‹ La profession medicale au commencement du XXe siecle (volume 2)Chapitre 19 sur 34 · SOCIÉTÉS DE SECOURS MUTUELS · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉS DE SECOURS MUTUELS

de prévoyance qui se proposent d'atteindre un ou plusieurs des buts suivants : Assurer à leurs membres participants et à leurs familles des secours en cas de maladie, blessures ou infirmités, leur constituer des pensions de retraite, contracter à leur profit des assurances individuelles ou collectives en cas de vie, de décès ou d'accidents, pourvoir aux frais des funérailles et allouer des secours aux ascendants, aux veufs, veuves ou orphelins des membres participants décédés.

t Elles peuvent en outre, accessoirement, créer au profit de leurs membres des cours professionnels, des offices gratuits de placement et accorder des allocations en cas de chômage, à la condition qu'il soit pourvu à ces trois ordres de dépenses, au moyen de cotisations ou de recettes spéciales. »

Cette loi est certainement bonne pour les travailleurs.

Il est heureux que les personnes peu fortunées puissent se constituer en Sociétés de secours mutuels, c'est une œuvre de solidarité qu'on ne saurait trop encourager. J'ai dit plus haut que la santé des sociétaires en avait tiré grand bénéfice et que, alors que la mortalité annuelle en France est de 22 pour 1000 habitants, celle des mutualistes est de 16.

Le médecin est le pivot de la loi : sans lui, sans son concours, elle est inapplicable. Mais dans certaines localités, elle a porté un préjudice

INTERVENTION DE l'ÉTAT

considérable au médecin par les abus mêmes qu'elle a entraînés . Il existe des villes importantes , où depuis la fondation de Sociétés de ce genre il n'y a plus de malades payant leurs médecins. Tout le monde, à commencer par le maire, les conseillers municipaux, les notaires, fait partie soit à titre de membre fondateur, honoraire, ou sociétaire, de la Société de secours mutuels et tous ont droit aux soins médicaux suivant le tarif accepté.

Le médecin, à moins de quitter le pays, est bien obligé d'être le médecin de cette société et cependant la rémunération est absolument dérisoire, puisque la moyenne de ses visites lui est payée 0 fr. 60 centimes.

L'abus était tellement évident que l'autorité a dû aviser, et le Ministère de l'intérieur ne fait plus profiter des avantages financiers accordés aux mutualités que celles dans lesquelles ces abus ne se sont pas produits ou ont cessé d'exister.

Mais quand la société est régulièrement constituée, la pratique pour le médecin n'est pas exempte d'ennuis. Tous ceux qui sont médecins de sociétés de secours mutuels savent combien sont

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