‹ La prophylaxie actuelle de la diphtérieChapitre 19 sur 38 · AS PR RE · texte numérisé non relu

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Nous avons suffisamment insisté sur les réactions du sérum total : rappelons seulement que l’injection préventive (dose habituelle 10 centimètres cubes — 2.500 unités) s'accompagne d'accidents dans 19 à 20 p. 100 des cas; le plus fréquemment, le syndrôme survenant au dixième jour est constitué par des accidents cutanés, des myalgies, des arthralgies, des signes généraux; son évolution est très lente et souvent à rechute.

Avec le sérum purifié on ne peut, certes, pas éviter complètement les accidents sériques, mais on diminue, a’une façon notable, leur fréquence et leur intensité.

Sans aucun doute, les statistiques ne sont pas toujours aussi satisfaisantes que celle publiée en 1924 par M. Lesné : sur 125 injections préventives de sérum purifié à la dose de mille unités, il n’a pas observé le moindre accident sérique. |

Les accidents sont certainement moins fréquents qu'avec le sérum ordinaire, mais néanmoins ils existent encore. | . ;

Janvier, dans sa thèse, apporte une statistique portant sur 537 injections préventives de 1.000 à 4.000 unités; il a noté 7 accidents sériques, soit dans 1,30 p, 100 des cas.

Aux Enfants-Malades, où le sérum purifié est quotidiennement injecté préventivement à la dose de 1.000 à 1C.000 unités, nous observons des réactions dans 10 p. 100 des cas environ. Mais nous constatons surtout, et c’est là le principal avantage du sérum purifié, que ces accidents ne sont plus prolongés, interminables, comme avec le sérum ordinaire.

L’allure clinique des accidents observés avec le sérum purifié est en effet, en général, assez bénigne.

— Le plus souvent, il s’agit d’une véritable poussée d’urticaire, localisé dans la région injectée ou s'étendant à tout le corps. Débutant du septième au onzième jour, accompagné d’une sensation prurigineuse assez intense,

évoluant en général sans troubles digestifs, sans fièvre, elle disparaît en deux à quatré jours.

— Plus rarement il s’agit d’un érythème simple loca- Jisé sans autre signe, mais tendant à récidiver.

— La fièvre sérique, isolée, est une rareté. Une poussée fébrile à 38° ou 38°,5 peut accompagner l’urticaire.

LES RÉINJECTIONS. — Avant d'en finir avec ces quelques notions relatives au sérum purifié, il nous faut envisager une question qui soulève souvent, en clinique, des problèmes difficiles : nous voulons parler des réinjections.

La sérothérapie étant une méthode couramment employée à titre préventif ou curatif, il est assez fréquent d’avoir à faire à un enfant qui a déjà reçu, plusieurs mois ou plusieurs années auparavant, une ou des injections d’un sérum quelconque.

Or, si l’on connaît approximativement le temps nécessaire à la constitution de la sensibilisation (une dizuine de jours), la durée de cet état est, par contre, problématique : elle se chiffre certainement par années, mais on ne possède, à ce sujet, aucune donnée précise.

Chez de tels sujets, sensibilisés, on risque donc de déclancher, par une réinjection, des accidents sériques immédiats et graves.

L'emploi du sérum purifié met-il à l’abri de ces accidents ?

À l’heure actuellé on tend à faire entrer dans le même groupe des phénomènes d’anaphylaxie tous les accidents d'origine sérique

Chez les sujets ayant reçu une première injection de sérum des mois ou des années auparavant, la sensibilisation est un fait évident.

Chez ceux qui n’ont jamais reçu de sérum. la sensibilisation se ferait par un autre mécanisme

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qui, il faut l’avouer, n’a pas encore été mis en lumière.

Tous seraient donc également exposés aux accidents sériques.

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Le sérum purifié, employé préventivement, donnant peu d'accidents chez les sujets non injectés antérieurement, devrait donc logiquement en donner aussi peu chez les réinjectés.

En fait, les accidents de réinjection sont peut-être moins graves avec le sérum purifié. Mais cependant, comme nous nous occupons ici uniquement de la prophylaxie et que les injections de sérum n’ont jamais dans ces cas le caractère d'urgence des injections Curatives, nous n'’hésiterons pas à dire que la méthode de Besredka s'impose toutes les fois que l’on doit faire une injection préventive chez un sujet ayant déjà rçu du sérum.

LA PRÉDISPOSITION AUX ACCIDENTS SÉRIQUES. — Si ces précautions sont indispensables à prendre en cas de réinjection, elles sont très-utiles également lorsqu'on a à faire à une certaine catégorie de sujets que nous qualifierons de prédisposés aux accidents sériques : ce sont les sujets atteints de cet état qu’on appelait autrefois la diathèse arthritique ; ce sont les enfants asthmatiques, urticariens surtout, ou bien sujets aux migraines, à l’eczéma, à l’hydrorrhée nasale.

Les endocriniens, les sujets dont le système neurovégétatif est en état d'équilibre instable, sont également particulièrement: exposés aux accidents sériques. Les hérédo-syphilitiques y seraient également prédisposés pour certains auteurs, mais cette opinion est peut-être excessive.

Certes, il ne faut pas abuser de ces notions, et s’il fallait rechercher systématiquement le moindre dysfonctionnement endocrinien, la plus légère vagotonie, avant

de faire une injection, la séro-prophylaxie deviendrait singulièrement compliquée.

Mais des affections évidentes comme l’urticaire, l’asthme, l’eczéma, doivent inciter à la plus grande prudence et imposent un Beredska avant toute injection de serum, |

MODE DE PRÉSENTATION DU SÉRUM PURIFIÉ. — Le sérum antidiphtérique purifié (ou antitoxine diphtérique) se présente comme un liquide. presque entièrement clair, à peine opalescent.

Il-est livré par l’Institut Pasteur en flacons-ampoules de 1.000 unités antitoxiques (environ 3 cc.) et de 5.000 unités (10 cc.).

MopE D’ADMINISTRATION. — L'’injection préventive de sérum purifié se fait par la voie sous-cutanée (face externe de la cuisse ou région abdominale).

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