ACTE I
Quoiqu’il brille Et qu’il scintille, Au gai réveil Du soleil !
SIMON ETTE
Merci de ta morale, cousine... mais je suis fine tout de même et je ne me laisserai pas prendre comme ton alouette...
Tu crois ca!...
MARIE
SIMONEXTE.
J’en suis sûre... et je te soutiens que dans peu, je ferai marcher mon Théodore, comme tu fais marcher monsieur Giromon.
MARIE
Oh! pour cela, non, cousine... car entre nous, il y a une grande différence... (soupirant.) Tu aimes monsieur Théodore.
it toi?...
SIMONEXTE.
MARIE
moi, dame !... je n’ai que de l’estime pour mon prétendu...
SIMONEXTE.
)ui, oui, oui, je sais bien... si tu l’épouses , c’est par devoir...
MARIE
! j Par reconnaissance... pour obéir aux dernières volontés de i^on pauvre père... c’est sacré!...
SIMONEXTE.
k Sans doute... mais c’est égal, vois-tu... un père ne devrait m pas , il me semble, disposer ainsi de l’avenir de son enfant.
MARIE, Virement.
Oh! tais-toi, Simonette... as-tu oublié tout ce que monsieur Giromon a fait pour nous?...
SIMONEXTE.
Non, non... je me rappelle encore cette affreuse tempête...
MARIE
Le bateau de mon pauvre père, sa seule fortune, englouti!... | et lui , pleurant en embrassant sa fille , qu’il ne pouvait plus nourrir... quelle triste nuit nous avons passée! ., mais, le len-
demain, en ouvrant la fenêtre de notre maisonnette , que voit mon père?... une barque toute neuve amarrée au rivage... une barque de pêche, qui avait déjà reçu Je baptême... la Jeune- Marie...
SIMONETTE
Ton nom !
MARIE
En caractères longs comme cela... et, sur la barque, monsieur Giromon, criant à mon père : « Eh ! mon vieux Gervais, le temps est beau, les lilets sont neufs, monte sur ton navire , prends le vent et la pêche sera bonne ! »
SI MO NETTE
Le brave homme !... un cadeau de douze mille livres qu’il vous faisait là !
MARIE
Et sans espoir d’être remboursé jamais!... aussi , mon pauvra père était- il constamment tourmenté à l’idée de ne pouvoir acquitter sa dette... Trois ans après , à ses derniers moments , il parlait encore à monsieur Giromon de sa reconnaissance. . . « Mon vieux, dit tout à coup celui-ci, tn lille est encore trop jeune poûp se marier; mais si tu tiens tant à payer ta dette, plus taraL qu’elle m’épouse et je te donne quittance... » Je vis dans les v9H de mon pauvre père une larme, une prière... Entraînée maigre moi , je laissai tomber ma main dans celle de monsieur Gir<& mon , et le vieux pêcheur sourit encore , au moment de nous quitter pour toujours, en disant ces derniers mots : « Monsieur Giromon , ma fille jure d’être à vous !... Dans trois ans, elle ser^. votre femme, à moins que vous ne lui rendiez sa parole !... »
SIMONETTE
Tu es devenue la promise de monsieur Giromon, et voilà le J pauvre Petit-Pierre... "
MARIE
Que veux-tu , Simonettel pouvais-je faire autrement?...
SIMONETTE
Non !... tu as rempli ton devoir, ça doit te suffire !...
MARIE
D’ailleurs, il y a si longtemps que Petit-Pierre est parti... des amours d’enfants... il a dû m’oublier... Voyons, voyons , il ne faut plus penser à tout ça... mon devoir est tracé... je dois le
SllivrC. (Ou entend parler daus la coulisse H gauche.)