CHAPITRE I
Les moyens nsturels
Déjà nous avons dit l’importance de l’dée, de ia - trine ou religion nutionale, de l’idéologie, du mythe en un comme l’a dénommé le premier Georges SOREL et après lui ” : SI danse une étude devenue classique (1).
me Car 11 est essentiellement Le réaué des rinei 8 jee premiers présidant à la vie de la nation, Exprimant atteignant le sentiment, 11 s’incorpore des affirmations : diätes au nom d’un ebsolu, il rassemble tous les instincts 20 ‘ le pouvoir d’une formule synthétisant aux yeux des india) leurs reisons de vivre et d'espérer. |
Traduction concrète des tendances sociales les plus fortes, 11 répond au besoin commun de “traëxire. ; sous fofme - feprésentetions fantasmatiques, les aspirations et les désirs Il pousse sinei à i’eotion : l’homme tend dé = Het vers. toujours s’en allant, #8 rs à ae À re
aire Rerarquables par leur caractère tout à la fois:
#Af et affectif, l’ensenble des mythes d’une nation tite vraiment une mystique, une religion populaire: so et inspirant l’existence et l’action d’un peuple; elle or béissance et l’autorité, elle rassemble lea volontés in: les tournées vers un commun idéal, elle suseite l’unité permet à l’homme de se fire une représentation fictive où 11 vit, justifiant son consentement aux sacrifices Le ses Je société.
.. Se mythe eocial crée la conscience Re “qu'il ent compris de tous, même et surtout s'il échappe “donrées de la raison raisonnante. Il est le leviez | "à l’aide duquel les gouvernants pèsent sur les duels pour les forcer à l’action collective" (2)
NL rerveilieux, dit Nietzache (3), que
(n) 6. Sorel - La ruine du monde antique.
7 dé PC es sur la violence. ; a is Lelaisi - es sure adictions du | mande . Delaiss - p.36 os
LE . Nietzeche — Verité. et üen an DA Fe e rates F. 29
“présente sans cesse à,un peuple initié aux mythes comme 1. “anciens Grecs, maintient ce peuple dans un état dé veill en fait, est plus proche du songe que de l’état de veille “penseur dégrisé par ia science. Dans une époque où chaqu ‘arbre parie comme une nymphe, où, sous la forme d’un £a ‘un dieu peut enlever des jeunes filles, où la déesse Ath& ‘en personne apparait subitement aux hommes et, en compagni ‘de Pisietrate, conduit un bel attelage en plein marché d°At “nes - toutes choses que croyait l’Athénien bien né - dans “telle évoque tout est possible, à chaque instant, conme “songe, et la nature entière ébiouit ct étourdit i’homme lui semble qü'elle n’est qu’une mascarade des dieux qui fegnt à tromper l’homme sous toutes lea formes *. La
Cet efiort indisperagble pour Lriser Les obstsc inévitgbles, le mythe ä’incorporera à une lutte idéologique, même temps qu’il disposera la masse à scecepter Îes épreuves les sacrifices nécessaires avec un certain fataligme. Avec les Hébreux ont aubi toutes leurs tribulations, les arméen is Révolution ont parcouru l’Europe en triomphatrices, ft: aux gouvernements, 4È les conduira à 1’ économie d’u
te part de 1 coereitif etr settra ceux qui sauront le trouver et le y raie. en a0coord 3vec é
convictions des foules, de se faire légitimer.
Aus$i l’histoire nous montre-t-elle qu’il y s jours et partout des religions nationales, des mythes rè eur les sentiments des peuples et les rassemblant autour même illusion. Rien de grand ne s’accomplit sans une mys levier apte à soulever Le monde et qui suscite sans cesns enthousiasnes nouveaux, < Dre
: Jamais Etat ne sera mieux assis que eur le cons ment profond des consciences. Aussi 2-t-on toujours vu gouvernements favoriser, fut-ce par dia violence, le règne. sif du mythe dominateuwr. à
"Les juges athéniens condamnaient Socrate à le | "pour avoir introduit dans le cité des dieux étrangere. | "Rois Très-Catholiques employaient L’Inquisition pour p “leure Etats des hérétiques, c'est-h-dire des factieux, “Rois Très-Chrétiens combattaient la sécession politique "testantigre. Cent ans après que Louis XIV envoyæit seg ons contre les pasteurs cévenois, la République jacobim: chait ses husssrds contre les prêtres vendéens; réflexe pe: “teut de l’homme du pouvoir qui ne dort tranquille que s’il “sent tout le peuple agenouillé devant les mêmes dieux
Les condueteurs de foules, les chefs de comm Sttribuer des vertus divines les élevant a
LE - L'Ecole et la Natice, BP. 232..
