‹ La propagande antialcoolique par la publicité intensive [microforme]Chapitre 6 sur 9 · CAHIERS SCOLAIRES · texte numérisé non relu

CAHIERS SCOLAIRES

Le cahier scolaire a été l’objet de tout un plan de campagne antialcoolique, à Paris et dans quelques provinces de France, notamment à Lille. Au Canada, des libraires de Montréal et de Québec ont tenté des efforts isolés, mais il faudrait généraliser cette propagande par une organisation bien faite.

Le cahier scolaire antialcoolique offre, sur sa couverture, des images et des aphorismes choisis pour l'enfance. Le cahier a l’avantage de venir sous les yeux de-l’élève forcément. De plus, comme il emporte ses cahiers à la maison pour .y faire ses devoirs, ses parents, ses petits frères et ses petites sœurs auront l’occasion de voir les images et de lire les courtes sentences qui s’y trouvent.

Ce sont surtout les enfants de 7 à 18 ans que nous devons viser par cette propagande toute intuitive. C’est à l’adolescence qu’il faut s'adresser ; c’est elle dont il faut façonner le cerveau, de manière à former une génération de jeunes hommes pour qui l’alcool sera un dangereux poison, plutôt qu’un stimulant ayant quelque valeur alimentaire ; aux yeux de laquelle l’usage de l'alcool est nuisible et dangereux, et qui prendra l’alcoolique en pitié et en dégoût. Ilest de toute importance de préparer pour l’avenir une génération d’abstinents.

M. le professeur H. Folet, de l’Université de Lille, disait, au Congrès antialcoolique de Paris, en 1904 : « Quand on aura répété sous toutes les formes, durant deux ou trois lustres, que l'alcool est à lui seul un fléau plus meurtrier que la famiie la guerre et la peste, il serait absolument contraire à l'observation psychologique courante qu’il n’en restât rien dans les esprits. »

Pour ma part, j’attache la plus grande importance à la pro pagande antialcoolique à l’école et dans la famille ; le succès de notre croisade est surtout, il me semble, entre les mains des instituteurs et des institutrices, et j’ajouterai entre les mains des gardiennes de nos foyers. Il est essentiel que nous ayons avec nous les mères de famille, ces auxiliaires précieux de la première éducation de l’enfance. Et, certes, elles ne manqueront pas à l’appel, puisqu'elles et leurs enfants sont les premières victimes de l’alcoolisme des hommes.

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