‹ La "Profession de foi du vicaire savoyard"Chapitre 1 sur 176 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Que ce travail m'ait coûté beaucoup de temps, il importe peu : « le temps ne fait rien à l'affaire » ; mieux vaut, semble-t-il, montrer son utilité. Elle est d'abord négative. Si jamais on a\"ait espéré pouvoir établir une édition complète de Rousseau, où l'on aurait donné, pour chacune de ses œuvres, les variantes intégrales de tous ses Manuscrits encore existants, j'imagine que ce gros volume découragerait l'entreprenant idéaliste qui aurait pu y songer. Il faudra que les futurs éditeurs de Rousseau imposent des limites à leurs scrupules ou aux exigences de leurs lecteurs. Cependant la méthode que je me suis prescrite ici peut, à mon avis, présenter des avantages pour un texte restreint, comme la Profession. On verra plus loin quelle est cette méthode : avec ses inconvénients, que je ne me dissimule pas, elle permettra, si je ne me trompe, de pénétrer plus avant dans l'intimité intellectuelle et artistique de Jean-Jacques. Il n'est pas sans intérêt que, dans l'œuvre entière d'un grand écri\ain, il \' ait un texte privilégié, dont on puisse suivre pas à pas la genèse et le développement, où l'on puisse venir étudier par le menu son vocabulaire, les procédés, j'allais presque dire les manies, de son style, et l'allure instinctive de sa pensée. En outre, la Projession de foi du Vicaire Savo\-ard n'occupe pas seulement une place capitale dans la vie et l'œuvre de Rousseau : elle est aussi une manière de centre spirituel, où presque tous les s\stèmes philosophiques et religieux du XVIIl^ siècle ont, en quelque sorte.

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