Longtemps, le mythe établi fut le my
» à moîne qu’on ne leur décernaät la qualité div: Le Pharaon dans l’ancienne Egypte, le psteai 4°. ie Surer, le cosmocrate Babyionien, les Roîs des Rois de! et dés Persen, tous sont fils de dieu, Alexandre faisgai ter par l’orncle sa divine ascendrnee. César et les Enp Rom“ins sont pour la mére filiation aptes à commander 1° . Le Rof de France Très om cd est de ere à uvoir de guérir les déorouelles, Est Digu lui-même |: sr eme | Lords CS à V Dana :
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Msie depuis un sièole, ls souveraineté nat tr | du monarque au peuple : c'est le nouveau mythe de isa à 4m0c de 1’égalité naturelle des hommes, Identifiant le souv le sujet, 11 réalise le raximum d'autorité avec Le minim contrainte, Mythe pourtant aujourd’hui combattu par des r gions nationales nouvelles, inbrensigerntes, celles que n dierons plue tard, comme b&se de la propagande dictatoriale derne.
dla réalité, ce qui le dote des grands sièèles de 1°
eat rare
cédent.
+ 11 résterait à apprécter la valeur sociale du myt Ce n’est pas ici la place. Mais remar quons que 8’11 eat db Sant en tnt Que facteur d’autorité et de légitimité, 11 dôngereux par son intolérance et, sn ri 141t6, Qui veut en l'acceptation de tous, doit donner ex:lication de tout, ce eat irumsinement impossible, S1 donc on veut imposer une que, il faut, en bien faire toire par la force ceux qui. our Faient en dénoncer les lacunes ou bien mentir afin d’envo -CEuUx qui A: regardent pos de si près. Subetituer un my êutre ést alors affaire de révolution, ee = ;
Enfin, sur le plan international, l’ext thes nationaux est facteur de gwrres et de à oi bien souvent, su lieu de favor mure die libre échange des tions, créent et développen proue générateur d’égocent
| Al reste aux siècles à venir à offrir à L un mythe supra national, à lui faire retrouver sa v gion, désertée, seul facteur de paix et d’härmonie dans 1 dé, capable de servir de Lion au concert dea
À à Gr l'xpesé doctrinal.
L’idée est au prenier chef denrée d'échange. 4 servirait une doctrine qui resterait inconnu ? ;
Il est donc ee de vulgariser la pt la mettre à la portée de tous, à l’usage du public qui ne pe ne de ser lui-même, d’en dépuuiller 12 substance et l’e é ques phrases sonores et imaägées, d'offrir une syat RAP rs représentative, imprégnée de sôn essence même.
Certes, ce travail n’ira pas sans difficultés, tant plus sérieuses que La masse aéra moins homogène, Léôn lui, n'avait que deux mots à dire : Paix et Terre, pour ralli à e8 cause cette foule de paysans et de soldats russes un: une même aspiration. Mais plus souvent, la foule est parts entre des besoins et des passions contradictoires sans aut lien que le désir d’un but à réaliser. Ainsi pour ls Réva française : chacun souhaitait une révolution, mais per sonne désirait la méme, Alors 11 faudra élaborer des formules au: Jrfänment vagues et générales (comme celles de sine: 2
donnant satisfaction à tous. |
Lan soit, 11 est nécessaire de présenter L’acceptation de là masse, Îe Programme même dont on veut sa FIRE de conduite.
Cet expos doctrinal s'offre sous diverses £ lisées toutes et souvent concumèmment, et revetues d’ail d’une er 0e pere phogi que sensiblement identique. jar
tie d’abord les Credo, utilisée ile par l’apostolat confessionnel, tandis Que les Catéchiemes sont apparus dès le XVle siècle en matière Le im ave: catéohismes de LUTHER, de CALVIN, du Ce le multipliés sous 18 Révolution en matière ÿ En oulier, le succès le Plüe grand échut à VOLNEY avec son Cat chisre du citoyen français" puis au "Catéohisme républioni nn sol moral “ de LA anis ereus
se Aùses Frool sont les Cahie ‘exposant le plus & vent un és eccsceie da Ans . Lee revenaientions, dont
servit également avec éclat la Révolution.
Les déclarations, elles, étaient déjà connues de 1s narchie française qui les faisait suivre édits et ordonnances en guise de commentaires, Mais-la forme la plus connue en 68 certainement celle des Déciarations de Droits, proclarations Esnelles de principes, oeuvre généralement du pouvoir conati ant, fixant ses buts et limites intangibles, Leur origine @@ né c86 philosophique : c’est un fondement indiviaualiste déj primé en Grèce dans lea doctrines stoîciennes, rénové au Se aièole avec la Réforme, lointain précédent de l’esprit par lariste de la Révolution. a
C’est on Angleterre que ces idées d’abord se font j dans les diverses proclamations des droîts de l’indivi:u : Gr: Charte, Haheas corpus, Bill des äroits et surtout Déclaration 1688 imposée par le Parlement zu nouveau Souverain Guillaume Puis à l’occasion de la Révolution américaine, conduite au nom du principe fondamental du droit de l’individu contre l’empiè ment intempestif de 1’Etat, proclamé dans la déclaration de À dépendance de 1776, reprenant la Déclaration de Jefferson et : même largement imitée par la suite. ee.
Mais la plus importante reste sans conteste 1a Décls tion des Droite de l’Homme et du citoyén votée par la Cons: te le 26 Août 1789. "Catéchiame national" dit Bernave, mais aussi attestation par l’universalisme français, des droits no pas du Français, mais du citoyen du monde, nouveau Coran que armées de 13 République se chargeront de répandre à travers rope.
