‹ La proscription de la Saint-BarthélemiChapitre 63 sur 100 · J02 LA PROSCRIPTION · texte numérisé non relu

J02 LA PROSCRIPTION

ment, je les commanderai moi-même pour assurer l'exactitude du service (i).

LE ROI

Ce sera bien. Pour que les amis de l'amiral soient en plus parfaite sécurité , il faut ajouter aux hommes des gardes-françaises, des Suisses des cantons protestans qui composent la garde du roi de Navarre (2),

le duc d'anjou, à Cosseins.

Quelques Suisses en petit nombre suffiront.

COSSEINS

Ils ne seraient même pas nécessaires : je réponds de tout. ( Ces derniers mois sont accompagnés d'un signe d'intelligence avec le duc d'Anjou^)

le roi, à Cornaton.

L'amiral ne trouverait-il pas convenable, pour plus grande sûreté encore, que tousses amis vinssent se loger près de lui dans le quartier de Saint- Germain-l'Auxerrois (3)?

(1) Thoré avertit Coligni qu'on ne pouvait pas confier la garde de sa personne à un homme plus dangereux que Cosseins, et qu'il n'avait pas de plus cruel ennemi. De Thou , LXVIH.

(2) De Thou, LXVIH. — (3) Idem, XVII.

CORNATON.

Sire, je crois que cette réunion ne pourrait que lui être agréable; cette attention de Votre Majesté touchera M. l'amiral jusqu'au fond du cœur.

LE ROI

C'est mon intention qu'elle lui fasse plaisir, car, je vous l'ai dit, je ne crois pas tant de précautions nécessaires.

LE DUC D'ANJOU

Celle-ci sera fort utile.

le roi, au duc d'Anjou.

Eh bien, donnez l'ordre aux maréchaux-deslogis du palais de leur marquer aussitôt des logis dans le quartier... Il faut en même temps que les officiers de ville prennent la liste des amis de l'amiral , les exhortent à aller loger près de lui, et leur disent que le roi le désire ainsi (1).

( Le duc d'Anjou donne les ordres nécessaires pour l'exécution des volontés du roi. En même temps le roi interroge Cornaton d'un regard sur la der-

(r) De Thon, XVIï.

3o4 LA PROSCRIPTION

nière mesure qu'il propose. Cornalon exprime par un salut son respect et sa reconnaissance. )

le roi , à Cosseins.

Colonel , je vous charge expressément d'empêcher aucun catholique d'approcher du quartier de M. l'amiral; et s'il s'en présentait quelques uns, j'ordonne qu'il soit fait main-basse sur eux: entendez-vous (1)?

COSSEINS

J'entends, sire; vos ordres seront exécutés.

le duc d' anjou, bas à Cosseins en lui serrant la

main.

Mon cher Cosseins, voilà nos ennemis devenus vos prisonniers. Je compte sur votre fidélité.

cosseins, bas.

Comptez-y, monseigneur.

( II se retire. )

(i) De Thou, XVII.

DE LA SAINT-BARTHÉLEMI. — ACTE III. 3o5

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