‹ La proscription des Girondins, 1793-1795Chapitre 95 sur 153 · I. iih-icv. I. Mil. ti • :r,7(i ;r,.s,s · texte numérisé non relu

I. iih-icv. I. Mil. ti • :r,7(i ;r,.s,s

(luit tout sanglant à Bordeaux, où on le guillotine le 20.

Buzot et Pelion duient se tuer aussi, piobablement le 18. Dans la journée du 2O, on releva, au milieu d'un champ de blé, à peu de distance de l'endroit où liarbaroux s'était tiré le coup de pistolet, leurs cadavres « rongés par les veis et les chiens » (Ch.Valel, t. II, pp. i52-i53)'.

M™^ Roland, dans ses Dernières pensées, écrites en octobre 1793, s'adressant à Buzot, disait : c< Demeure, pour accuser l'injustice qui t'a proscrit. Mais si l'infortune opiniâtre attache à tes pas quelque ennemi, ne souftre point qu'une niain mercenaire se lève sur toi, meurs libre comme tu sus vivre...- »

Buzot mourut ainsi.

Six semaines de plus, et les proscrits de Saint- Emilion étaient sauvés ! Juste au moment où ils périssaient, la coalition qui devait renverser Robespierre se nouait à la Convention.

Je n'ai pas à lacontcr comment se forma cette étrange alliance entre des Monlairnards comme

I. Cf. Tucley, t. Mil, n" 3477- •2. Mémoires, t. II, pp. 209-270.

LKS MISEllKS DE LA PRISON. I99

Billaud-Varenne, des hommes tarés tels que Tallien el Fouché, des Dantonistes relevant la tête et les graves personnages de la l^laine. Ce récit a été fait partout. 11 me suffira de ieproduire une page souvent citée des Mémoires de Durand-Maillane' : « ...Le côté droit, plus nombreux en suffrages, était et devait être moins ami des Montagnards menacés [par Robespierre], qui avaient souvent demandé leur arrestation et leur accusation même, que de Robespierre qui les avait constamment protégés-, sans doute pour se faire d'eux un rempart en cas de besoin. Cependant, comme il n'existait point d'autre moyen, les Montagnards recoururent à nous. Des émissaires nous abordèrent de leur part. Ils s'adressèrent à Palasne- (^hampeaux, à lioissy d'Anglas et à moi '. Tous trois [anciens] constituants, et dont l'exemple

1. I'. 199. Os U<^//io//V'.s'. r( rils par l)iir;ind-MaillaiH'(Miho i8<)5 et i8i/|, composrs en partie avec le MonUcur, puis « revus et mis en ordre » après sa mort (il mourut en 181. '1), ont été publiés en i8a5 sous le titre de Histoire de la Convenlion nationale. Ka pap^e que je cite a un accent bien anth<Mitiqn(>. tme valeur bien persoinielle.

2. Noir plus liaul. p. H'»,), discours aux Jacobins, du 7 lévrier 179'!.

',\. Hoissy d'An^das <'sl bien connu. I*aiasn('-de-(]bainj)eau\ ( i-;'M]-i'H)b)v\ii\[ <l(''pnt<'' des (iùtes-du Nord. Au lard, Orateurs, I. II. p. 559, nomme, en oidre. parmi les bonnnes de la IMainc (pii décidèrent la victoire du 9 tliernùdor, Dubois- Dubnis, Plet de Heauprey. (îarran-(]ouloii el Pelet (de la bo/ère).

'20C) lA PROSCRIPTION DES (ilRO.NDINS.

devait convaincre les autres. Ils mirent en usage tout ce qui était capable de nous déterminer. Ils nous dirent que nous étions responsables des nombreux assassinats de Robespierre si nous refusions de concourir aux moyens de les faire cesser; que la protection politique ([ue Robespierre nous avail accordée n'était que passagère, et que notre tour arriverait. Renvoyés une fois, ils revinrent aussitôt à la charge; nous cédâmes à la troisième fois. Il n'était pas possible de voir plus longtemps tomber soixante, quatre-vingts têtes par jour sans horreur. Le décret salutaire ne tenait qu'à notre adhésion. iNous la donnâmes et, dès ce moment, les fers furent au feu. .. »

Suit l'anecdote si connue : a Le 9 thermidor, ([uelques moments avant la fameuse séance, Bourdon (de TOise) me rencontra dans la galerie, me toucha la main en disant : « Oh! les braves gens que les gens du eoté droit ! »

Mais avant d'apprendre la chute de Robespierre, les détenus devaient passeï* encore par deux prisons.

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