: Bien d’autres déclarations reprendront son expos droits fondamentaux du citoyen en face de l’État. En Fra Conme dans le monde la plupart des constitutions débutèrent cette forme, Il s’agit toujours d’une soi-disant pacte soc de principes idéologiques considérés comme universels, de inhérents à la personne humaine, s'imposant à tous les &o ments, autant d’armes offensives d’une propagande efficace, À à l’intérieur qu’à l'étranger.
ciel Une autre forme de l’exposé doctrinal est le mani généralement d’un caractère oins dogmatique et abstrait, mation d’une ligne de conduite positive par un prince, un nement, un État, ou simplement par quelque idéologue dévoi. ses dessins aux masses. Ainsi Brunswick en 1793, Francois Joseph en 1859 après Villafranca exposant à Ft sons qui l’ont contraint à la paix, Le plus fameux reste le fanifeste communiste rédigé par Marx à Bruxelles en 1847 à démande de l’ancienne Fédération anglaise des Justes se tre mant en Ligue communiste et qui, devant lui servir de progr propre, exerça PS sans précédent dans une Europe bouillsrnesent, cbulhition. A
bte rite pres FE sai toujour très visoire, sont lies:programmes, professions de Î0f, déeia. uisiesérieties ..Volumineuse littérature de bonne volon coup plus théorique que pratique. Ainsi les professions répandues à profusion en période électorale, qui, remarqt tendent à exprimer, beaucoup plus que la pensée du candids l'opinion de ceux dont elle sollicite les suffrages, oubli dès que devenues inutiles.
De même 12 âéolaration ministérielle, qui, mn d’un dun que le titre puiaque chaque el hr à invariablerent les mêmes choses, fait miroiter lee plus be
promesses que l’on eat bien résolu à ne pas tenir, ce don leurs on ne vous laisse pas le temps. Et le parti d’oppos détenteur à son tour du pouvoir, reprend invariablement le thème que le gouvernement qu’il vient de renverseri
Ces dernières ennées ont vu naître une nouvell de programme soumise à une orchestration savante : le Plan sussi expose les intentions du gouvernement 6t le but pouf mais 11 en fixe avec précision les étapes et les. modalités réalisation, Tels furent en France, mais pour plus de br que d'effets, les plans HARQUET et TARDIEU, Tele furent trenger, justifiant beaucoup mieux la propsgande faite d’eux, les plans SCHACHT, VAN ZEELAND ét eurtout celui du DEAL. Mentionnons spécialement les plans russes à cause : pileur de ia publicité faite autour d'eux, tant avant que ou après leur nise en oeuvré, Il serait ainsi intéressant préciser les sesures de pression psychologiques prises gard des ouvriers pour les pousser à réaliser les tâches mesures multiples et habiles allant du stakanovisme et dé
gades de choc à la menace du renvoi avec pr du ment et à la déportation pure et simple.
Notons enfin 1. ternes Misiaiie que la propa de guerre utilise avec celles 1 + déjà nombreuses, del?
doctrinal. Les proclsmations militaires, art dans lequel Léon était passé maitre, mais n’ont guère d’effet direc que sur les armées au combat. 8 pars ne guerre surtout, la proclamation et la diffusion ont vu leur rôle singuli: acoru dans les deux dernières pe mondiales, quoiqu? Napoléon 111 et Guillaume ler exposaient déjà à leur En 1917, on saît l’importarnce que revétit auprès des
avant leur entrée en guerre là proclamation respeotive
belligérants de leurs buts de guerre, vommre s’il s’ag
d’ur acheteur hésitant entre deux articles à peu pr
Ils ont pour rôle principal de fortif de Fes de le nation, et de chercher à s’attire si possible même le concours, des neutres, leur mi ne ” ide nt de Ps ns du :
réalisation d’un nouvel ordre mondial qui doit apporter heur général. ee es
Parfois, îls seront très rationnalisés et hautem idémlisés, comme Îles fameux Quatorse points, qui, s’ils n° ent pas des buts de guerre eurent un rôle encore plus effi Certsins s’adreseeront surtout aux classes intellectuelles qu’ils s'efforcent &äs grener par des argurents politiques
uridiques, ais le plus souvent, lies buts de guerre v es masses, faisant appe} à l’égoisme collectif et indiv à l’instinot et à l’intérét pur. La guerre sera alors Le bat sans merci pour assurer la vie même des citoyens me dans leur existence et dans leurs biens par ls barbarie : nemi, mieux encore, la lutte où chacun trouvers un enjeu pe sonnel : le commerçant et l'industriel, La possibilité d’ retour à une vie économique Stablé, facile, profitable mêmi avec des débouchés nouveaux ouverts par la victoire; 1! “ la perspective d’améliorations dans les conditions dé v compensant un effort de guüérre; chaque groupe conf :8si0 sers Bmené à saluer dans l'effondrement de l’sdversaire le phe de son Dieu, Beaucoup a'intétcts à sutisfaire. C'est. téche, en paroles, du propagandiste. L’histoire nous mont comme il n au devenir parfois un virtuose.