchandises elles-mêmes, considérons les énergies utilisables qu'elles contiennent et qui, d’ailleurs, sont proportionnelles à celles-ci. Dans ce qui suivra, a et b représenteront uniquement les: énergies des marchandises correspondantes. D’autre part, quand il nous arrivera de parler d'énergies de Ia nature de «a ou

de b, cela désignera d’une façon indéfinie des énergies alimentaires ou industrielles.

Nous prenons comme exemple déchange un cas très simple, en quelque sorte schématique. Il est tout naturel, quand nous abordons un sujet aussi complexe, que nous cherchions à réaliser le type d'échange le plus élémentaire, le plus dépouillé de tout ce qui en dérobe à nos yeux la vraie nature. Cela ne signifie pas que nous voyons tous les échanges sous un aspect aussi simpliste.

Enonçons maintenant les conditions auxquelles doit saüsfaire l'échange.

Première condition. — Si chacun des coéchangistes accepte les énergies produites par l’autre, c’est évidemment parce qu’il y a intérêt : c’est donc parce que chacun produit, avec une moindre dépense d'énergie humaine que l’autre, les énergies qu’il donne en échange ; c’est aussi parce que ces dernières ont, pour lui, très peu d’utilité ; c’est, enfin, parce que les énergies qu’il recevra, et qui Jui sont très utiles, lui coûteront moins en énergie humaine, grâce à l’échange, que s’il les avait produites lui-même. |

Nous concrétiserons cette condition par les inégalités suivantes :

Pour Primus:

Utilité de b > Utilité de a Utilité de-b > Energie dépensée pour produi-

re b Utilité de a < Energie dépensée pour produire a Utilité de b:— Energie dé- > [tilité de b. — Energie dépensée pensée pour produire a pour produire b.

ce qui donne:

Energie dépensée pour > Energie dépensée pour produiproduire b re a

Facilité ‘de production de a > Facilité de production de a pour Primus pour Secundus

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