Tuetey, Rép., t. VIII, n''3ii
5. G. Guigue, Procès-verbaux des séances de la Commission populaire de Rhône-et-Loire, p. 20.
les départements. Ces faites résultèrent donc (Tun plan concerté, débattu entre eux, nous le <avons par leurs déclarations formelles*. Il fut convenu que quelques-uns resteraient, pour rendre témoignage à leur parti ; c'est ainsi que Gensonné, Lehardi, Valazé, Vergniaud, demeurèrent à leur poste de péril et de mort. Mais ils ne dissuadèrent pas les autres de s'en aller, et c'est sur le conseil de Yalazé que Louvet, d'abord caché dans Paris, se décida à en sortir le 'it\ juin pour -e rendre à Gaen, Yalazé lui ayant dit « qu'il serait bien nécessaire dans le Calvados ».
Cependant le Comité de salut public, même à la fin de juin, restait disposé à traiter. D'une part, la Constitution venait d'être votée Ca\ juin); on espérait que les départements, las- >^és de deux mois de discorde, seraient heureux (le s'y rallier, — on ne prévoyait pas alors que -on application allait être indéfiniment ajournée ! — et ce pouvait être un grand pas vers l'apaisement. D'aulic paît, Lyon, Bordeaux, Marseille, le Calvados étaient dn armes, et cela don-
I. MâiK/ires de l'rlion, p. ij.'i cl Mii\.; Mnii. de Mcillan, ]). ().'); }f ém., de Louve! . \. I. p. i<»<».
liait à réfléchir aux bénéficiaires du 2 juin. Des agents de la Commune de Paris et même du Comité de salut public avaient engagé, à Évreux et à Caen, des négociations plus ou moins obscures. Un décret conciliant du 26 juin venait de promettre une amnistie aux administrations municipales qui, après avoir protesté contre le coup du 2 juin, viendraient se rétracter. On ne se pressait donc pas d'exécuter les mesures de rigueur édictées le 24 contre les détenus; c'est ainsi que, le 28, on avait pu voir Bertrand-Hosdinière se promener avec un seul garde et assister paisiblement au pillage d'un bateau de savon*; que, le 29, Kervélégan et Birotteau, encore chez eux, avaient pu s'évader.
Résumons donc la situation à cette date du 3o juin :
Trente et un députés (vingt-neuf le 2 juin, Duchastel le i5, Masuyer le 2/1) avaient été décrétés ;
Quatre d'entre eux, Barbaroux, Brissot, Buzot et Duchastel, étaient même sous le coup de décrets d'accusation , et par suite renvoyés devant le tribunal révolutionnaire ;
Sur ces trente et un, vingt et un avaient pu fuir, les uns dès le premier jour, les autres dans